vendredi 17 avril 2026
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Grève de l’UNTM le gouvernement fait une concession de taille mais a-t-il les moyens pour y parvenir ?

Par Le Soir de Bamako 311 vues
Grève de l’UNTM le gouvernement fait une concession de taille mais a-t-il les moyens pour y parvenir ?

Après avoir observé une première grève de 72 heures, les 18, 19 et 20 novembre 2020, L’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) a bissé l’utilisation de son arme de prédilection qu’est ‘’la grève’’. Pour ce deuxième round, la plus grande centrale syndicale du pays observe un arrêt de travail de cinq (5) jours, à compter du 14 décembre 2020, sur toute l’étendue du territoire nationale et cela au préjudice des citoyens. Il faut dire que pour justifier cette grève de 120 heures, l’UNTM met en avant l’insatisfaction de ses revendications. Les syndicalistes grévistes s’offusquent de l’attitude de mépris par laquelle s’illustre le gouvernement à leur égard.

 

Bien sûr qu’une telle atmosphère ne peut que compliquer davantage une situation naguère conflictuelle. Du côté des autorités publiques, c’est un son de cloche tout à fait à l’antipode de ce qu’affirment les syndicalistes. Selon des explications fournies par le gouvernement, pendant tout le processus de négociations, le Gouvernement a fait preuve de bonne foi, de disponibilité, de respect et de responsabilité. Car s’inscrivant dans la doctrine de la continuité de l’Etat, il s’est engagé, certes, à assumer les engagements antérieurs, même si c’est un héritage d’une mauvaise gestion.

Mais, dans la recherche de la justice sociale, de l’équité et de la soutenabilité budgétaire à court et moyen terme. Quoi qu’il en soit, les négociations entre le gouvernement et l’UNTM ont échoué une première fois et le message, du Président de la Transition, lors de sa sortie médiatique le 14 décembre 2020 en marge de l’investiture du Président Ivoirien, est venu en rajouter au bras-de-fer entre le Gouvernement et l’UNTM. Rappelons que les revendications, qui font l’objet de la grève en question, sont entre autres :

1)- l’harmonisation des grilles salariales des agents de l’État ;

2)- l’octroi des primes et des indemnités ;

3)-la question de l’office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) ;

4)- la situation des travailleurs compressés dans les années 80. Des revendications dont la satisfaction est tributaire de la capacité budgétaire de l’Etat.

On se souvient qu’à l’occasion d’un point de presse animé par trois ministres, le gouvernement, par la voix du Ministre de l’Administration Territoriale, Lt Colonel Abdoulaye Maïga avait déclaré : « Le mouvement de grève en cours ne permet point l’exécution des missions assignées à la transition pour lesquelles tout retard compromet le déroulement normal du processus. Certes les revendications des syndicats sont légitimes, mais le Gouvernement estime qu’au regard des contraintes financières, il y’ a lieu de patienter en attendant la conférence sociale en vue, pour l’harmonisation des grilles salariales et des primes et indemnités. En tout état de cause, le Gouvernement reste ouvert au dialogue ».

Mais nonobstant ces éclaircissements donnés par le gouvernement, l’UNTM persiste et signe quant à ses revendications. En vérité, le Gouvernement a pleinement conscience de la nécessité d’améliorer les conditions salariales des travailleurs, malgré un budget déficitaire en dessous des normes sous régionales et internationales, et des recettes qui baissent.

Ainsi, devant la persistance des syndicalistes et en quête d’une paix sociale, le gouvernement a accepté l’alignement de la grille salariale de tous les fonctionnaires sur l’indice 1383, et ce, dès le mois de janvier 2021. Ce qui coûterait plus de cent (100) milliards de nos francs. Face à cette acceptation du gouvernement, la question fondamentale que l’on devrait se poser est celle de savoir si réellement il a les moyens pour y parvenir.

En réponse à ce questionnement, une analyse faite par notre compatriote Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité, est édifiante : « Négocions, entendons-nous sur ce qui est possible, attaquons-nous à l’essentiel et sauvons notre pays de la crise multiforme dans laquelle il est embourbé. Les concessions du gouvernement constituent un excellent point de départ avant la conférence sociale (arbitrage global) annoncée pour le premier trimestre 2021.

Optons pour la cohésion et l’entente sur ce qui est possible afin d’avancer, ensemble, pour un Mali nouveau. Sur le front social, plusieurs grèves ont démarré. La principale centrale syndicale, l’UNTN (Union Nationale des Travailleurs du Mali), a démarré une nouvelle grève de cinq jours s’étendant du 14 au 18 décembre 2020.

Intéressons-nous à l’harmonisation des grilles salariales des agents de l’État. A niveau de diplômes égal, cette harmonisation des grilles salariales est très délicate. Les cabinets de recrutement des ressources humaines au niveau mondial ont essayé, sans y arriver, une telle harmonisation des grilles salariales à niveau égal. Pour les agents de l’État, la difficulté de cette harmonisation est réelle dans toutes les administrations des États au niveau mondial.

