jeudi 16 avril 2026
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Manifestation appelant à la démission d’IBK : Me Abdourahamane Ben Mamata Touré propose des solutions de sortie de crise

Par Aujourd'hui-Mali 471 vues
Manifestation appelant à la démission d’IBK : Me Abdourahamane Ben Mamata Touré propose des solutions de sortie de crise
Me Abdourahamane Ben Mamata Touré

Me Abdourahamane Ben Mamata Touré propose des solutions de sortie de crise Dans une réflexion intitulée : “Comment sortir de la crise ?”, Me Abdourahamane Ben Mamata Touré, Avocat au Barreau malien, livre ses recettes de sortie de la grave crise multidimensionnelle qui secoue notre pays depuis près d’une décennie.

 

Selon lui, après la manifestation réussie du 5 juin 2020 organisée par la Cmas, le Fsd et Espoir Mali (Emk), il apparait nécessaire de réfléchir sur les modalités de sortie de crise. Et de poursuivre que l’erreur à ne pas commettre, c’est de stabiliser le système et procéder à la redistribution des cartes parce que la formule du partage du pouvoir politique est une mesure à court terme qui, au mieux, calmera les appétits politiques des formations politiques. Et cette méthode a été implémentée après le départ de Soumeylou Boubèye Maïga, à travers la signature de l’accord politique de gouvernance. “Aujourd’hui, force est de reconnaitre qu’il a atteint ses limites. Alors, doit-on reproduire le même schéma ? Je pense que non”, a-t-il répondu.

A ses dires, à la veille de la marche du 5 juin dernier, dans un communiqué, l’Untm, a affirmé ceci : “Aujourd’hui s’il y a nettoyage à faire, il s’agira de toute la classe politique, toute la vie associative, syndicale aussi, toute la vie religieuse, l’école, la santé, la culture pour une résurrection encore possible”. 

De sa lecture, l’heure n’est pas au dépeçage du Mali par le partage du pouvoir politique. “Le partage du pouvoir politique est la plaie de notre démocratie, il prive les élections de sens. Cette pratique intervient toujours à la suite d’élections truquées, la musique est connue :  truquage des élections, partage du pouvoir”, a-t-il indiqué.

A le croire, ce schéma bouche totalement l’horizon et cristallise l’impossibilité pour certains hommes politiques de ne jamais accéder au pouvoir, la méthode ferme également toute possibilité pour une personnalité indépendante, jeune ou femme d’accéder au pouvoir par la seule voie des urnes. “Macron a accédé au pouvoir parce que le processus électoral est transparent“, rappelle l’Avocat.  Et de poursuivre que la crise actuelle est en grande partie une crise de la dévolution du pouvoir. “Alors que faire ? Traiter les conséquences ou s’attaquer à la cause causale ?”, s’interroge-t-il.

Ainsi, il s’est dit persuadé qu’il est temps de s’attaquer aux graves défaillances de la gouvernance, d’où résulte l’effondrement de l’Etat. “Il ne s’agit pas seulement de la gestion désastreuse des finances publiques, mais, bien plus profond encore, du fait qu’une apparente démocratie prive les institutions de toute légitimité dans l’opinion”, a-t-il précisé.

Les quatre propositions

A la question comment le faire ? l’Avocat propose, entre autres, l’élaboration d’un programme commun de gestion du pays sur la période de 2020 à 2023 ; la création d’un cadre de concertation des partis politiques et des forces vives en vue de l’identification et de l’élaboration des réformes institutionnelles ; la formation d’un bon gouvernement, gouvernement de technocrates ; le maintien de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle.

