lundi 20 avril 2026
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Réformes politiques et institutionnelles au Mali : Des Organisations de la société civile déplore le manque d’inclusivité dans le processus

Par Lerepublicainmali 215 vues

Dans une déclaration rendue publique, le 24 septembre 2021, des organisations de la société civile regroupées au sein de la « Synergie 22 », ont dénoncé le manque d’inclusivité des reformes politiques et institutionnelles amorcées par le gouvernement de la transition au Mali. Selon la Synergie 22, ses représentants n’ont pas eu accès à la salle du Centre International de Conférences de Bamako (CICB), le 24 septembre 2021, où s’est tenue la table ronde sur l’Organe Unique de Gestion des Élections et les travaux de validation des Termes de Référence de l’avant-projet des assises nationales de refondation en vue. Dans sa déclaration, la Synergie 22 a indiqué que «cette situation dénote d’une volonté manifeste d’exclure certains du processus des réformes qui souffre déjà d’un manque d’inclusivité ».

Dans cette déclaration, la SYNERGIE 22 des Organisation de la Société Civile (OSC) du Mali prône une véritable inclusivité dans les réformes. « Dans le cadre des consultations en prélude aux réformes politiques institutionnelles et électorales annoncées par le gouvernement de transition, une audience avait été accordée par le Ministre de la Refondation de l'État, chargé des Réformes avec les Institutions à la Synergie 22 le Mercredi 7 Juillet 2021. Cette rencontre représentait pour notre organisation un gage d’espoir vers des reformes inclusives et participatives. La démarche qui était, en plus, salutaire pour nous, s’inscrivait dans une dynamique de recherche de consensus avec les organisations de la société civile, acteurs incontournables dans la réussite des réformes politiques et institutionnelles envisagées par les autorités actuelles de transition », révèle la déclaration de la Synergie 22. Les échanges du jour, indique la Synergie 22, s’étaient essentiellement focalisés sur le projet de l’Organe Unique de Gestion des Élections (OUGE) pour une bonne organisation des échéances électorales à venir. A l’issue de la discussion, ajoute la Synergie 22, le Ministre a promis que ce travail se fera dans un consensus entre le gouvernement et l'ensemble des acteurs. «Ce vendredi 24 septembre 2021, grande fut notre surprise quand les représentants de la Synergie 22 se sont vus refuser l’accès à la salle du Centre International de Conférences de Bamako (CICB) où s’est tenue la table ronde sur l’Organe Unique de Gestion des Élections et les travaux de validation des Termes De Référence de l’avant-projet des assises nationales de refondation en vue », précise la Synergie 22. Selon des organisations de la société civile, cette attitude des organisateurs de la table ronde, plus qu’étonnante, d’un évènement d’une telle dimension nécessite l’adhésion affluente et totale de toutes les filles et de tous les fils du pays, sans exclusion aucune. « Nous nous interrogeons notamment sur la cohérence et la sincérité de nos autorités à impliquer toutes les parties prenantes au processus en cours malgré les lectures divergentes de celle-ci sur la marche controversée de la transition. Au regard de cette situation qui dénote d’une volonté manifeste d’exclure certains du processus des réformes qui souffre déjà d’un manque d’inclusivité, la Synergie 22 rappelle au gouvernement malien quelques recommandations majeures formulées en août 2021 : Que les réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives et l’organisation des élections générales annoncées soient accélérées ; Que les missions de la Transition soient axées principalement sur les actions de fin de Transition, à savoir l’organisation des élections présidentielle et législatives », souligne la Synergie22. En outre, la Synergie 22 recommande au gouvernement d’intégrer, dans la Loi électorale, la publication en ligne des résultats des scrutins par centres et bureaux de vote, au fur et à mesure de la proclamation des résultats ; de revoir à la hausse le nombre actuel de 147 députés déterminés suivant le recensement administratif de 1996, en prenant en compte les chiffres du dernier recensement de la population ; de changer le mode de scrutin actuel (majoritaire uninominal ou plurinominal à deux tours) pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale en un mode de scrutin proportionnel ; de créer les circonscriptions électorales des nouvelles régions pour leur permettre de prendre part aux élections de fin de transition ; de consacrer la création d’un organe indépendant et unique de gestion des élections (OGE) dans la Constitution et la Loi électorale, dans un souci de cohérence et d’efficacité technique et financière. Fidèle à sa mission de veille citoyenne et d’alerte, la Synergie 22 précise qu’elle reste engagée pour une transition réussie dans le délai prescrit.

A signaler que la Synergie 22 est composée de l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance au Mali (OBSERVATOIRE) ; de l’Association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie (AJCAD) ; de DONIBLOG (la communauté des Bloggeurs du Mali) ; du CONSORTIUM ELE-Citoyenneté Droits Humains Inclusifs et de Tuwindi.