Ceci est dû à plusieurs facteurs dont certains sont liés aux connaissances et profils différents et/ou aux caractéristiques intrinsèques des diplômes qui sont différentes dont la difficulté d’obtention de certains et leurs niveaux d’entrée très sélectifs. C’est pourquoi, à niveau égal, certains diplômes sont plus cotés et plus appréciés que d’autres, donc, les salaires correspondants sont nettement plus élevés

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Commentaires (9)

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P
pithon il y a 5 ans

Bonjour Mes Chers compatriotes Maliennes et Maliens Je remerci le Dr ANASSER AG RHISSA pour son analyse pertinentes Vraiment le Mali a une chance terrible avec Moctar OUANE nos ancêtres leurs bénédictions pour le Mali à été exauce. Sinon le pays étaient dans des énorme difficultés sur toute les plans développement . Mais ils vas falloir que nous donnons la main entre Maliennes et Maliens pour leurs aident a reussire la transition. Et nous pensons que nous gagnes les paris inchallah. Que Président Bah N'DAW rassemble les Maliens autour de lui quelque soit leurs apparences politique. Le Mali à besoin ça maintenant et il le fallait une transition de consensus. Merci pour la bonne comprehension

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 5 ans

Bonsoir, Félicitations pour les mesures prises contre le covid-19. Il n'y a rien de mieux que de rester ensemble, en famille, pour consolider les concessions faites dans le cadre de la négociation gouvernement/UNTN. Merci au gouvernement et à l'UNTN pour ces concessions et pour la reprise des négociations. Merci à SEM le Président, MBah N'DAW, pour être rentré plus tôt de la mission pour s'impliquer pour ce dénouement heureux. Une mention particulière au Premier Ministre et à son équipe pour la patience et le professionnalisme. Merci à l'UNTN d'avoir écouté mes appels et ceux de tous ceux qui se sont impliqués pour la conciliation. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité TEL 78731461

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 5 ans

Merci le Soir de Bamako de citer ma contribution suivante comme support de votre article . CHERS F R ÈRES et SOEURS DES SYNDICATS DES TRAVAILLEURS, Négocions, entendons-nous sur ce qui est possible, attaquons-nous à l'essentiel et sauvons notre pays de la crise multiforme dans laquelle il est embourbé. Les concessions du gouvernement constituent un excellent point de départ avant la conférence sociale (arbitrage global) annoncée pour le premier trimestre 2021. Optons pour la cohésion et l'entente sur ce qui est possible afin d'avancer, ensemble, pour un Mali nouveau. Sur le front social, plusieurs grèves ont démarré. La principale centrale syndicale, l'UNTN (Union Nationale des Travailleurs du Mali), a démarré une nouvelle grève de cinq jours s'étendant du 14 au 18 décembre 2020. Avec l'échec des négociations avec le gouvernement et son désaccord avec le message du Président de la transition lors de sa sortie médiatique le 14 décembre 2020 en marge de l'investiture du Président Ivoirien, pour son troisième mandat, l'UNTM durcit sa position. Ses revendications sont, entre autres, l'harmonisation des grilles salariales des agents de l'État, l'octroi des primes et des indemnités, la question de l'office central de lutte contre l'enrichissement illicite (OCLEI) et la situation des travailleurs compressés dans les années 80. Intéressons-nous à l'harmonisation des grilles salariales des agents de l'État. A niveau de diplômes égal, cette harmonisation des grilles salariales est très délicate. Les cabinets de recrutement des ressources humaines au niveau mondial ont essayé, sans y arriver, une telle harmonisation des grilles salariales à niveau égal. Pour les agents de l'État, la difficulté de cette harmonisation est réelle dans toutes les administrations des États au niveau mondial. Ceci est dû à plusieurs facteurs dont certains sont liés aux connaissances et profils différents et/ou aux caractéristiques intrinsèques des diplômes qui sont différentes dont la difficulté d'obtention de certains et leurs niveaux d'entrée très sélectifs. C'est pourquoi, à niveau égal, certains diplômes sont plus cotés et plus appréciés que d'autres, donc, les salaires correspondants sont nettement plus élevés. Voilà pourquoi, chers f r ères et sœurs des syndicats, il est très difficile, voire impossible, d'harmoniser les grilles salariales des agents de la fonction publique. En cette période de transition, optons pour la cohésion et l'entente sur ce qui est possible afin d'avancer, ensemble, pour un Mali nouveau dans lequel les travailleurs sont considérés et sont conscients de leurs droits et de la différence de salaires liée à la différence de leurs grilles salariales, de la spécificité de leurs diplômes et/ou de leurs expertises. Donc, même à niveau égal et à profils différents, grilles salariales différentes, donc, salaires différents. Négocions et entendons-nous sur ce qui est possible, attaquons-nous à l'essentiel et sauvons notre pays de la crise multiforme dans laquelle il est embourbé. Chacun(ne) doit jouer sa partition. Le droit de grève peut être utilisé à tout moment mais la crise ne nous fait pas de cadeaux, serrons-nous les coudes en ces moments difficiles et avanÇons unis pour un Mali nouveau de paix et de prospérité. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité, TEL 78731461

A
Anonyme il y a 5 ans

À bas les syndicalistes grévistes irresponsables, les politiciens corrompus, les fonctionnaires prédateurs CHERS MALIENS ET MALIENNES, SAUVEZ LE MALI D’ABORD Face à l’extrême gravité de la CRISE MULTIDIMENSIONNELLE (politico-sécuritaire, socio-économique, sanitaire avec la pandémie de Covid-19, etc.) qui sévit au Mali, les AUTORITÉS de la transition doivent inviter à une MOBILISATION D’ENVERGURE NATIONALE POUR REDRESSER LA PATRIE!

