jeudi 16 avril 2026
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Gouvernement post-législatives 2020 : Pourquoi Boubou Cissé doit rester

Par Mali-Horizon 259 vues
Gouvernement post-législatives 2020 : Pourquoi Boubou Cissé doit rester

IBK voudra-t-il passer de si tôt à son septième chef de gouvernement en sept ans d’exercice du pouvoir§ L’on peut en douter, tant l’actuel Premier ministre, Dr Boubou Cissé, n’a pas démérité.

 

Selon les observateurs et analystes les plus avertis, le Premier ministre, Dr Boubou Cissé devrait renouveler son bail à la primature. Ce sera pour le compte du gouvernement post-législatives 2020 devant lui permettre de conduire les réformes pour lesquelles IBK lui avait fait confiance en 2019.

De sources bien informées, les choses vont aller très vite dans les prochains jours. Dès la proclamation des résultats définitifs des élections législatives par la Cour Constitutionnelle, au plus tard, le mercredi prochain, le président IBK devrait nommer, dans la première quinzaine du mois prochain (mai), un nouveau gouvernement. Celui-ci doit conduire le pays vers les réformes politico-institutionnelles recommandées par le Dialogue national inclusif (DNI) de décembre 2019.

Il nous revient que c’est avec la bénédiction du chef de l’Etat que le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, n’avait pas présenté sa Déclaration de Politique générale (DPG) devant l’Assemblée Nationale sortante. Ceci, dans la mesure où il devrait attendre la nouvelle configuration du pouvoir législatif et se définir les lignes concrètes des réformes politiques ébauchées par le DNI avant de passer devant un Hémicycle jouissant de sa pleine légitimité. Ce sont ces éléments qui doivent constituer les axes principaux de sa Déclaration de politique générale. Ce document, Boubou Cissé en aurait déjà préparé la première mouture. Il attend donc pour passer ce grand oral dans la sérénité.

Ce contexte pousse à croire (à moins d’un nouvel élément de dernière minute) que le chef du gouvernement sera reconduit dans son fauteuil, et pourra être délesté de sa charge de ministre de l’Economie et des finances…

Il faut avouer que Dr Boubou Cissé semble avoir relevé les défis majeurs auxquels il faisait face, même si des insatisfactions demeurent surtout au plan sécuritaire.

En effet, après avoir réussi à faire adopter à une bonne partie des forces vives de la nation un accord politique de gouvernance en mai 2019, le Premier ministre Cissé a pu, vaille que vaille, organiser le Dialogue national inclusif en décembre 2019. Ces assises, malgré les insuffisances organisationnelles, a pu aboutir à des conclusions acceptées par tous les acteurs même ceux qui n’y ont pas participé. Et l’URD de Soumaïla Cissé avait alors déclaré être prêt à suivre la mise en œuvre des résolutions de ce DNI. La première résolution est justement la tenue des élections législatives, qui viennent de se dérouler et qui ont encore donné une majorité confortable (RPM 43 députés, ADEMA, 22, MPM 11, ASMA, 9, CODEM 6, etc, soit au moins 91 députés sur les 147 de l’Assemblée Nationale) au président IBK.

 

Tout semble alors prêt pour l’amorce du chantier des réformes politiques et institutionnelles, pour lesquelles le Premier ministre Boubou Cissé apparaît comme celui qui en a déjà déblayé le terrain.

Par ailleurs, avec la contre-performance électorale réalisée par le RPM, l’on peut conclure que le parti présidentiel doit se faire le deuil définitif de la primature qu’il lorgnait depuis. Avec seulement 43 députés sur les 147, le RPM ne peut plus légitimement réclamer occuper la primature, surtout que son président, Dr Bokary Tréta, ne semble pas avoir de très bons rapports avec le chef de l’Etat. Celui-ci conclura que pour conduire des réformes, il n’a plus aucune contrainte de se choisir un chef du gouvernement politique, plutôt calculateur et ayant souvent un agenda caché incompatible les intérêts du pays. IBK a donc quasiment les coudées franches pour reconduire Dr Boubou Cissé afin que celui-ci, déjà en bons termes avec les obédiences religieuses musulmanes (Mahmoud Dicko qu’il a pu calmer, le chérif de Nioro, dont il est proche, etc) poursuive le travail entamé, il y a un an.

Enfin, IBK voudra bien freiner un tant soit peu l’hémorragie en Premiers ministres (il est à son sixième chef de gouvernement en 7 ans au pouvoir). Le locataire du palais de Koulouba devra se dire que s’il faut changer à nouveau son Premier, il faut attendre pour le faire vers l’approche de la fin de son mandat en 2023. Dr Boubou Cissé pourra ainsi être remercié en 2021 ou 2022 pour insuffler du sang neuf à la gouvernance. Ce qui pourra lui permettre peut-être, comme le murmurent certains de ses proches, de rêver d’un destin national et de s’y préparer plus sereinement. Pourra-t-il relever un défi de cette envergure ?

Wait and see !

Bruno D SEGBEDJI

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Commentaires (1)

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F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Gouvernement post-législatives 2020 : Boubou Cissé doit partir ! Boubou Cissé est sans discontinuité ministre depuis 2013 dans le régime IBK. Sept ans à jouir du pouvoir et de ses privilèges, c'est beaucoup. La gestion des affaires publiques du pays par le ministre actuel sur une base personnelle, autoritaire, fermée, non-démocratique et non respectueuse de l'application de la Constitution et de la loi, c'est Boubou Cissé. Les grands scandales politico-financiers du moment qui ont ébranlé notre pays, Boubou Cissé y est pour quelque chose pour avoir occupé des fonctions ministérielles importantes en lien avec ces affaires. La sécurité nationale et le système éducatif national qui partent en lambeaux, c'est encore Boubou Cissé. L’immixtion du sulfureux Mahmoud Dicko dans la vie politique du Mali au point de cautionner par sa passivité la création par le religieux wahhabite d'une formation politique anti-constitutionnelle, c'est aussi sous Boubou Cissé. La liste fautes politiques et juridiques de Boubou Cissé est loin d'être exhaustive. Après sept ans au gouvernement, qui est une très longue durée au Mali, et au regard de son bilan négatif, Boubou Cissé doit avoir l'intelligence de se retirer de la vie gouvernementale. Il est jeune et a quelque talent. Il ne lui sera pas difficile de trouver un poste dans le privé ou dans une organisation régionale ou internationale. Nous, Maliens, nous voulons du nouveau dans le gouvernement. Avec les temps difficiles qui s'annoncent, nous voulons un chef de gouvernement à la fois ferme sur le plan sécuritaire et proche du peuple sur le plan social pour faire face aux crises. Les Maliens ont risqué leur vie pour élire les membres de l'Assemblée nationale. Que le nouveau gouvernement comprenne bien qu'il doit présenter sa déclaration de politique générale devant le Parlement du Mali pour que son programme soit connu publiquement et son application contrôlée. Que l'on comprenne bien également que la légitimité des gouvernants vient du peuple malien, pas de quelques religieux agitateurs comme Mahmoud Dicko ou Bouyé de Nioro.