Aguibou Sogodogo

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Commentaires (1)

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K
Kassin il y a 4 ans

Stratégie et défense nationale, Choguel et la transition Militaire sont-ils en train de perdre une occasion en or pour sécuriser le Mali? I. Rapport de forces et références historiques 1. A l’international On ne peut pas parler de stratégie dans un conflit armé sans évoquer l’épisode de la crise des missiles de Cuba en octobre 1962. Le président Kennedy était face à un choix cornélien quand l’union soviétique de Nikita Khrouchtchev décida après l’échec du débarquement de la baie des coc..hons contre le régime de Fidel Castro, d’installer des missiles nucléaires sur l’île de Cuba à 200 km seulement des côtes de la Floride aux USA. Face à cette menace grave sur la sécurité des États-Unis, Kennedy devrait choisir entre l’affrontement (donc prendre le risque de la responsabilité d’une guerre nucléaire qui serait probablement la 3ème guerre mondiale entre le bloc soviétique et le monde occidental) ou procéder à un blocus maritime autour de l’île de Cuba pour empêcher les navires de guerre soviétique d’approvisionner l’île en engins nucléaires (et de ce fait obliger Khrouchtchev à déclencher la guerre nucléaire et à en prendre la responsabilité devant l’histoire ou renoncer à approvisionner l’île et se faire ridiculiser). La suite est connue, Khrouchtchev demanda, in extremis, à ses navires de faire demi tour contre la promesse américaine de ne pas envahir Cuba. Promesse tenue jusqu’au aujourd’hui. Mais l’épilogue de cette crise a été un grand succès pour le jeune président Kennedy face au vieux Khrouchtchev. 2. Le cas d’espèce du Mali Dans les rapports de forces entre les pays africains indépendants et la France, la balance a très souvent été du côté de la France depuis 1960. Illustration: Quand le président Modibo Keïta a fait sa réforme monétaire en août 1962 pour sortir de la zone franc et du franc CFA, il fut contraint en 1967 de renégocier en position de faiblesse (avec à la clé une dévaluation de 50% du franc malien face au franc cfa) pour réintégrer la zone franc. Et en novembre 1968, il fut renversé par une junte militaire dirigée par le Lieutenant Moussa Traoré, formé en France. En 1984 le régime du Général d’armée Moussa Traoré, a finalement abandonné le franc malien au profit du franc cfa. 6 ans plus tard, le président Moussa Traoré a dit à Mitterrand en 1990 que “la démocratie n’est pas une camisole de force” et qu’il va “mettre le Mali à l’école du Japon ». En mars 1991 il a été renversé par un coup d’état par ATT qui rentrait d’une formation en France. Alpha Oumar Konaré a dit qu’il n’ira pas accueillir Jacques Chirac, président français à Dakar. Selon lui, Chirac doit venir à Bamako s’il veut parler aux dirigeants Maliens. Cela fut perçu comme un affront à l’Élysée et Alpha a été obligé de louer les bons offices d’Oumar Bongo, le président du Gabon pour se réconcilier avec Chirac. En 2011, ATT a refusé vertement de soutenir la croisade de Nicolas Sarkozy contre Kadhafi contrairement au sénégalais Abdoulaye Wade. En janvier 2012, la rébellion Mnla éclata au nord du Mali et en mars 2012, ATT fut renversé par la junte militaire du capitaine Amadou Aya Sanogo. Le président Macron a décidé de visiter les troupes françaises à Gao sans passer par Bamako et obliger IBK d’aller l’accueillir sur le tarmac de l’aéroport de Gao à plus de 1000 km de Bamako. Le déroulé de l’histoire montre clairement qu’entre les dirigeants maliens et les dirigeants français c’est une affaire du pot de terre contre le port de fer et c’est visiblement les dirigeants maliens qui sont le pot de terre dû à la situation socio économique de notre pays mais aussi à la myopie stratégique de nos dirigeants successifs. II. Pourquoi Assimi et Choguel avaient une chance de renverser la vapeur face à Macron? 1. Les objectifs affichés du Mali : Le Mali veut juste vivre en paix dans un état unique et indivisible de Kayes à Kidal. Depuis la punition de Sarkozy contre ATT, cet objectif simple au prime abord, est devenu le serpent de mer des dirigeants maliens. 2. L’inefficacité apparente de Barkhane et de la Minusma dans la sécurisation du Mali: L’insécurité s’étend chaque jour du nord au sud du pays en passant par le centre en dépits de 5000 soldats de Barkhane et 13000 de l’ONU au point qu’aucune localité du Mali ne connaît actuellement une sécurité totale. Ça n’existe plus. 3. Les moyens mis en œuvre par les gouvernements successifs du Mali pour remettre l’armée malienne d’aplomb peinent à reconstruire une vraie armée combattante. L’armée malienne est plutôt sur la défensive dans la plupart des situations de combat et se fait régulièrement surprendre par des mines anti personnelles et des embuscades voir des attaques frontales de ces positions avancées ou isolées. 