A
Anonyme il y a 5 ans

Le MANQUE À GAGNER pour les finances publiques s’établit à PLUS DE 56 MILLIARDS FCFA durant les 8 jours de grève de l’UNTM en 3 jours de novembre et 5 jours de décembre 2020. LES GRÈVES INTEMPESTIVES et IRRESPONSABLES DE l’UNTM font perdre à l’État malien plus de 7 MILLIARDS FCFA PAR JOUR! LE PEUPLE MALIEN LUCIDE ET PATRIOTE REGRETTE L’AVÈNEMENT DE CETTE DÉMOCRATIE LAXISTE ET ULTRA CORROMPUE DEPUIS 1992, ENTRAÎNANT LA FAILLITE ACCÉLÉRÉE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE! En 2020, le Mali compte plus de 217 PARTIS POLITIQUES ET PLUS DE 42 000 ASSOCIATIONS, SYNDICATS ET ONG! AUCUN RÉGIME RESPONSABLE ET EFFICACE NE PEUT SATISFAIRE EN 18 MOIS CES PRÉDATEURS FINANCIERS QUI ONT ÉBRANLÉ LE MALI AU COURS DES 30 DERNIÈRES ANNÉES!

A
Anonyme il y a 5 ans

Tout cela est possible, c'était la cause du départ de IBK. Ceci dit, ils sont bon gestionnaire qu'ils gèrent bien tout simplement. Cependant il faut quitter le FRANCS CFA. Le Mali ne subira plus de chantages des émissaires de cette monnaie.

C
cissé il y a 5 ans

Durant les régimes qui se sont succedés, se sont des milliards qui ont été détournés. C'est la création et le contrôle du services public de d'Etat, par le Vérificateur Général, qui a permis de connaitre officiellement, les montants détournés. Depuis l'installation de celui-ci, combien de personnes ont-ils été auditionnées par les services compétents, par rapport au contenu des différents rapports ? Ce comportement d' indifférence, d'insouciance, de négligence et d'impunité, des régimes précédents a débouché sur la mauvaise gestion de l'ETAT. MALIBA

A
Anonyme il y a 5 ans

Apparemment le gouvernement de transition a fait une grosse concession, en acceptant d'uniformiser les salaires de fonctionnaires : même grade  même salaire. Si cela est confirmé c’est une bonne nouvelle. Mais notez bien : ca va générer 100 milliards de dépenses supplémentaires par an. Avec des dirigeants qui ne pensent jamais à réduire le train de vie de l’état, les caisses noires, primes, dommages. … et aussi avec la corruption et les gâchis on a droit de douter si la promesse sera tenue. Que Dieu nous donne longue vie ! Il y a aussi tout le risque que les enseignants demandent à leur tour des augmentations en considération de leur statut particulier qui a été voté pour leur garantir plus de salaires que les autres. Ce statut particulier est une vrai boucle infernale programmée ! Les enseignants pouvaient demander à l’état de leur augmenter un mont X par personne (ou x%). Mais ils ne peuvent pas obtenir aussi que si on augmente un montant y pour les autres il faut leur augmenter aussi ce y. L’argument de fonds est simplement que les autres ont des « koutcha » alors qu’eux n’en n’ont pas. Le gouvernement qui a signé ce statut reconnaissait simplement qu’il est incapable de mettre fin à la corruption et accepte de donner plus á ceux qui n’ont pas la possibilité de toucher de l’argent de la corruption. Propositions : On doit calculer le salaire moyen dans la sous-région, et mettre nos fonctionnaires au niveau de cette moyenne, ou légèrement en dessus de la moyenne. Il faut ensuite supprimer toutes les caisses noires, supprimer les dotations de carburant, réduire le parc auto de l’état, réduire les voyages, … Ainsi on peut économiser les 100 milliards et mettre nos fonctionnaires honnêtes dans des conditions acceptables.

D
Diawara il y a 5 ans

SI LE GOUVERNEMENT FAIT DES CONCESSIONS IL Y A DES INDIGNES QUI COMMENCENT LES POLÉMIQUES ET DEMANDER SI LE GOUVERNEMENT PEUT HONORER SES ENGAGEMENTS.L. QU'ELLE MÉDIOCRITÉ OU BIEN MANIPULÉ CAR CERTAINS NE VEULENT PAS QUE LE MALI S'EN SORTE MAIS HÉLAS EUX ET LES MANIPULATEURS ÉCHOUERONT QUE DIEU LES MAUDISSENT tous. NOTRE SOUTIEN AUX DIRIGRANTS ACTUELS.