mardi 21 avril 2026
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Le retrait du Mali : Une certaine défaite française !

Par L'Aube 389 vues
Le retrait du Mali : Une certaine défaite française !

L’opération phare de la France au Mali, Barkhane, et son pendant européen la task force Takuba se terminent en queue de poisson. Ce n’est pas une débandade militaire. Mais c’est une défaite politique inestimable. Et un gâchis formidable. L’arrogance, le côté donneur de leçons — même justifié sur le plan des valeurs —, ne sont plus supportés en Afrique. Les Européens, et surtout les Français, vont devoir changer de logiciel.

 

les quatre erreurs de Paris

Le départ des militaires français du Mali est dû, selon les dires officiels, au refus de la transition démocratique des Maliens. Mais c’est la décision de la junte militaire de bloquer le renouvellement des effectifs de Takuba, de limiter certains mouvements aériens (drones, avions…) qui est le déclencheur de la décision prise par l’Élysée.

Savoir partir à temps

Ce départ est tout d’abord l’illustration d’un défaut de certaines opérations militaires : le refus de passer à la stratégie de sortie. En Afghanistan hier, au Mali aujourd’hui, il y a toujours une excellente raison pour rester. Ce n’est pas que la stratégie de sortie n’a pas été réfléchie ; elle n’a pas été mise en œuvre. L’erreur n’est donc pas de partir maintenant, mais de ne pas avoir décidé de partir avant (1). La tête haute. De son propre gré.

Une certaine ambiguïté

Depuis le coup d’État au Mali, surtout le deuxième, et la condamnation intensive de celui-ci par le pouvoir français, il y avait une réelle ambiguïté. Comment rester dans un pays dont on estime le gouvernement dirigé par des militaires « non légitime » et « illégal » ? Comment continuer à coopérer de façon politique et militaire avec une armée dont on estime les Chefs justiciables de la prison ? La situation n’était ni politiquement ni éthiquement tenable.

Un zeste d’arrogance

Les Maliens, malgré tous leurs défauts, sont un peuple “gentil”. Il n’était pas nécessaire de les insulter publiquement comme l’ont fait, tour à tour, le gouvernement français, Emmanuel Macron, en tête, secondé par la ministre des Armées, Florence Parly, et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Ces propos, même justifiables sur le fond, ne se disent pas entre États qui se respectent. Ils ont fait beaucoup de mal sur place (2). D’autant que la France, comme les Européens, étaient beaucoup moins diserts sur d’autres zones.

Un double standard évident

Sur le plan de l’éthique démocratique dans le monde, la France et les Européens ont, en effet, une attitude contrastée. On tolère largement un régime autoritaire, semi-militaire en Égypte, en Arabie saoudite (qui mène une guerre sanglante au Yémen), aux Émirats arabes unis (à qui on déroule le tapis rouge). On murmure à peine quand un fils succède à son père au Tchad, au mépris des règles constitutionnelles (ce qui s’appelle en termes juridiques un « coup d’État »). Mais on mène une offensive violente verbalement quand cela se passe à Bamako. L’argument du double standard (souvent évoqué à tort) trouve là un fondement objectif.

 Quelques leçons à retenir

Le départ des militaires français n’est pas un simple fait conjoncturel. Il pourrait laisser certaines traces.

 Un signal politique puissant

Ce repli sous la pression est la pire chose qui pouvait arriver à l’armée française et à la volonté française de puissance. C’est un signal politique puissant, désastreux. C’est la première fois depuis l’Algérie et l’indépendance, que les troupes françaises sont obligées de partir car un gouvernement local les met à la porte. On peut dire : c’est à cause de Wagner, du coup d’état, etc. Mais chacun gardera en mémoire que les Maliens ont réussi, sans tirer un seul coup de fusil, à faire partir une des armées les plus puissantes au monde. La symbolique n’est pas mince.

 Un mouvement de fond

Ce qui se passe au Mali n’est pas singulier. Cela ressemble à un mouvement de fond plus large. Partout en Afrique, surgit une revendication de souveraineté, d’assurer son propre contrôle de sécurité, d’indépendance. Cela se passe en Centrafrique (3), en Libye, en Somalie… (4). L’Union africaine elle-même ne veut plus se voir imposer des déclarations clés en main, comme dans le passé, où les Européens mettent ce qui les intéressent (la lutte contre l’immigration par exemple), alors que la priorité pour les Africains est ailleurs, dans la liberté de circulation, le contrôle de leurs ressources naturelles, des investissements. (5).

