Sommet du G5: le malparlage bazoumien
Convoqué à l’initiative de son Président de la république du Tchad, le Général de Corps d’Armée MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO, par ailleurs Président en exercice du G5 Sahel, s’est tenu ce 09 juillet 2021 par visioconférence.
Les Cinq Chefs d’État du G5 sahel, dont le président du Mali le Colonnel Assimi GOITA et celui de la France ont pris part à cette rencontre consacrée à la stabilité dans la région.
L’ordre du jour de ce sommet extraordinaire est relatif à l’urgence de la situation sécuritaire dans la bande sahélienne
Cette urgence s’explique par l’aggravation de l’activisme potentiel du retrait demandé par l’ONU des mercenaires armés étrangers opérant en Libye et la perspective de reconfiguration de la force française au Sahel annoncée par le président Emmanuel Macron. S’agissant de la décision de l’ONU, les Chefs d’État ont demandé qu’un plan ordonné du retrait des mercenaires étrangers de la Libye soit communiqué et que les Nations-Unies et la Libye contribuent pour la sécurisation des frontières des pays membres du G5 Sahel durant cette phase de retrait.
Quant à la reconfiguration du dispositif militaire français au Sahel, le Président français a tenu à préciser qu’elle sera basée sur l’approche coopération-partenariat-réassurance, laquelle s’inscrit dans la logique des décisions du Sommet de Pau en janvier 2020 et celui de N’Djamena en février 2021. Cette approche paraît plus efficace et intègre l’idéologie de la sahélisation et de l’internationalisation de la lutte contre le terrorisme au Sahel.
Convocation de l’ambassadeur du Niger
Suite au sommet du G5 tenu hier vendredi 09 juillet, l’Ambassadeur de la République du Niger au Mali, Mamoudou Moumouni a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye DIOP. Il s’agissait pour le Chef de la diplomatie malienne d’élever une vive protestation suite aux propos tenus discourtois, inamicaux et non fraternels tenus à Paris par le Président de la République du Niger.
Lors de la conférence de presse conjointe tenue ce vendredi à Paris avec son homologue français, le président du Niger Mohamed BAZOUM, à travers une comparaison déséquilibrée, entre le cas du Tchad et celui de notre pays a affirmé de manière discourtoise qu’« il ne faut pas permettre que des militaires prennent le pouvoir parce qu’ils ont des déboires sur le front où ils devraient être et que des colonels deviennent des ministres et des Chefs d’État.
Qui va faire la guerre à leur place ? Ça serait facile qu’à chaque fois qu’une armée, dans nos pays, a des échecs sur le, terrain, elle vienne prendre le pouvoir. C’est ce qui s’est passé par deux fois au Mali : en 2012, les militaires avaient échoué, ils sont venus faire un coup d’État.
Cette année encore 2020, ils ont fait la même chose. Ce n’est pas des choses acceptables ».
Le ministre DIOP a tout d’abord fait part de l’étonnement du Gouvernement malien face à de tels propos et a, en conséquence, élevé, au nom du Gouvernement de la République du Mali, une vive protestation auprès du Gouvernement de la République du Niger.
Selon le communiqué du Gouvernement, le Mali tient à rappeler que le Niger et le Mali, liés par l’histoire et la géographie, ont toujours développé de solides relations d’amitié et de fraternité qui n’appellent qu’à être renforcées. Une telle déclaration va, malheureusement à l’encontre de cet esprit.
En effet, nos deux pays, confrontés aux défis de la continentalité, de la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme, sans compter la crise sanitaire liée à la covid-19, devraient plutôt unir leurs efforts et renforcer leur solidarité dans l’intérêt de leurs peuples.
Enfin, comme si de rien n’était, le Gouvernement tient à réaffirmer son engagement total à œuvrer au maintien et au renforcement des relations sécuritaires entre les peuples nigérien et malien.