vendredi 17 avril 2026
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Grève de l’UNTM : Au mauvais moment !

Par Reflet d’Afrique 400 vues
Grève de l’UNTM : Au mauvais moment !

La Vocation d’un syndicat c’est de défendre les intérêts matériels et moraux de ses adhérents à travers des actions, la grève en est une ; mais pour cette grève de l’UNTM, ni le moment ni le contexte le permet car pour qui connait la situation du Mali (une transition qui peine à démarrer convenablement, l’insécurité grandissante, Covid-19 et ses impacts économiques et financiers etc.), une union sacrée doit être faite autour de l’essentiel qui est e Mali au-dessus de tout

 

LUNTM parle de l’harmonisation des indices de salaire dans la fonction publique, des primes et des indemnités ou encore le sort des travailleurs compressés (des salariés d’entreprises d’État), l’emploi massif des jeunes…

D’accord c’est une revendication noble mais cette inégalité s’est dessinée au vu et au su de l’UNTM,

Avant la transition, les indices des salaires, les primes et les indemnités étaient-ils harmonisés ?

Pourquoi c’est maintenant que l’UNTM le réclame à une transition qui n’est là que pour 18 mois ?

Le problème des travailleurs compressés qui date de dizaines d’années et a survécu aux différents régimes démocratiques, tombe subitement sur la table de la transition.

Ces travailleurs ne réclamaient t-ils pas leurs droits avant la transition ?

Je ne comprends pas, depuis des années ce problème existe, l’UNTM ne l’a jamais soulevé sauf pendant cette transition.

Sous le régime IBK les médecins les magistrats les DFM, les Préfets étaient en grèves tout le temps, souvent même des grèves illimitées ou était l’UNTM ?

Occupée à se faire entretenir par l’ancien régime

Ceux-ci ne sont-ils pas des travailleurs ?

Au moment où les autres pays diminuent l’âge d’aller à la retraite, c’est cette même UNTM qui a fait prolonger l’âge de la retraite sous IBK, ce qui empêcher aux jeunes d’accéder à l’emplois

Aujourd’hui l’UNTM nous parle de « recrutement massif » des jeunes en instrumentalisant la question des jeunes. Où se trouve la cohérence ?

L’UNTM n’a jamais été là quand les travailleurs et les maliens avaient besoin d’elle et c’est maintenant on veut sanctionner tout un peuple qui ne demande que son pain quotidien.

Lorsque le M5 RFP demandait le départ de IBK et de son régime ou était l’UNTM ? pourtant tous les autres syndicats ont combattu le régime déchut sauf l’UNTM

On a vu l’UNTM accepter le moratoire sur les revendications sociales sous IBK, chose qui signifie que si IBK était resté l’UNTM allait continuer à manger sans penser au maliens et à ses adhérents.

Ne faut-il pas y voir des motifs cachés ?

Le peuple malien réclame la fin de l’impunité. C’est la raison des soulèvements ayant conduit au départ de IBK. La communauté internationale réclame également des preuves du sérieux de l’engagement des nouvelles autorités à lutter contre la prévarication des ressources publiques. Les discours, fussent-ils aux accents martiaux, ne suffiront plus à calmer ou à rassurer quiconque.

Le pouvoir actuel, est donc obligé de donner des gages de sérieux au peuple malien et à la communauté internationale. Ces gages de sérieux consistent à mettre rapidement en œuvre la loi portant répression de l’enrichissement illicite et d’autres mesures pour commencer à arrêter l’hémorragie des ressources de l’État. C’est là que l’UNTM entre dans la danse.

Les motifs déclarés de la grève ne sont pas ses motifs réels. L’UNTM ne veut pas que le « tou » de la lutte contre la corruption soit posé sur sa tête. Autrement dit elle ne veut pas que les fonctionnaires civils soient les seuls à porter le chapeau. L’UNTM refuse donc que les fonctionnaires voleurs soient jetés en pâture sur l’autel de la répression de l’enrichissent illicite pour apaiser le peuple. Face aux refus des fonctionnaires civils de servir de victimes expiatoires les moyens de répression du gouvernement sont très limités.