 Une semi-échec militaire

Certes l’opération d’origine, Serval, déclenchée en 2013, a été un succès : repousser les rebelles venus du Nord sur leur réduit. Mais l’opération suivante, Barkhane, se termine par un sentiment beaucoup plus mitigé. Sans réussite. Elle n’a pas réussi à vaincre les rebelles, terroristes et djihadistes. Au contraire. Tel un hydre qui renaît sans cesse, plus les Français « neutralisent » (terme poli pour dire « tuer ») de rebelles et terroristes, plus ils suscitent l’hostilité et des recrutements. Leur nombre est estimé au même chiffre qu’en 2013. Et la vague du terrorisme s’est étendue aujourd’hui sur une zone beaucoup plus vaste, du Nord vers le Centre du Mali, et jusqu’aux pays voisins (Bénin, Togo, Niger…). On peut donc parler d’un semi-échec militaire (6).

 Comment mener une opération réellement anti-terroriste

Une réflexion doit naître sur la façon de mener des opérations anti-terroristes à l’étranger. Est-il nécessaire d’avoir une empreinte militaire aussi importante (5000 hommes) ? Une opération, plus légère, avec des moyens plus adaptés, davantage d’enquêteurs, policiers et gendarmes, aux côtés de leurs homologues maliens ne serait-elle pas finalement plus efficace, plus acceptée car plus discrète ? N’y a-t-il pas un moment où il faut savoir s’engager dans une ‘négociation’ avec certains groupes, plutôt que de marteler : « on ne négocie pas avec des terroristes » ?

La fin d’une époque expéditionnaire ?

La fin de Barkhane en 2022 — à l’image de la clôture de l’opération de l’OTAN en Afghanistan en 2021 — signe peut-être la fin d’une époque, le glas des interventions occidentales qui s’enkystent dans le paysage national, sous prétexte de lutte anti-terroriste, et dont on ne connait plus vraiment ni la temporalité ni l’objectif recherché. Elle pourrait aussi avoir des répercussions au niveau européen. Quand la France sollicitera ses alliés pour l’aider dans une opération nationale, ceux-ci y réfléchiront peut-être à deux fois, en demandant des garanties plus solides. Elle pourrait aussi remettre en cause la façon de mener des opérations en coalition, et non pas dans le cadre d’une organisation. Elle est donc loin d’être anodine.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Sur ce point les opérations européennes plus légères — souvent critiquées plus cela — procèdent d’un esprit plus méthodique. Quand EUFOR Tchad s’implante dans l’Est du Tchad en 2008 c’est pour un an. Et le délai est respecté à quelques mois près, avoir avoir stabilisé la zone (Lire : L’opération militaire de stabilisation à l’est du Tchad et en RCA « EUFOR Tchad RCA » (28 janvier 2008 – 15 mars 2009). Idem quelques années plus tard avec l’opération EUFOR RCA centrée sur la ville de Bangui. Avec un certain succès finalement, et des moyens très limités (quelques centaines d’hommes).

Outre l’idéologie, la politique, il y a comme une blessure, personnelle, chez certains responsables politiques maliens, francophiles. Lire : Le Mali est souverain. Nous avons le droit de faire nos choix de sécurité (Entretien avec Abdoulaye Diop). L’Allemagne qui est le premier partenaire économique de la région (devant la France) a eu un comportement beaucoup plus équilibré, et sûrement moins outrancier. Un peu plus d’humilité ne nuit jamais à la puissance. 

La même revendication existe dans la Corne de l’Afrique, ou le Golfe de Guinée, où les Européens veulent lutter contre la piraterie là où les Somaliens ou Sénégalais font face à un phénomène de ‘pillage’ de leurs eaux et de pêche illégale. Lire : L’Indo mais pas le Pacifique. L’Europe revoit son ambition maritime à la baisse. L’opération Atalanta reconfigurée ?

Le durcissement des Européens sur l’immigration doit aussi être analysé comme un des facteurs de cette revendication africaine. Lire : C’est l’heure des ‘au revoir’ pour Federica Mogherini. Succès, demi-satisfactions, et petite colère

Les soldats français morts au Mali ne sont pas morts “pour rien” comme le disent certains. Ils ont durant ces années réussi à maitriser le risque sur le pays.

