samedi 18 avril 2026
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Création de l’organe unique: Choguel persiste et signe

Par Info-Matin 456 vues
Création de l’organe unique: Choguel persiste et signe

Le Premier ministre, Choguel Kokalla MAIGA, a rencontré la classe politique, ce jeudi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), pour échanger sur les réformes politiques et institutionnelles. Au cours de cette rencontre avec les chefs de parti, il a annoncé sa volonté de créer l’organe unique de gestion des élections, et cela, dans le délai prescrit par la transition.

 

«La décision que le Gouvernement voudrait partager avec vous, en espérant avoir l’adhésion massive de la classe politique, c’est de nous donner la main et de nous serrer les coudes pour franchir cette étape », a-t-il sollicité.

S’adressant à ces invités, le PM a rappelé que ça fait 30 ans que les élections sont contestées, avec comme conséquences plusieurs années de crise, des morts, des emprisonnements. Et même souvent les ruptures de l’ordre institutionnel.

D’ailleurs, il a rappelé que le point de départ du changement intervenu en 2020 était précisément la contestation des résultats des élections.

Aussi, notre ancien président (ATT) a dit dans sa dernière interview qu’aussi longtemps que seront d’organisées les élections comme par le passé, il y aura toujours des problèmes.

Pour le chef du Gouvernement de transition, il est toujours difficile de faire des reformes dans les secteurs où il y a un ordre établi, dans les domaines de souveraineté de l’Etat comme l’armée, l’administration, etc.

De son intervention, il ressort que la création d’un Organe unique est une demande claire et précise de la classe politique et de la société civile qui n’a pas n’a pu avoir une suite sous le début de la Transition, parce qu’une décision n’avait pas été prise.

«La décision que le Gouvernement voudrait partager avec vous, en espérant avoir l’adhésion massive de la classe politique, c’est de nous donner la main et de nous serrer les coudes pour franchir cette étape », a-t-il sollicité.

Pour justifier sa décision, le Premier ministre a fait savoir qu’il a demandé à des Maliens qui ont eu la charge d’organiser des élections pendant les 30 dernières années dans notre pays sur la faisabilité de l’Organe unique de gestion dans les délais.

«Quelques jours de réflexions après, ils m’ont donné une réponse positive », a-t-il dit.

Aussi, une séance de travail avec le ministre de l’Administration territoriale et son équipe a abouti à la conclusion générale qu’il faut qu’on aille vers la création de l’Organe unique.

Par ailleurs, il a souligné qu’il y a un atelier qui s’est tenu récemment à l’issue duquel une bonne partie de la classe politique a reconnu la nécessité de la création de l’Organe unique, tout en demandant si cela était possible dans le cadre du respect de la Transition.

Pour lui, la vérité c’est que pendant la première phase de la Transition, l’opportunité n’a pas été donnée d’arbitrer et de trancher sur la question.

Il y a aussi la malheureuse expérience de 1997 qui nous hante tous. A l’époque, nous nous sommes battus pour avoir une Commission électorale nationale indépendante comme aujourd’hui. A la fin, toutes les élections ont été annulées.

«Ç’a a été une catastrophe », a-t-il dit.

«C’est à nous maintenant, classe politique, Gouvernement, administrateurs, organisations de la société civile, autres forces vives de la nation, de déterminer la parcelle d’autorité que chacun doit exercer. Avec comme objectif qu’à la fin des élections, à défaut de toutes contestations, que celles-ci n’aillent pas plus loin que les contestations habituelles », a-t-il poursuivi.

En tout cas, la création de l’Organe unique s’inscrit dans la vision du président de la Transition qui au premier conseil des ministres a indiqué clairement les 5 missions du Gouvernement de transition. A savoir, l’amélioration de la sécurité sur l’ensemble du pays ; les réformes politiques et institutionnelles ; la bonne gouvernance ; la transparence et la réduction du train de vie de l’Etat ; la mise en œuvre intelligente et efficiente de l’Accord pour la paix au Mali issu du processus d’Alger ; l’organisation d’élections crédibles aux échéances prévues.

C’est pourquoi, dès sa prise de fonction, dit-il, il a fait le tour des forces vives de la nation en leur expliquant que la Transition repose sur trois piliers.

«C’est ainsi que nous pourrons baliser le chemin, pour faire réalité les réformes nécessaires à la Refondation du Mali», a-t-il affirmé.

Il s’agira essentiellement, pour Choguel Kokalla MAIGA, de créer les conditions d’une reforme consensuelle des textes permettant de garantir l’érection d’une administration professionnelle et moderne, de réadapter la politique de décentralisation pour une gouvernance locale plus efficiente, de réviser la Charte des partis politiques et la loi électorale afin de mettre un terme aux conflits postélectoraux récurrents.

Il a insisté sur le fait que dans le cadre de la création de cet Organe unique, les administrateurs ne doivent pas avoir l’impression qu’on les soupçonne, qu’on veut leur retirer des pouvoirs. Car, a-t-il reconnu, c’est un corps qu’il faut tout faire à ne pas frustrer.