4. Un manque criard de renseignement sur les terroristes et leurs tanières (bases arrières, circuits d’approvisionnement en vivres, en carburant et en armes, camps d’entraînement, réseaux de recrutement, aires ou entrepôts de stockage ou zone de caches d’armes et de logistique divers, etc. 5. Inadaptation de l’armée malienne à la guerre asymétrique: Insuffisance logistique de l’armée surtout dans le redéploiement aérien et l’assistance aérienne aux combats et au renseignement 6. Forte corruption dans la chaîne de commandement et gestion financière et matérielle et gestion des ressources humaines très approximatives et budgétivores de l’armée malienne 7. Absence d’appuis des forces étrangères (Barkhane, Takouba, Minusma) pour neutraliser les terroristes du centre et du sud du Mali notamment dans la zone du pays dogon, la zone de Tenekou et Djenné, la zone Office du Niger (niono, Dogofry, Farabougou, Kolongo, Macina, etc) Au vu des 7 points ci-dessus, le gouvernement transitoire de Choguel pouvait mettre dans la balance la possibilité de faire intervenir d’autres partenaires ETATIQUES comme la Chine; l’Afrique du sud; la Russie et la Turquie pour renforcer son front sud et central face à la flambée de l’insécurité dans le pays et le faire savoir clairement par écrit dans une lettre officielle motivée au gouvernement français et au conseil de sécurité de l’ONU. En procédant ainsi, Assimi et Choguel pouvaient contraindre Macron de faire son choix entre quitter le Mali ou s’engager vraiment à apporter plus d’appuis aux forces armées maliennes au centre et au sud pays soit par du renseignement indispensable sur les terroristes et leurs agissements soit par l’assistance aérienne pour les traquer partout qui font défaut cruellement à l’armée malienne à bien des égards. A l’état actuel des enjeux sécuritaires du Sahel, Macron n’allait pas choisir de partir sauf à prendre le risque de donner la possibilité à d’autres pays d’avoir plus d’influence que la France au Mali et se prendre la mouche ensuite aux élections présidentielles françaises d’avril et Mai 2022. Ce qui le mettrait devant un choix cornélien et dans une posture comparable à celle de Nikita Khrouchtchev en octobre 1962. Donc il serait obligé de se plier pour apporter plus de soutien légitime à l’armée malienne là où elle est actuellement en grande difficultés sur le terrain. III. Pourquoi Assimi et Choguel sont en train de perdre cette chance inouïe qu’ils avaient de faire plier stratégiquement Macron? D’abord il se sont mis naïvement dans une posture de réactionnaires de la rue qui font d’eux des sortes de rebelles récalcitrants voulant flirter dangereusement avec des groupes privés paramilitaires assez nébuleux et énigmatiques. Ensuite, les joutes verbales inopportunes à l’ONU « abandon en plein vol » alors que les soldats français ne sont pas encore partis du territoire malien: ne constitue pas un argument crédible et valable aux yeux des observateurs internationaux sérieux. Ensuite la surenchère à Bamako « le peuple malien n’a jamais été ingrat » en réponse aux déclarations fortes de la ministre française des armées, Florence Parly, au sénat français: « inacceptables» ; « indécent», pour qualifier les propos de Choguel à l’ONU. Florence Parly n’a pas parlé du «peuple malien » au sénat français, comme Choguel veut nous faire croire. Elle a commenté les propos de Choguel à l’ONU. C’est différent. Voilà ce qu’elle a dit: https://youtu.be/0LPbRBijZRM Ces faits montrent clairement qu’on est rentré dans une logique d’affrontement diplomatique avec ceux-là mêmes qui sont censés nous aider pour obtenir notre objectif de vivre en paix dans notre pays, sécurisé un et indivisible. Le risque pour nous maliens dans cette logique d’affrontement diplomatique avec la France est une fâcheuse exacerbation du cafouillage sécuritaire sur notre sol et surtout un discrédit international et un isolement sur la scène internationale car nous sommes en position historique de faiblesse face cette France qui a plus de moyens diplomatiques, financiers et militaires pour nous mettre en posture du pot de terre dans beaucoup de domaines vitaux pour notre cher pays. Et après près de 10 de crises aiguës qui ont eu raison de tous les fondements de notre pays et de sa nation, notre enclavement au sein de l’Afrique occidentale sans accès à la mer, nous met une pression supplémentaire dans cette posture du pot de terre contre le pot de fer. Soyons plus astucieux, calmons le jeu et rabattons les cartes de la stratégie et sortons de la posture réactionnaire « Aeemiste » pour nous assurer une position plus confortable et plus responsable face à Macron et aux autres partenaires internationaux et faisons tout pour fédérer toutes les synergies autour du Mali et pour le Mali mais jamais contre le Mali. Que Dieu veille! Salute