jeudi 16 avril 2026
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Combattre une dictature militaire pour se retrouver sous une dictature civile : Les Maliens entre dilemme !

Par Le Démocrate 263 vues
Combattre une dictature militaire pour se retrouver sous une dictature civile : Les Maliens entre dilemme !

Aujourd’hui, les maliens se demandent s’ils n’ont pas combattu une dictature militaire pour finalement se retrouver sous une dictature civile tant la déception est grande.

 

En effet, la Constitution adoptée à l’issue du référendum du 12 janvier 1992 et promulguée par décret N°92-073 P-CTSP du 25 février 1992 est une copie aménagée au goût local de la Constitution française de 1958. Elle en partage tous les inconvénients sans en posséder les avantages. Car la France ne saurait être le Mali. Les deux Constitutions font du Président élu, la clé de voûte du dispositif institutionnel de la République.

À ce titre le Président est un « monarque élu » : tout part de lui et tout revient à lui. Son « bon vouloir » peut peser sur le fonctionnement des institutions et la marche des affaires de la République.

La Constitution du 25 Février prive de sens les institutions en les laissant flotter sur le corps social sans jamais le pénétrer. Cette Constitution est personnalisée et organise l’hypertrophie des pouvoirs présidentiels. La pratique institutionnelle organise une subordination totale de l’Assemblée Nationale (parlement), pourtant premier pouvoir dans la tradition démocratique, à l’imperium présidentiel, le minimum d’existence que la loi fondamentale confère aux autres institutions constitutionnelles comme le gouvernement est effacé par l’hyper interventionnisme présidentiel qui perçoit toute initiative premier ministérielle comme une tentation et une tentative d’instaurer une dyarchie, une velléité de dualité au sein de l’exécutif. L’Assemblée Nationale est instrumentalisée pour assumer la responsabilité d’initiatives motivées de desseins inavoués.

Quant au pouvoir judiciaire, il est encore en quête d’une identité forte, d’une indépendance garantie pour rendre en toute sérénité la justice. Le régime politique qui préside aux destinées de notre pays depuis l’avènement de la démocratie fait du Président de la république l’épicentre du pouvoir, le détenteur de la prérogative de définir la politique de la nation, de nommer et de révoquer ad nutum à tous les emplois publics, en un mot de décider de tout. Seul détenteur de l’ensemble des pouvoirs qu’il peut, à sa guise, déléguer de droit et de fait à n’importe qui (autorité officielle ou non), le Président ne fait l’objet d’aucun contrôle et n’est responsable ni devant l’Assemblée Nationale, ni devant n’importe quelle autre instance sauf dans le cas hypothétique, indéfinissable et non aménagé de la Haute Trahison.

Une telle Constitution, comme nous pouvons le constater après près de trente ans d’exercice démocratique, a permis tous les abus : depuis la dérive autoritaire jusqu’aux dérives corruptrices, voire mafieuses.

Sambou Sissoko

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Commentaires (7)

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F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Je crois que le problème au Mali n'est pas lié au fait que nous sommes dans un régime présidentiel fort, mais au fait que les autres grandes institutions (Parlement, système judiciaire...) jouent mal leur rôle de contre-pouvoir. Depuis au moins l'époque de l'empire du Mali de Sunjata, en passant par les royaumes apparus ultérieurement sur notre territoire, nous avons l'habitude de pouvoirs politiques forts. Cela différencie d'ailleurs le Mali de la plupart de nos voisins qui vivaient politiquement en petites chefferies traditionnelles. Il est vrai qu'on a copié au Mali les institution de la Cinquième République française, comme presque tous les pays francophones. Mais on pourrait penser d'abord à appliquer effectivement et correctement notre Constitution actuelle plutôt qu'à la modifier pour la remplacer par quelque chose qui ne sera pas appliquer non plus. Ce qui est décevant au Mali, c'est de voir que la Constitution actuelle accorde autant de pouvoir à notre président et que celui-ci l'exerce si imparfaitement pour tirer notre pays de la crise sécuritaire séparatiste et terroriste. On a l'impression dans ces domaines d'être au Mali dans un régime parlementaire dans lequel le rôle du président est réduit au minimum, voire symbolique. Pour le reste, il ne faudrait pas modifier notre Constitution actuelle, surtout pour l'adapter aux revendications des séparatistes. Il faudrait en revanche pousser plus loin le processus de décentralisation, mais par des lois, pas en modifiant la Constitution. Enfin, concernant la référence au Canada qui a été faite dans un commentaire, je crois que ce n'est ni pertinent ni un bon exemple pour le Mali. Le Canada comme l'Australie restent officiellement des colonies du Royaume-Unie. La reine d'Angleterre est leur chef de l'État et le portrait de la reine figure sur leurs monnaies nationales. Ce sont aussi des pays organisés sur une base fédérale. Et au Canada, le Québec veut se détacher du Canada.

A
Anonyme il y a 5 ans

oui mais vous oubliez que les maliens veulent vivre dans la tranquillité ! si la plupart de ceux intéressés par le pouvoir ne sont que des assoiffés d'honneurs ,de bling bling et de tapis rouge ,tout l'argent du pays va servir non pas pour règler le quotidien des gens ,mais pour pérénniser ce pouvoir ,ils sont inutiles pour ce pays ! S'il faut une personne pour trancher les règles de sa succession doivent être clairement définies dès le départ ! elles ne doivent pas aboutir à une compétition ,car vous devez savoir que l'écrasante majorité des gens qui recherchent le pouvoir sont en réalité des malades mentaux qui tueraient père et mère ^pour ça ! sachez le !

C
Confiqnce il y a 5 ans

Mon cher, ce n'est pas question de papier; c'est plutôt une question d'homme. Meme avec la constitution des USA les maliens trouveront leur dictateur. Soyez sur....

K
K.S il y a 5 ans

Ce qu'il décrit ici je l'avait déjà signalé sur Malijet : Les autres démocraties Européennes et Américaines ont appris la démocratie pendant des années ( voire des siècles ) à travers une démocratie parlementaire ! Car c'est la démocratie parlementaire qui fait apprendre aux gens la < culture démocratique >;Au Mali et dans les autres pays Francophones nous avons débuté la démocratie DIRECTEMENT avec un système copié de la 5 éme république Française de DE Gaulle 1958 dans lequel le président de la république est carrément un <MONARQUE RÉPUBLICAIN > qui est au-dessus des lois et dans les faits n'a aucun compte à rendre à aucune institution ( y compris l'assemblée nationale ) ni à aucun individu ! Normalement dans un pays qui se dit ÉTAT DE DROIT ,on n'a même pas besoin d'un président de la république ( qui plus est entouré par des fonctionnaires souvent inutiles et très budgétivores ) pour bien fonctionner ; Regardez un pays comme le CANADA : voilà un pays qui fonctionne très bien SANS PRÉSIDENT ! Le vrai président du CANADA s'appelle la reine d' Angleterre et elle y va rarement !

A
Anonyme il y a 5 ans

Oui,le guéguerre entre partis politiques paralyse l'État.

A
Anonyme il y a 5 ans

Sissoko,tu veux quoi,une démocratie instable à l'italienne, où la guéguerre entre partis paralysé l'État ? Tu parles pour ne rien dire en fait.

A
Anonyme il y a 5 ans

Les malien n'ont jamais lutter contre un système ou une situation mais contre une personne à travers les ou un charlatant qui veut une place où il peut lui même mouiller ses lèvres. Nous qui crions aujourd'hui c'est parce que nos lèvres sont sinon rien