samedi 18 avril 2026
Contact
Malijet

Réformes politiques et institutionnelles au Mali : Éternelle contestation ?

Par Le Pays 246 vues
Réformes politiques et institutionnelles au Mali : Éternelle contestation ?

Le président de la République déchu, Ibrahim Boubacar Keita, n’a pas réussi à mener les réformes politiques et institutionnelles nécessaires à cause du manque de consensus autour de la question. Le même échec attend les autorités en place, car les Maliens, surtout la classe politique est divisée sur la faisabilité de ces reformes pendant les 9 mois restants pour la Transition. Va-t-on donc rester éternellement dans les contestations ?

 

Le Mali, pour son bon fonctionnement, a besoin des réformes politiques et institutionnelles. Tout le monde est unanime sur la question. Tous les groupements ou partis politiques ont insisté sur la nécessité de réussir ces réformes pour de bon et sous cette transition.

Reforme politiques et institutionnelles, une nécessité

Les autorités transitoires auront échoué si elles n’arrivent pas à mener toutes les réformes politiques et institutionnelles. La révision de la Constitution de 1992 ; la relecture de la charte des partis politique ; la révision de la loi électorale ; la relecture de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger ; la création de l’organe unique de gestion des élections…toutes ces réformes sont attendues sous la Transition en cours. La classe politique est unanime sur la nécessité de ces réformes pour la stabilité du Mali. « Une réforme du système électoral est indispensable si nous voulons éviter de nouvelles crises politiques et institutionnelles », a déclaré le président du parti du bélier blanc en février dernier. Pour lui, les autorités en place auront échoué si « à l’issue de la période transitoire en cours, il n’y a ni réformes ni organe indépendant en charge des élections ».

De son côté, le mouvement hétéroclite à la base de la chute du régime IBK, a toujours réclamé ces réformes qui, selon lui, contribueront à stabiliser le pays.

Manque de consensus

Depuis sa nomination, le Premier ministre Choguel Kokalla Maiga a exprimé sa volonté de créer un organe unique de gestion des élections que réclament la classe politique et la société civile malienne. « La voie sera ainsi balisée pour les réformes nécessaires à la Refondation du Mali. Il s’agira essentiellement de créer les conditions d’une refonte consensuelle des textes permettant de garantir l’érection d’une administration professionnelle et moderne, de réadapter la politique de décentralisation pour une gouvernance locale plus efficiente, de réviser la charte des partis politiques et la loi électorale afin de mettre un terme aux conflits postélectoraux récurrents. Pour cela, il sera envisagé la création d’organe unique indépendant de gestion des élections réclamé unanimement par la classe politique et la société civile », a déclaré le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga lors de son premier conseil de cabinet. Comme si cela ne suffisait pas, au cours de ses visites de courtoisie, le Premier ministre rassure ses interlocuteurs sur sa volonté de mettre en place de cet instrument.

Même si beaucoup de partis, groupements politiques et associations de la société civile ont salué la volonté du Premier ministre de mettre en place de cet organe pour la crédibilité des élections, d’autres mettent doutent sa faisabilité pour le reste de la durée de la Transition. Y en a même qui rejettent complètement l’idée. C’est le cas de la CNAS-FASO Hèrè de Soumana Sacko. « Il n’est pas exact d’affirmer que la création d’un soi-disant ‘’Organe unique’’ pour les élections est demandée unanimement par toute la classe politique », a indiqué le parti dans son communiqué.

Selon cette formation politique, le Mali a un mauvais souvenir de telle structure. «La CNAS-Faso Hèrè rappelle que, en 1996 et 1997, le Mali a fait l’expérience dudit organe unique avec les conséquences à tous égards catastrophiques que l’on sait : gouffre financier, chaos organisationnel et logistique, annulation du scrutin législatif du 13 avril 1997 par la Cour Constitutionnelle, boycott du nouveau scrutin législatif et de l’élection présidentielle du 11 mai 1997, refus de la plupart des Partis d’opposition de reconnaitre le Président déclaré élu, et ce, pendant près de 3 ans, etc ». Ce n’est pas tout, ce parti s’oppose également à la révision constitutionnelle pourtant promise par les autorités de la Transition.

 « Le Parti de l’avant-garde militante et révolutionnaire du Peuple malien rappelle en outre que, non seulement les conditions constitutionnelles ne sont pas réunies pour entamer une quelconque révision de la Constitution démocratique du 12 janvier 1992, mais aussi il n’y a, à ce jour, au-delà des clichés éculés et des critiques à l’emporte-pièce sans aucun fondement, aucun argument valable pour changer ne serait qu’un iota à la Loi Fondamentale de l’État », a-t-on indiqué dans le communiqué.