Par rapport à sa première proposition, il dira que le président de la République doit prendre l’initiative de dialoguer avec les organisateurs du mouvement pour discuter de leurs revendications. Et d’ajouter que ces discussions doivent aboutir à l’élaboration d’un programme triennal sur la gestion des priorités du pays qui s’inspirera des recommandations du DNI et les propositions des organisateurs du mouvement. A cet effet, une commission sera mise en place pour faire la synthèse des différentes contributions. Aussi, une rencontre de haut niveau entre le Président et les organisateurs du mouvement doit sanctionner le document final car la gravité de l’heure implique que le président se mette en première ligne.

En ce qui concerne la création d’un cadre de concertation des partis politiques et des forces vives en vue de l’identification et de l’élaboration des réformes institutionnelles, il précisera que les forces vives et le Président doivent mettre en place un cadre permettant d’identifier et mettre en commun toutes les réflexions sur les questions institutionnelles menées par les formations politiques. Ainsi, poursuit l’Avocat, il faut reconnaitre que chaque parti, chaque organisation, a déjà travaillé sur les réformes politiques et institutionnelles. Donc, il faut simplement capitaliser toutes ces connaissances.

Sur la proposition de la formation d’un bon gouvernement, il a déclaré que le contexte et la nature de la crise obligent les Maliens à envisager des solutions originales. “Nous avons affirmé plus haut que le partage du pouvoir politique est la seule solution qui a toujours été envisagée. Or, le problème fondamental vient de toute la classe politique, les formations politiques ont toutes une responsabilité commune et revenir sur le partage du pouvoir revient à réinstaller le pays dans un nouveau cycle à travers le truquage des élections, le partage du pouvoir, la plaie de notre démocratie”, a-t-il martelé.

Un gouvernement composé de technocrates

Par ailleurs, il dira qu’il nous faut un gouvernement composé de technocrates, maitrisant parfaitement leur domaine de compétence, qui auront en charge l’atteinte des objectifs fixés par le programme commun de gestion du pays sur la période 2020-2023. A ses dires, cette mesure a l’avantage d’obliger le président de la République à être transparent sur ses objectifs et dissipe les soupçons relatifs à la volonté du maintien du pouvoir par le Président par personne interposée au-delà de 2023, notamment l’hypothèse de passer le pouvoir au fiston national.

Quant au maintien de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, il dira que son approche sur cette question est purement juridique. “Je ne nie pas la pertinence d’autres approches, mais je reste persuadé qu’il faut agir dans le cadre de la Constitution dont le préambule contient l’affirmation du peuple à construire un Etat démocratique”, a-t-il laissé entendre.

Car, dit-il, la dissolution de la Cour constitutionnelle et de l’Assemblée nationale est une mesure de déconstitutionnalisation qui peut avoir un impact fort sur le cadre de dialogue amorcé au centre et au nord du pays. “Juriste attaché au respect de la Constitution, je pense qu’il faut maintenir ces deux institutions avec toutes leurs faiblesses et les affaiblir dans leurs pouvoirs de sorte que le fait majoritaire ne puisse plus prévaloir pendant la gestion de cette crise”, a fait savoir l’avocat.

Dans son réquisitoire, il a laissé entendre que l’Assemblée nationale aura pour mission d’accompagner les mesures arrêtées par le cadre de concertation chargé des reformes sans possibilité de modification de fond, elle ne peut faire que des observations, suggestions et émettre son avis. Il en sera de même pour la Cour constitutionnelle dont le sceau est nécessaire pour finaliser le processus législatif.

“Cette période sera un formidable moment de refondation, sans partage de gâteaux. Ainsi, le terrain politique et institutionnel sera préparé avant de laisser les formations politiques déployer leur action.

L’astuce consiste à mettre en veilleuse les clivages politiques tout en refondant notre pays. Le Mali n’est pas condamné aux attentes toujours déçues et aux reculades dangereuses. Arriver à la reconstruction sans déconstitutionnaliser, telle est ma proposition de sortie de crise”, a-t-il conclu.

Synthèse de Boubacar PAÏTAO

 

 

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Commentaires (16)

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F
Fanga 10020 il y a 5 ans

"Troll", dégage !