Nicolas Gros-Verheyde

(B2)

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Commentaires (3)

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D
Diawara il y a 4 ans

C'EST LORSQUE QUELQU'UN SE BAT QUE L'ON PARLE DE DÉFAITE MAIS PRÉSENTEMENT LES FORCES ÉTRANGÈRES BARKHANE TAKOUBA ET MUNISMA ÉTAIENT OCCUOER À PILLER DES RESSOURCES C'EST ÇA LEUR VRAI BUT AU MALI. N'ALLONS PAS CHERCHER LOIN. SI VOUS VOYEZ MACRON ET SES MINISTRES DEVENUS DU COUP ÉNERVÉS ET REMUER CIEL ET TERRE MOBILISER LE MONDE ENTIER CONTRE LE MALI C'EST QU'ILS ONT COMPRIS QU'ILS SONT EN PERTE DE VITESSE ET QUE QUELQUE CHOSE VIENT DE LEUR ÉCHAPPER. VOUS SAVEZ DANS LA VIE LORSQU'ON EST PAS SINCÈRE AVEC SON PARTENAIRE ON PERD TOUT. TOUTES CES FORCES UNIQUEMENT POUR PILLER SINON COMMENT EXPLIQUER LA PRÉSENCE DE PLUS DE TRENTE MILLE HOMMES SUR NOTRE SOL ET QUE LES CIVILS INNOCENTS CONTINUENT À ÊTRE MASSACRÉS C'EST INCROYABLE INADMISSIBLE ET INCONCEVABLE. AUJOURD'HUI LA VÉRITÉ ÉCLATE ET L'ON VEUT CONTINUER À MANIPULER ET VOULOIR TROMPER LES GENS. S'EN EST FINIT DES MENSONGES ET CRIMES MAINTENANT C'EST LE MOMENT DES POURSUITES JUDICIAIRES ET NOUS DEVONS NOUS Y ATTAQUER ET VITE.

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 4 ans

APPEL A la France, au G5 sahel, a Takuba et a la Coalition pour le sahel En 2021, un internaute m'avait e'crit ceci : Merci Docteur. Ce constat est réel (MAIN MISE, par la France, le G5 sahel, Takuba et la Coalition pour le sahel, SUR L'INITIATIVE G7 sahel devenue G5 sahel par la non adhe'sion de l'Algerie et de la Lybie, ET la coalition re'gionale et Internationale de lutte contre le terrorisme dans la zone Sahel, qu'il integre), et il fallait s'attendre à la récupération du G5 Sahel. Maintenant, on peut plutôt parler de G5-France. Il fallait dénoncer ce danger a temps. Maintenant, c'est difficile de redresser le G5 Sahel ... mais c'est possible. Re'ponse de : Dr ANASSER AG RHISSA, 12 Juin 2021 Bonjour, Merci Anonyme de votre réaction et du fait d'être d'accord avec cette alerte et cette réclamation de ma paternité du G5 Sahel et de la coalition régionale et internationale de lutte contre le terrorisme dans la zone Sahel. Dés la proposition en 2010/2011/2012 des termes de références de cette initiative G5 Sahel incluant la proposition de création de la coalition régionale et internationale de lutte contre le terrorisme dans la zone Sahel, j'avais alerté contre les tentatives potentielles de récupération de ces initiatives (G5 Sahel et la coalition régionale et internationale associée pour la lutte contre le terrorisme dans la zone Sahel). Je demande, a la France, au G5 sahel, a Takuba et a la Coalition pour le sahel, réparation et dedommagements pour résistance abusive et refus de répondre à mes requêtes. Bien cordialement Dr Anasser AG Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité TEL 00 2 23 78731461 TEL 00 2 27 81204817

S
Seydou il y a 4 ans

La 1ère erreur de la france c'est d'être liée aux rebelles de MNLA dès le début . Toute c'est histoire de rébellion ,de terrorisme l'origine c'est le MNLA. MNLA n'a jamais rompu avec Ag ghali.Ils sont lié par le sang des soldats Malien mutilés à Aguelock.MNLA est rebelle la nuit et terroriste le jour .la France l'a bien compris .son objectif était de diviser le Mali. Les Russes forment et équipent les famas.Si les terroriste ou les rebelles les attaquent ils ripostent .Ils n'ont pas de lien avec ghali ,koufa ou le MNLA. ils sont venu aidé les forces régulières, le gouvernement et le peuple Malien .voilà pourquoi ils peuvent réussir. comme le france perd le contrôle des ressources du Mali dont l'uranium elle essaie de se déployer au niger pour protéger sa mine d'uranium . Mais c'est pas sûr que bekhane,tukuba vont atteindre le niger à temps.Seul bazoum est pour.la majorite des nigeriens Jarma, Haoussa, peulh sont contre . Les nigeriens se demandent comment les français vont reussir dans leur pays alors que 10 ans de présence au Mali n'ai été qu'un revers . Ils veulent pas transformer leur pays en champs de bataille pendant 30 ans. bazoum considéré comme un traite dans son pays risque d'en payer le prix fort .Un coup de force est fort possible. . En attendant bakhane-takuna est devenu indésirable dans le sahel, presque des SDF.