vendredi 17 avril 2026
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Au Mali, l’ultimatum de la Cédéao passe mal

Par dw.com 557 vues
Au Mali, l’ultimatum de la Cédéao passe mal

 

La Cédéao a lancé un ultimatum d’une semaine au CNSP pour désigner un président et un Premier ministre civils. La décision est diversement accueillie.

À l’issue d’un sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement tenu le lundi 08.09 à Niamey au Niger, l’organisation sous-régionale a donné jusqu’au 15 septembre aux meneurs du coup d’état militaire qui a renversé le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta pour remettre le pouvoir aux civils en vue de la transition. Une annonce qui intervient 72 heures avant les concertations nationales sur la transition prévue de jeudi à samedi.
 
La réaction de la Cédéao était très attendue par le CNSP (Comité national pour le salut du peuple) qui avait multiplié ces derniers jours les gestes d’ouverture notamment à travers l’évacuation sanitaire de l’ex-chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keïta vers les Émirats arabes unis. Mais l’organisation sous régionale a plutôt durci le ton face aux militaires au pouvoir au Mali pour un retour à l’ordre constitutionnel normal avec un président et un Premier ministre civils. Selon Aboubacar Sidiki Fomba, président du parti ADPM (Alliance Démocratique du Peuple Malien), la Cédéao se trompe de combat :

"La Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) est dans son rôle de prédation politique. La Cédéao ayant perdu le monopole de la guerre au Mali pense pouvoir se rattraper en insistant sur un choix civil. La Cédéao a son civil, mais pas le civil malien. Ce ne sera pas le choix de la Cédéao qui sera respecté au Mali. Nous, nous sommes dans une logique de refondation de notre pays. Le fait de dire qu’il faut un civil pour diriger la transition est une façon de nous faire revenir en arrière et de faire comme en 2012".
 
En 2012 en effet, il y a eu un coup d’état militaire mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo et ses camarades d’armes pour renverser le régime d’ATT.
La question sur la durée et le profil de la personnalité qui doit diriger la transition divise dans le pays. A l’issue des réunions préparatoires des concertations nationales tenues ce week-end sur l’ensemble du territoire, les régions de Mopti dans le centre du pays et de Tombouctou dans le nord, ont porté leur choix sur un militaire pour diriger la transition.
 
La ville de Gao, toujours dans le nord, joue de son côté la carte d’un civil comme président de l’organe transitoire. Pour Abdoulaye Guindo, journaliste-blogeur et coordinateur de la plateforme Benbere, l’ultimatum de la Cédéao va peser sur les assises nationales sur la transition.
 
"Les décisions peuvent effectivement influencer les concertations qui s’ouvrent le 10 septembre dans la mesure où cet ultimatum sera suivi des sanctions plus aggravées si la junte (CNSP) ne confie pas le pouvoir à un civil. Donc de peur de subir les conséquences de cette sanction de la Cédéao, certaines personnes vont pouvoir peut-être se rétracter ou du moins vont proposer qu’un civil soit à la tête de la transition", explique-t-il.

Boubacar Salif Traoré, directeur de Afriglob Conseil et spécialiste du Sahel, critique lui aussi la décision de la Cédéao. "Je suis surpris par cette réaction, car des concertations sont en cours. C’est aux Maliens de décider de la forme que devra prendre la transition", soutient le chercheur.
 
Pour l’instant, il n'y a aucune réaction du CNSP après cet ultimatum lancé par les chefs d’Etat et de gouvernements de la Cédéao qui ont réitéré leur position : la future transition ne doit pas excéder douze mois.
 
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Commentaires (9)

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A
Anonyme il y a 5 ans

SEULE LA LUTTE LIBÈRE....! ====>POUR UNE TRANSITION APAISÉE ET CONSENSUELLE AU MALI - ASSIMI GOITA devrait être le PRÉSIDENT de la future transition À défaut M. GOITA assumera UN poste VICE-PRÉSIDENT! -UN PREMIER MINISTRE CIVIL INTÈGRE, PATRIOTE, COMPÉTENT ET CONSENSUEL -UN GOUVERNEMENT CONSTITUÉ D’AU MAXIMUM 20 MINISTRES INTÈGRES, PATRIOTES, COMPÉTENTS ET APOLITIQUES! -UN CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION, L’ORGANE LÉGISLATIF DE LA TRANSITION (ASSEMBLÉE CONSTITUANTE) constitué au maximum de 70 MEMBRES ISSUES DU CNSP, DE LA SOCIÉTÉ CIVILE, DES PARTIS POLITIQUES, DES SYNDICATS, DES ASSOCIATIONS, ETC. -DURÉE DE LA TRANSITION: 2 ANS-3 ANS! -FEUILLE DE LA ROUTE: REFORME TOTALE DE LA GOUVERNANCE, DE L’APPAREIL SÉCURITAIRE (Armée, Police, Gendarmerie, Sapeurs-pompiers, etc.) DU SYSTÈME ÉLECTORAL, ET DE LA JUSTICE!