F
Fanga 10020 il y a 5 ans

"Troll", dégage !

A
Anonyme il y a 5 ans

Je demande aux Maliens de travailler comme le Senegal afin que de telle crise ne se reproduise plus avant la fin du mandat de IBK. Ce n'est pas IBK seulement, c'est tous nos politiciens qui sont responsables de ce probleme. Il suffit d'avoir un peu de patience, trois ans finiront un jour.

A
Anonyme il y a 5 ans

Allez demandez aux Européens ce qu'ils pensent de leurs technocrates, agissant en toute liberté selon leur code. Allez aussi demander aux Français,ce qu'ils pensent des technocrates qui gèrent leur système de santé. Un technocrate n'est utile que s'il est corseté par un politique,car la logique de gestion ne suffit pas pour gouverner,il faut surtout une dimension politique,et sociale.

A
Anonyme il y a 5 ans

Le troll c'est bien toi,avec tes idées fixes,et ta propension à t'etaler partout sur malijet. Si tu ne veux,que tes élucubrations à la page,tu te fais un journal à ton nom,et tu nous debarrases le plancher.

A
Anonyme il y a 5 ans

Voilà des propositions concrètes et murement réfléchies. Merci Maître

N
n il y a 5 ans

" Si IBK pouvait rendre service au pays. ".... Seydou, c'est bien pensé d'imaginer IBK réparant ses manquements ! Mais comment voulez-vous que quelqu'un qui a passé sa vie à tricher tout d'un coup , à son âge, fasse montre d'une telle évolution ? (c'est un peu comme si on vous demandait, à vous, de vous mettre à injurier tout le monde autour de vous - impossible n'est-ce pas ? vous ne pourriez enjamber votre ombre ... eh ben, IBK non plus ...:)

N
n il y a 5 ans

" une Constitution sur la base de nos valeurs traditionnelles, " Bonne idée, Cissé et maintenant - dites nous de quoi aurait l'air cette Constitution ? --------------------------------------------------------------------------------------- Je suis très, très sérieuse ! merci !

T
Telly24 il y a 5 ans

La seule la solution sérieuse aux problèmes malien est la démission pure et simple du régime IBK et ce serait digne. Impossible de défendre le bilan de IBK et son régime, car ils ont échoué, les preuves: l'insécurité grandissante, l'exacerbation de la pauvreté, pas d'école, services et soins de santé inadéquats et insuffisants, etc.

F
Fanga 10020 il y a 5 ans

"Troll", dégage ! On t'a pas vu toute la journée de samedi et voilà que tu réapparais. Tu es incorrigible !

F
Fanga 10020 il y a 5 ans

"Troll", dégage ! On t'a pas vu toute la journée de samedi et voilà que tu réapparais. Tu es incorrigible !

A
Anonyme il y a 5 ans

Au bout de quelques années,il leur faudra importer du sable.

A
Anonyme il y a 5 ans

Il n'y a qu'au Mali où on peut entendre un tel appel aux technocrates. Coluche,disait en se moquant,que confier la gestion du Sahara aux technocrates,an bout de quelques années,il leur faudra importer du sable,ce qui est un comble.

C
cissé il y a 5 ans

Monsieur SEYDOU, je partage votre analyse. Vous l'avez écrit, la démocratie au Mali pose plus de problèmes que de solutions. Pourquoi ? Parce que ce sont les intellectuels maliens, à l'époque, au lieu d'initier une Constitution sur la base de nos valeurs traditionnelles, ont préféré calqué avec celle de la France, où les pouvoirs du Président sont exorbitants. Pire, le système de désignation et de nomination au sein de la Cour Constitutionnelle, ne peut pas rendre véritablement INDÉPENDANTS, les membres de cette haute Cour. C'est valable pour les démembrements de la CENI où se sont les partis politiques qui sont juges et parties. Sortir du leurre démocratique actuel. Bref, la reforme des INSTITUTIONS s'imposent pour repartir sur de bases saines, permettant à la RE¨PUBLIQUE d'évoluer dans un système performant avec des cadres intègres et patriotes.