Si la CNAS-FASO Hèrè s’oppose catégoriquement à la mise en place de cet organe, le président du Morema, Me Kassoum Tapo, lui, s’inquiète de sa faisabilité pour le reste de la durée de la Transition. Pourtant, le respect de la durée est exigé par tout le monde, la communauté internationale comme la classe politique malienne.

Aujourd’hui, il est évident qu’il n’y a pas de consensus réel entre les gouvernants et la classe politique malienne sur la tenue de toutes ces réformes. Même si tout le monde est unanime de la nécessité de ces réformes, il n’est pas évident que le gouvernement Choguel réussisse car le temps restant est insuffisant.

Nécessité d’avoir un consensus

Cette transition est une opportunité pour le Mali de mener toutes ces réformes nécessaires pour le fonctionnement normal de nos institutions. Il est difficile pour un président démocratiquement élu, donc politique, de mener ces reformes puisqu’il lui sera impossible d’avoir le soutien de ses adversaires. La transition, étant dirigée par un militaire, donc apolitique, elle doit pouvoir mener ces réformes.

Pour cela, les autorités actuelles doivent bénéficier du soutien de toutes les forces vives de la nation. Si la création de l’organe unique de gestion des élections permettra au Mali d’organiser des élections libres, transparentes et crédibles, pourquoi ne pas s’entendre ? Si la Révision de la constitution de 1992 contribuera à la stabilité du Mali, il est temps de mettre les divergences de côté pour réussir cette réforme.

Le Mali n’a plus droit à une autre élection présidentielle contestée. Il n’a plus non plus droit à un autre coup d’État. Il faut taire les divergences pour réussir les reformes qui contribueront à la stabilité du pays.

Boureima Guindo

Partager:

Commentaires (3)

