mardi 21 avril 2026
Contact
Malijet

Les Wagner arrivent au Mali. Panique à bord. Les Européens avertissent : c’est eux ou nous

Par Bruxelles 267 vues
Les Wagner arrivent au Mali. Panique à bord. Les Européens avertissent : c’est eux ou nous

Ce n’est plus aujourd’hui une hypothèse, c’est désormais une certitude. Le groupe russe privé Wagner arrive au Mali. En nombre important. Une arrivée dénoncée par une quinzaine de pays de l’Union européenne et de l’OTAN. Elle pourrait remettre en cause les missions EUTM Mali et task force Takuba.

 

La mission de formation EUTM Mali comme la mission d’accompagnement Task-Force Takuba sont menacées directement par l’arrivée des Wagner.
Les Européens s’étaient fixés, dès fin septembre, une ligne rouge très claire, dénonçant l’arrivée des Wagner dans des termes assez équivalents à cette déclaration (lire : Les Wagner dans l’interstice malien. Une ligne rouge pour les Européens)

On assiste au même phénomène qu’en République centrafricaine, avec un enjeu très clair : la fin ou la suspension de certaines activités de formation menées par les Européens (lire : Face à Wagner en Centrafrique, l’Europe se retire. Russie : 1 point)

Le sujet sera évoqué directement par les ministres de la Défense de l’UE lors de leur réunion informelle de Brest mi-janvier (lire : Wagner, spatial et boussole stratégique, à l’agenda de l’informelle défense de Brest).

L’arrivée des Wagner dénoncée par quinze pays

Plus de 1000 personnels russes pourraient être déployés sur le terrain (formateurs et personnel de soutien). Une arrivée que dénoncent, dans une déclaration où les mots sont assez clairs pour qui les lit précisément, une quinzaine de pays membres de l’Union européenne et/ou de l’OTAN (1).

« Nous condamnons fermement le déploiement de mercenaires sur le territoire malien. Ce déploiement ne peut qu’accentuer la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique occidentale, mener à une aggravation de la situation des droits de l’homme au Mali. »

NB : tous les pays signataires participent de près ou de loin à la task force Takuba ou sont impliqués dans la Minusma. On remarquera trois absents notoires dans cette liste : l’Espagne, la Hongrie et la Grèce.

Un fait avéré

Cette assertion n’est pas faite au « doigt mouillé ». Elle se base sur des faits objectifs, observés et vérifiés sur place. Tout d’abord, la construction d’un camp sur l’aéroport de Bamako. « Des installations, de type militaire, ont été mises en place de manière urgente sur l’aéroport de Bamako, permettant l’accueil d’un chiffre significatif de mercenaires », indique un diplomate lors d’un briefing fait à quelques journalistes (dont B2). Et l’arrivée est imminente. On a observé aussi des « commandes de nourritures en grosse quantité. En général, cela signifie que l’on prévoit de les accueillir à brève échéance ».

L’implication des forces russes

L’ensemble de l’opération a « fait l’objet de transferts aériens impliquant les forces armées russes et a été supervisé localement par des opérateurs de Wagner », poursuit notre interlocuteur. Des rotations en nombre « assez significatif » pour dire qu’un « déploiement de Wagner est en cours ». Il n’y a « pas d’étanchéité entre ce que font les forces armées russes et le groupe Wagner ». Un point dénoncé très clairement par l’ensemble des pays signataires (2).

Un financement malien et par concessions minières

Ce contrat a donné lieu à un versement des autorités maliennes. Le chiffre de 10 millions $ par mois (mentionné par les autorités américaines dans un précédent communiqué) n’est pas confirmé officiellement. Mais les Quinze dénoncent la décision des autorités de transition maliennes « d’utiliser des fonds publics déjà limités pour rétribuer des mercenaires étrangers ». Du côté français, on assure aussi avoir « identifié la présence de géologues russes » dans la région, « en lien avec cette implantation » de la société Wagner.

Un gros point d’interrogation sur la suite des missions

Cette arrivée pourrait remettre sérieusement en cause les opérations menées sur place qui ont une visée de formation des forces armées maliennes (FAMA), que ce soit la mission de formation de l’Union européenne EUTM Mali ou la task-force Takuba.

Une position en forme d’ultimatum aux autorités maliennes

La position des Quinze est « forte », commente un diplomate français. Qui dénonce « l’incompatibilité » de l’arrivée des Wagner avec tout ce qui a été engagé par les Européens que ce soit directement — au travers de la mission de formation EUTM Mali, du soutien aux forces armées, via la facilité européenne de paix (lire : 24 millions € pour les forces armées du Mali) — ou en coalition — via la task-force Takuba ou l’opération Barkhane. L’objectif de la déclaration est clair : « prendre acte de ce changement et demander aux autorités maliennes de faire les choix ».

La coopération continue … pour le moment

Sur la suite, cela parait plus flou. Pour l’instant, la coopération avec les forces armées maliennes se déroule « bien », assure une source française. C’est « la base de notre action ». Mais assurément, « le jour où nous ne serons plus en mesure de remplir la mission qu’on s’est fixée [la mission anti-terroriste], cela remettra les choses en question ».

Des forces françaises sur le départ ?