S
Seydou il y a 5 ans

Voila. Il faut tout nettoyer.Une refonte a tou les niveaux. A ses dires, à la veille de la marche du 5 juin dernier, dans un communiqué, l’Untm, a affirmé ceci : “Aujourd’hui s’il y a nettoyage à faire, il s’agira de toute la classe politique, toute la vie associative, syndicale aussi, toute la vie religieuse, l’école, la santé, la culture pour une résurrection encore possible”.

S
Seydou il y a 5 ans

Merci maitre pour cet article qui nous eclaircie. Ya t-il une vraie democratie chez nous? Les soit disant elections a coups de milliards refletent-elles la volonte du peuple? Le pays est en crise sur tous les plans .Cette crise ne devait-elle pas influencee les legislatives? Les elections legislatives passees devait entrainer une redistributuon de cartes politiques ,selon toute logique,pour refleter le mecontentement populaire.Perte de l'AN par le RPM. Les gens ne sont pas satisfaits.Le gouvernement devrait etre sanctionne dans les urnes. Certes IBK toujours president mais on l'impose les choix, il peut pas faire ce qu'il veut.C'est ce qu'on appelle cohabitation politique.Un 1er ministre, un president de AN choix sans accord de IBK.On l'impose, dans une vraie democratie. Un contre balance au pouvoir On constate quoi? IBK a la sortie des urnes aux legislatives passees a toujours les cartes en mains! Majoritaire a AN. La logique voudrait bien que ADEMA, URD et autre s'unissent pour controler AN et s'opposer au RPM. Le fait que l'opposition et le parti au pouvoir s'unissent dans les localites pour avoir les deputes n'est-il pas une insuffisance en democratie? ADO et Gbagbo ne peuvent pas s'unir pour gagner quoi que ca soit. Ma question: La volonte du peuple a t-elle ete respectee dans les urnes? Il ya eu tripotage, nepotisme, corruption avant et apres les elections? C'est etonnant que malgre les difficultes education, sante,crise securitaire, maivaise gestion du covid-19, emploi..meme se nourrir, le president s'en sort plutot bien. Je doute fort que les urnes reflete au Mali la volonte du peuple. Alors a quoi sert la democratie si c'est une demi-democratie.Je jure que c'est pire que la dictature. L'achat des consciences, la cour institutionnelle qui dit pas la verite.... Eh on peut avoir les meileurs lois et la meilleure constitution sur le papier. Mais si les gens passent outre. Les macron , Obama.Ils ont de la Famille aussi.Ils pouvaient les placer a la tetes des institutions. Ils signeront leur mort politique surement car leur peuple n'accepte pas La tante paternelle de Obama vit aux USA.Elle est sans-papier.Obama n'a meme pas essayer de l'aider pour ne pas se trouver devant un scandale. Qund le pays marche bien et que le peuple est satisfait on peut, peut-etre caser les gens qu'on veut.Mais le jour ou cela tourne mal..... Le constat est amer.La classe politique a echoue.D'ou une tentation religieuse ou islamique.Dommage. Si IBK pouvait rendre service au pays.Etant a son dernier mandat donc plus presidentiable. Peut-il faire en sorte que nous ayons les vraies institutions independentes.Preparer le terrain pour les elections prochaines.Faire en sorte que nous soyons un etat de droit, des regles claires. Un peu comme Jerry Rollings l'a fait au Ghana avant de se retirer definetivement. Par ce travail gigantesque et utile au peuple, IBK rentrera dans l'histoire. Mais la democratie actuelle au Mali pose plus de problemes que de solutions.Il faut une refonte.J'espere que IBK le faira.Il na rien a perdre sinon tout a gagner:l'estime du peuple.