M
MTC il y a 5 ans

JOURNÉES DE CONCERTATIONS NATIONALES SUR LA GESTION DE LA TRANSITION Honorables participants aux journées de concertation nationales sur la gestion de la transition, je vous salue: Que le Bon Dieu vous guide pour trouver une bonne méthodologie de travail. Le peuple malien est par essence UN comme stipulé dans notre devise chaque fois qu'une divergence apparaît revenez toujours à notre devise et à notre hymne et faites des concessions mutuelles. Chers participants tout le monde entier sait que votre tâche n'est pas facile, ayez souci du Mali, de l'Afrique et le reste du Monde. Vous allez commencer vos travaux au moment où chacun détient un morceau du miroir brisé et se regarde dans ce morceau, ne voit que sa tête et conclu qu'il est le seul à détenir la vérité. Recoller ces morceaux de miroir afin que tous puissent se voir ensemble dans le miroir reconstitué. Avant le démarrage de vos travaux, j'ai une très grande inquiétude sur la position de la CMA. Cette organisation préfère la tenue d'une rencontre de haut niveau avec les responsables de la CMA à Kidal et ne se sentent pas concernés par les journées de concertations nationales. Dès maintenant, le CNSP doit mettre la machine diplomatique en marche afin de convaincre la CMA de participer à la concertation en défendant leurs propositions dans le cadre d'un débat démocratique et consensuel. Les pays comme l’Algérie, la France, les Organismes comme la CEDEAO, la MUNISMA peuvent valablement aider notre pays à convaincre la CMA à participer aux journées de concertations nationales. Je pense également qu'il faudrait tout faire pour être en phase avec la CEDEAO, notre communauté. En âme et conscience, ce qui est arrivé au Mali si cela était arrivé à un autre pays membre de la CEDEAO, et que l'un de nous était aux commandes du Mali, qu’elle allait être notre attitude. DE LA TRANSITION Je pense qu'une durée de transition n'excédant pas les 18 mois objectivement expliquée à Good Lock Jonathan et au Président de la CEDEAO peut être acceptée. Je souhaite un Président civil, et Premier Ministre civil et deux militaires dans le gouvernement (Défense et Sécurité). Le CNSP reste un organe de la transition tenant sa réunion hebdomadaire tous les jeudis (lendemain du conseil des ministres), il travaillera surtout sur le terrain des opérations avec comme objectif de neutraliser tous les groupuscules de djihadistes avant la fin de la transition. PRÉSIDENT DE LA TRANSITION Pour la présidence de la transition, ma préférence utopiste va à l'une ou l'autre des personnalités suivantes: - Mohamed Ag HAMANI - Younoussi TOURE - Modibo KEITA - Issoufi MAIGA - Mme Adam BA KONARE Je termine en lançant un appel à la jeunesse pour qu'elle évite tout faux conflit de génération. Nous devons au moins reconnaître à l'ancien Président IBK d'avoir mis la jeunesse à l'épreuve, chacun appréciera cette expérience de sa manière. Aussi je dirai que la jeunesse doit être fier car tous les membres du CNSP sont de vaillants jeunes à travers eux la jeunesse est vraiment aux commandes. Comme j'aime à le dire nous sommes 18 millions de Maliens et 18 millions d'experts et je ne fais pas exception.

C
Célestin il y a 5 ans

Chers maliens favorables au changement, si vous ne prenez pas votre courage a deux mains, on restera dans le statu quo. Je sais que les plus grands experts sont aux côtés des militaires CNSP. Mais ils vont se référer aux codes de la diplomatie. Or, vous savez que beaucoup de dirigeants actuels africains...ne sont pas des gens respectables, ni vertueux. La CEDEAO se cache derrière des slogans de façade auxquels eux-mêmes ne croient (pas). Si vous écoutez cette organisation, ce n'est pas seulement la transition qui est fichue, mais vous retomberez dans des putsch d'ici 5ans. Oubliez la CEDEAO et surtout faites le savoir sans aucune ambiguïté ! Et sans diplomatie !!! Ces gens vont saboter vos projets de changement profond au nom de principes qu'eux-mêmes VIOLENT. Vous serez des cons si vous suivez les instructions de cette organisation. En moins que vous ne défendiez le retour du régime IBK.

A
Anonyme il y a 5 ans

Tu parles d'analyse,et bien ces gens ne font que chier sur l'événement. L'analyse est autre,c'est une décomposition ,suivie d'une recomposition,chose dont sont incapables,ces nationalistes crétins.

A
Anonyme il y a 5 ans

Merci pour votre analyse où je me retrouve parfaitement.

B
Badjiba il y a 5 ans

Les chefs d'Etat de la CEDEAO sont des envoyés de la politique française d'Afrique. C'est à nous les maliens de monter l'attelage convenable pour répondre à nos préoccupations de refondation du Malicoura.

M
MTC il y a 5 ans

Sans l'extérieur, l'économie malienne sera à genoux. Les Maliennes ne pourront plus faire bouillir la marmite.

D
Diawara il y a 5 ans

EXTÉRIEUR NE VOUS MÊLEZ PAS DE NOS AFFAIRES.CONTENTEZ VOUS D'OBSERVEZ ET NON DES PETITES PHRASES CHAQUE JOUR.LE MALI EST UN PAYS ANCIEN ET REGORGE DE COMPÉTENCES.LES MALIENS SERONT A LA HAUTEUR DES ATTEINTES DE TOUS.

A
Anonyme il y a 5 ans

L’Afrique se réveille STOP AU DÉPEÇAGE DU SAHEL Halte à ce tohu-bohu meurtrier au Sahel Nous, véritables panafricanistes, sommes dégoûtés de nos apatrides, médiocres, corrompus et lâches dirigeants africains NOUS NE SOMMES PAS ANTI-FRANÇAIS (CITOYENS FRANÇAIS) COMME VEULENT FAIRE CROIRE LES DIRIGEANTS FRANÇAIS Nous sommes plutôt contre les politiques impérialistes et prédatrices des dirigeants français et occidentaux mises en œuvre par leurs valets locaux africains Que cela soit clair, les vrais Panafricanistes se battront jusqu’à la mort pour la souveraineté totale du continent africain!