Enfin, il a affirmé que le gouvernement s’attachera aussi à obtenir une trêve globale (politique, syndicale, sociale) afin de créer un climat d’apaisement, de sérénité et de confiance mutuelle.

PAR ABDOULAYE OUATTARA

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Commentaires (2)

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C
COULIBALY Yacouba W il y a 4 ans

Le confiance est la base de toutes relations fructueuse, quand la confiance fait défaut entre les hommes, les femmes de cette société, rien ne marchera, c’est à ce titre que Choguel doit faire un grand examen de conscience et prendre des décisions qui s’imposent avant qu’il ne soit trop tard. Il doit absolument avoir la confiance de son monde politique qui sont dans la majorité des cas des grands dinosaures et des grands charognards de ce pays. Il est difficile et très difficile que des personnes qui se vues dans les grandes corruptions et des grands détournements du pays aillent confiance à eux-mêmes et se regardent en ******** <sup><font color=#0066FF;>[masqué car insultes interdites sur Malijet !]</font></sup> de faïence. Ils sont tous dans la dynamique qui évoque “qu’il est impossible de confier une chèvre morte à une hyène” en Bamanankan “ka ba chou kalifa souroukou ma, danaya te sè ka bo o kono”. Ce qui reste certain, nous ne sommes pas sûrs que cette relation entre Choguel et les autres politiciens de ce pays aboutisse à une situation fructueuse au terme de cette transition. Nous évoluons réellement vers un autre chaos, cela est indéniable. Car il reste sans aucune équivoque que cette transition sera bâclée en précipitant des élections qui ne serons pas à l’attente du peuple malien, cela facilitera la mise en route d’un autre soulèvement populaire, surtout que le M5-RFP a montré comment procéder pour faire tomber un régime.

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 4 ans

Mieux vaut gérer les discordes, entre les hommes politiques ou entre des membres des forces vives, maintenant en fédérant les solutions afin d'obtenir le consensus pour créer l'organe unique de gestion d'élections transparentes et crédibles que de gérer les discordes qui seront issues des contestations des élections. Les anciennes structures qui gèraient les élections ont été incapables d'organiser des élections incontestables (cf, par exemple, les élections de 2018 et 2020). L'organe unique pour des élections transparentes et crédibles est incontournable pour une adhésion totale des forces vives. Bonjour, Félicitations au gouvernement de transition pour sa volonté d'impulser une gouvernance de rupture et d'exemplarité mais le socle d'une telle gouvernance doit être l'inclusivité et la culture de la confiance. C'est maintenant qu'il faut bâtir cette confiance et impliquer toutes les forces vives, en particulier les parties politiques, au risque de s'opposer à une résistance au moment de la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles. L'organe unique pour des élections transparentes et crédibles est incontournable pour une adhésion totale des forces vives. L'audit et L'hébergement du fichier électoral doivent être faits par des structures indépendantes. N'oublions pas ces éléments pour une transition inclusive et réussie. Dr Choguel Maiga a raison. Que ce soit lui, en tant que PM, ou le M5 RFP, aucune interférence avec la justice n'est tolérable concernant le cas du CNT. En toute indépendance, la justice doit faire son travail. N'est-il pas judicieux de permettre au CNT de continuer à faire son travail, qu'il a jusque là accompli avec dévouement et engagement sincère. On a vu le sans faute réalisé en recevant l'ex PM Ouane pour défendre sa DPG. Dans quelques jours, le nouveau PM, De Choguel, passera devant eux pour le même exercice. Le CNT a montré son utilité en tant qu'organe législatif de la transition en votant, en plus, des lois. Malgré tout faisons attention à la loi amnistiant les auteurs des coups d'État, si elle est validée pendant cette transition, elle risque de générer des soulèvements car on ne peut être juge et partie. En effet, la transition est composée de militaires dans l'exécutif tout comme dans le législatif (au CNT). Donc, valider une telle loi pendant cette période de transition entraînerait des suspicions. Il est mieux, pour sauvegarder la cohésion, d'attendre après les élections présidentielle et législatives de 2022. Ainsi, nous pourrions dès maintenant faire confiance au CNT en lui donnant notre quitus pour le reste de la transition. Soyons positifs et orientés vers l'utilité. Ils (membres du CNT) ont assuré jusqu'ici, ils ont été utiles, faisons-leur confiance. Permettons au CNT de continuer à assurer ses fonctions tout en le remembrant et en renforçant son inclusivité. C'est un compromis dynamique, comme dit Dr Choguel, dicté par le pragmatisme et le contexte de cette transition. Pour plus de justice, les députés de l'ancienne législature doivent quitter le CNT. Avançons ensemble, de façon participative, inclusive et juste (impartiale), l'avenir s'éclaircira de mieux en mieux. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa, Expert TIC, Gouvernance et Sécurité, TEL au Mali : 00 2 23 78731461