Exactions dans le centre du pays : Pourquoi la persistance du mal ?
A la base de certaines de ces dérives meurtrières contre des innocentes Populations civiles aura été le simple fait que les Autorités compétentes n’imposent pas aux Groupes armés l’obligation ni de rendre compte de leurs missions ni de s’assumer pour leurs actions devant la loi. Ce qui aurait suscité, du moins selon Rapport, l’intensification des attaques contre les Civils dans leurs villages ou à bord des véhicules de transport en commun. Ceci, soit pour des raisons d’appartenance ethnique ou religieuse des victimes dont les bourreaux soient des Groupes armés ou des terroristes.
«À travers la Région centrale du Mali, des Groupes armés tuent, mutilent et terrorisent des Communautés, apparemment sans craindre de devoir rendre des comptes », s’est indignée la Directrice de Human Right Watch pour la Région de l’Afrique de l’Ouest, Mme Corinne Dufka, Coordinatrice du Groupe d’Auteurs du présent Rapport. Et elle alerte : «Le bilan humain en vies détruites s’alourdit à mesure que se répètent les cycles mortels de violence et de vengeance».
L’interpellé en premier lieu
Ensuite, Mme Corinne Dufka interpelle sans ambages les Autorités de notre pays en ces termes : «L’échec du Gouvernement malien à punir les Groupes armés, tous bords confondus, encourage ces derniers à commettre d’autres atrocités». Pour mettre fin à ces crimes, la Directrice de Human Right Watch pour la Région de l’Afrique de l’Ouest exige à ce que le Gouvernement malien, avec l’appui de ses partenaires, déploient de beaucoup d’efforts pour poursuivre devant les Tribunaux compétents tous les Responsables et Auteurs de ces crimes. C’est la seule mesure forte qui s’impose pour pouvoir « démanteler » les Groupes armés, auteurs de telles exactions. Ce qui dénote, selon le Rapport, que les Autorités maliennes doivent œuvrer inlassablement à la mobilisation des énergies et ressources nécessaires pour ouvrir des enquêtes indépendantes et impartiales et traduire devant les instances juridictions compétentes tous les coupables de ces exactions. Il est temps de traduire en justice tous ceux qui sont impliqués dans ces violations des Droits humains et actes terroristes, ces criminalités transnationales organisées contre des populations civiles. Human Right Watch exige aussi à ce que la lutte contre le terrorisme, les crimes de guerre et autres crimes internationaux graves qui se commettent à l’échelle sous-région ale soient inscrit sur la liste du mandat du Pôle judiciaire spécialisé de l’ONU sur la crise malienne.
Au passage, rappelons que lors de l’élaboration de ce Rapport, des Experts de Human Right Watch ont effectué plusieurs missions ici au Mali où ils ont auditionné 147 témoins victimes, des Agents de sécurité, des Magistrats, des Employés onusiens et/ou d’autres organismes nationaux et internationaux spécialisés sur ces exactions perpétrées les Populations civiles et les violences intercommunautaires commanditées par les forces contre la paix et des crimes organisés. Au nombre des mouvements armés accusés, des Groupes d’autodéfense, des milices et des terroristes proches d’Al-Qaïda.
La prime à l’impunité
Pourtant, du côté de Bamako, il avait été officiellement promis que tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin dans ces atrocités seront retrouvés et traduits devant les Tribunaux pour répondre de leurs crimes. «En 2019, les tribunaux maliens ont ouvert plusieurs enquêtes et condamné environ 45 personnes au motif d’incidents moins graves de violences communautaires. Cependant, les Autorités judiciaires n’ont toujours pas interrogé, et encore moins poursuivi en justice, les puissants leaders de groupes armés impliqués dans de nombreux massacres », déplore-t-on à la publication de ce Rapport.
Enfin, il est à rappeler que de 2015 à nos jours, Human Rights Watch enregistre et diffuse à l’adresse notamment des Autorités compétentes maliennes et de leurs partenaires spécialisés tous ces cas de crimes et d’exécutions extrajudiciaires devenues monnaie courante dans notre pays. Ce, afin de mettre fin à ce cycle infernal de violations des Droits humains. Mais, malheureusement, jusqu’à la parution de ce Rapport en début février dernier, il n’y a eu que deux procès tenus par la Justice. Ce qui fera que les atrocités se poursuivent dans la Région.
Djankourou