La présence internationale au Sahel « existe depuis le début de l’intervention française en 2013, à la demande des autorités locales », explique un diplomate. C’est un élément factuel de base « qui reste vrai aujourd’hui ». Sous entendu, quand le gouvernement local demandera aux forces françaises de partir, elles le feront.

Commentaire : l’arrivée des Wagner a d’abord été déniée, puis sous-estimée. Elle est aujourd’hui avérée. Certes les Européens disposent d’une capacité de riposte assez massive, via le soutien financier et le soutien militaire. Ils ont même renforcé récemment cet arsenal en mettant en place un cadre possible de sanctions (lire : Mali. Les empêcheurs de démocratie pourront être sanctionnés).

Mais on a aussi vu que la notion d’ultimatum, pratiquée avec les Africains, était à double tranchant. Ce qui s’est passé en Centrafrique le montre. Il y a cependant des différences nettes : l’évolution au Mali est autrement plus rapide qu’en Centrafrique où il a fallu quatre ans à Wagner pour ‘expulser’ les Européens (lire : Centrafrique. La présence russe et du groupe Wagner menace l’avenir des missions PSDC (EUTM, EUAM). Il y a une junte militaire au pouvoir arrivée par un coup d’État (et non une élection). Et les Africains d’Afrique de l’Ouest (la CEDEAO) ont condamné vertement cet acte. Et l’enjeu est autrement plus important pour les forces françaises et européennes.

Le Mali comme le Sahel est un point central de la présence militaire française et européenne, tant en termes opérationnels que de stratégie de sécurité. La présence russe n’est donc pas du tout fortuite. C’est une bataille de pouvoirs à laquelle on assiste au Mali, qui pourrait déborder rapidement sur les pays voisins (Burkina Faso en particulier, Niger également).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Partager:

Commentaires (3)

Laisser un commentaire

O
Ozirris il y a 4 ans

Certains occidentaux et leurs complices sahélien ont transformé l'affaire Wagner est devenue une campagne d'acharnement, d'intox, de defamation et de dénigrement dont le but est de diaboliser et d'isoler le Mali "diviser pour régner". C'est toujours cette mentalité de colons en mission civilisatrice pour éclairer, sauver, assister les Africains. Nous avons compris, laissez nous souffrir et mourir dans la dignité. La situation s'empire malgré 10 ans de présence militaire française. C'est donc naturel de se retourner vers des partenaires que nous savons fiables, sincères, efficaces...La coopération historique entre Mali et l'URSS commença vers 1960 et continue avec la Russie, plusieurs milliers d'officiers et étudiants maliens sont formés en Russie. Cette coopération se renforce davantage, la preuve: achat récent d'hélicoptères et autres matériels de guerre russes, présence de militaires, instructeurs et techniciens du ministère de la défense russe. Acceptons les soutiens sincères et restons reconnaissants, unis et solidaires, c'est à nous Sahéliens de faire cette guerre qui est la conséquence des détournements, corruption et mauvaise gouvernance, mais aussi l'intervention militaire de l'Occident en Libye, Iraq, Syrie, etc.

D
dembele il y a 4 ans

Si ces pays Européens sont Sérieux, dignes et s'ils se respecte, ils doivent plier leurs Bagages et rentrer Chez eux, surtout avec le choix du vaillant peuple du Mali, par la venue de Wagner d Sérieux et vaillant peuple de Russie. OUI depuis le Vendredi 29septembre 2021, aux yeux du monde, le peuple souverain du Mali crée par Allah/Dieu, ce peuple a dit Adieux à la France de Macron ainsi qu’à tous les Etats ou Organisations, prostitués à la France : CEDEAO- UE-Accord d’Alger-G5-UA…..les tueurs et les seuls terroristes du peuple souverain et digne du Mali de l’Afrique. Alors mort à la france de Macron et à toute sa clique contre le vaillant peuple du Mali. Mort à la CEDEAO et sa clique contre le peuple du Mali depuis 2013. Mort à la CMA et sa clique contre le peuple du Mali digne de nos ancêtres. Mort aux ennemis intérieurs et extérieurs du Vaillant peuple du Mali. Honte à la france de Macron, honte aux vulgaires du Mali et à toutes leurs descendances où qu’ils se trouvent prostitués à la France. Honte à la CEDEAO-CMA-Accord d'Alger-G5 … et autres pays ennemis invétérés du peuple du Mali. Le plus urgent pour le peuple digne du Mali reste la venue de Wagner du Vaillant et sérieux peuple de Russie. Si la Criminelle et Sanguinaire CEDEAO de la France est vraiment Séreuse, Crédible aux yeux du monde, Elle doit Radier, le Mali tout entier de ses effectifs de 15 pays membres. Vive les sérieux Peuple de : Russie-Chine-Iran-Corée- Japon-Maroc-Algérie-Syrie……des pays sérieux, d’honneurs et de Dignité Humaine…

Z
Zié il y a 4 ans

Vous avez dit que votre présence est incompatible avec celle des russes, maintenant qu’ils sont là, Ivan et sa troupe, alors il ne vous reste qu’à plier bagages. Les actes parlent mieux. Le Mali appartient aux maliens.