Laisser un commentaire

F
Fanga 10020 il y a 4 ans

"Le Mali, pour son bon fonctionnement, a besoin des réformes politiques et institutionnelles. Tout le monde est unanime sur la question. Tous les groupements ou partis politiques ont insisté sur la nécessité de réussir ces réformes pour de bon et sous cette transition." Il existe actuellement au Mali une grande difficulté d'ordre conceptuel liée à cette notion fourre-tout de "réformes politiques et institutionnelles". Peu de personnes au Mali définissent avec précision ce qu'elles entendent, dans le contexte malien actuel, par "réformes politiques et institutionnelles". S'agit-il, aux yeux du gouvernement et des acteurs politiques, d'un simple toilettage des lois ordinaires et des lois organiques pour améliorer le fonctionnement politique et institutionnel au Mali ou ce concept recouvre-t-il le changement de Constitution au Mali ? En réalité, dans le contexte politique et diplomatique actuel au Mali, les "réformes politiques et institutionnelles" sont une notion caméléon qui vise simplement, par des moyens détournés, à mettre en application à un niveau constitutionnel l'accord séparatiste dit d'Alger. Il s'agit particulièrement de consacrer dans la Constitution du Mali, en faveur des rebelles du nord, l'organisation politique et administrative du Mali sur la base de la régionalisation/fédéralisation politique, ainsi que de créer une seconde chambre parlementaire sénatoriale et budgétivore toujours dans le but de favoriser une minorité ethnique d'hommes en armes au détriment de la très grande majorité des Maliens. En effet, à mon avis, la notion de "réformes politiques et institutionnelles" n'est actuellement autre chose au Mali que la notion contenue dans le titre II intitulé "Questions politiques et institutionnelles" de l'accord dit d'Alger. C'est sur l'application de ce titre II que se concentre en ce moment les efforts des grands acteurs internationaux présents au Mali, à commencer par l'Algérie, l'Europe occidentale et ses satellites, ainsi que la MINUSMA rattachée à l'ONU. Ces acteurs internationaux savent que si la digue constitutionnelle actuelle qui unit les Maliens tombe, ça pourrait être la porte ouverte à la désagrégation du Mali sur le modèle de la fédération du Mali ayant uni le Sénégal et le Soudan durant moins d'un an ou plus récemment de la transformation de l'État unitaire du Soudan en un Sud-Soudan et un Nord-Soudan ayant fini très vite dans l'éclatement de cette construction fédérale artificielle et la création de deux États distincts et indépendants. Je renvoie les Maliens à la lecture du titre II de l'accord d'Alger pour comprendre les enjeux concernant cette notion de "réformes politiques et institutionnelles" et voir comment on essaye de les duper. Car il s'agit encore une fois de duperie à l'égard du Mali et de son peuple. En effet, la faiblesse des dispositions de la Constitution du Mali de 1992 et le lien de cause à effet entre cette faiblesse du texte constitutionnel et les dysfonctionnements observés dans la pratique politique et institutionnelle au Mali sont postulés par certains promoteurs du changement constitutionnel. Ils ne sont jamais démontrés avec intelligence. De même que ce mensonge postulant toujours qu'il existe une unanimité dans la classe politique malienne en faveur du changement constitutionnel, alors que le contenu d'une éventuelle nouvelle Constitution a toujours divisé au Mali. Certes, il existe dans la Constitution du Mali actuellement en vigueur, comme dans dans toutes les Constitutions du monde, des dispositions à améliorer et des nouvelles dispositions à introduire. Mais ces changements doivent être envisagés, débattus et introduits constitutionnellement dans le calme, entre Maliens exclusivement et dans un pays en paix, paix au moins relative, dont l'intégrité territoriale n'est pas menacée. Jamais sous la contrainte des armes des rebelles séparatistes et de la pression politique, diplomatique et économique de quelques grands États de la dite communauté internationale. L'adoption de l'accord séparatiste en Algérie est là pour nous servir d'exemple, pour nous montrer qu'il faut faire attention à l'adoption de textes dont on ignore réellement l'impact à court, moyen et long termes afin de ne pas brader la souveraineté nationale et l'égalité des Maliens et des régions du Mali. C'est surtout aussi à cette vigilance que nous appelle notre Constitution qui stipule très clairement, dans son article 118, notamment que : "La révision n'est définitive qu'après avoir été approuvée par référendum. / Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire." Le principe de réalité doit conduire le gouvernement Choguel et le président de la transition à la conclusion, d'une part, que les Maliens ne veulent pas de l'inscription dans la Constitution du Mali du titre II de l'accord d'Alger et, d'autre part, que les organes de transition qu'ils représentent n'ont pas la compétence juridique de nature constitutionnelle et le pouvoir et la légitimité politiques suffisants pour initier le changement de Constitution au Mali, sans même insister ici sur la condition d'atteinte à l'intégrité du territoire national et d'insécurité qui rend impossible tout processus de révision de la Constitution en ce moment. Au lieu de claironner à longueur de journée qu'il vont "refonder" le Mali, notamment pour attirer de juteux financements internationaux, il faudrait donc que ce gouvernement se concentre sur des sujets sérieux comme la formation, l'équipement et des nouvelles alliances militaires de l'armée nationale du Mali, ainsi que sur l'organisation des élections présidentielle, législatives et locales. Le nouveau régime qui sera mis en place à la suite d'élections au suffrage universel direct poursuivra l'œuvre de refondation du Mali.

F
FATOU TOGO il y a 4 ans

Pour la reconstruction de notre chère patrie nous devons se concentrer sur les choses essentiels pour ensembles bâtir un Mali en paix et réconcilier en un mot un Mali meilleur. Alors tous ensemble main dans la main pour un avenir meilleur pour le Mali.

D
Diawara il y a 4 ans

IL Y A TOUJOURS DES EMPÊCHEURS D'AVANCER MAIS NOUS SAVONS QU'IL Y A DES ENNEMIS DU MALI CACHÉS QUI ŒUVRENT DANS L'OMBRE POUR UNIQUEMENT DESTABILISER PAYS CONSTAMMENT. CONSTITUTION CONSTITUTION ILS N'ONT QUE CE MOT À LA BOUCHE ALORS EN QUOI ÇA LES REGARDENT TOUT CE MONDE QUI S'AGITENT. LE MALI À D'AUTRES PRIORITÉS SI C'EST PAS LA CONSTITUTION. NOUS AVONS CE PROBLÈME DE SÉCURITÉ C'EST PLUS PRIORITAIRE QUE LA CONSTITUTION APRÈS TOUT LE MALI APPARTIENT AUX MALIENS ET TANT QUE NOUS NE LE METTONS PAS EN AVANT LES DIABLOTINS VIENDRONT TOUJOURS INFILTRÉS NOS AFFAIRES INTÉRIEURES QUI NE LES REGARDE PAS CAR NOUS NE NOUS INTÉRESSONS JAMAIS À LEURS AFFAIRES INTÉRIEURES. DONC IL FAUT SE FAIRE RESPECTER POINT BARRE.