Ce qui reste de ce pays détruit par la guerre et l’insécurité, est paralysé par une grève de 5 jours qui fait suite à une de trois jours et qui préfigure une grève illimitée. Les morceaux de l’État émietté ne seront jamais rassemblés à ce compte.

L’UNTM ne veut pas être l’agneau sacrificiel de la lutte contre la corruption au Mali.

Les travailleurs syndiqués ne représentent pas 5% de l’emploi au Mali. 5% des maliens prennent en otage le reste du pays.

Aux autorités de la transition de prendre leur responsabilité pour trouver une solution définitive à ce problème.

Madou Traoré

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Commentaires (1)

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D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 5 ans

Merci à plusieurs médias, tel que le Soir de Bamako, de citer ma contribution suivante comme support de leurs articles. CHERS F R ÈRES et SOEURS DES SYNDICATS DES TRAVAILLEURS, Négocions, entendons-nous sur ce qui est possible, attaquons-nous à l'essentiel et sauvons notre pays de la crise multiforme dans laquelle il est embourbé. Les concessions du gouvernement constituent un excellent point de départ avant la conférence sociale (arbitrage global) annoncée pour le premier trimestre 2021. Optons pour la cohésion et l'entente sur ce qui est possible afin d'avancer, ensemble, pour un Mali nouveau. Sur le front social, plusieurs grèves ont démarré. La principale centrale syndicale, l'UNTN (Union Nationale des Travailleurs du Mali), a démarré une nouvelle grève de cinq jours s'étendant du 14 au 18 décembre 2020. Avec l'échec des négociations avec le gouvernement et son désaccord avec le message du Président de la transition lors de sa sortie médiatique le 14 décembre 2020 en marge de l'investiture du Président Ivoirien, pour son troisième mandat, l'UNTM durcit sa position. Ses revendications sont, entre autres, l'harmonisation des grilles salariales des agents de l'État, l'octroi des primes et des indemnités, la question de l'office central de lutte contre l'enrichissement illicite (OCLEI) et la situation des travailleurs compressés dans les années 80. Intéressons-nous à l'harmonisation des grilles salariales des agents de l'État. A niveau de diplômes égal, cette harmonisation des grilles salariales est très délicate. Les cabinets de recrutement des ressources humaines au niveau mondial ont essayé, sans y arriver, une telle harmonisation des grilles salariales à niveau égal. Pour les agents de l'État, la difficulté de cette harmonisation est réelle dans toutes les administrations des États au niveau mondial. Ceci est dû à plusieurs facteurs dont certains sont liés aux connaissances et profils différents et/ou aux caractéristiques intrinsèques des diplômes qui sont différentes dont la difficulté d'obtention de certains et leurs niveaux d'entrée très sélectifs. C'est pourquoi, à niveau égal, certains diplômes sont plus cotés et plus appréciés que d'autres, donc, les salaires correspondants sont nettement plus élevés. Voilà pourquoi, chers f r ères et sœurs des syndicats, il est très difficile, voire impossible, d'harmoniser les grilles salariales des agents de la fonction publique. En cette période de transition, optons pour la cohésion et l'entente sur ce qui est possible afin d'avancer, ensemble, pour un Mali nouveau dans lequel les travailleurs sont considérés et sont conscients de leurs droits et de la différence de salaires liée à la différence de leurs grilles salariales, de la spécificité de leurs diplômes et/ou de leurs expertises. Donc, même à niveau égal et à profils différents, grilles salariales différentes, donc, salaires différents. Négocions et entendons-nous sur ce qui est possible, attaquons-nous à l'essentiel et sauvons notre pays de la crise multiforme dans laquelle il est embourbé. Chacun(ne) doit jouer sa partition. Le droit de grève peut être utilisé à tout moment mais la crise ne nous fait pas de cadeaux, serrons-nous les coudes en ces moments difficiles et avanÇons unis pour un Mali nouveau de paix et de prospérité. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité, TEL 78731461