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Emmanuel Macron, Président de la République française : « Je ne transigerai pas une seconde avec la sécurité des forces déployées au Mali »

Par Le Challenger 257 vues
Emmanuel Macron, Président de la République française : « Je ne transigerai pas une seconde avec la sécurité des forces déployées au Mali »

Le président français, Emmanuel Macron, a catégoriquement rejeté les injonctions du gouvernement de Transition relatives au retrait sans délai des militaires de Barkhane et de Takuba.

 

C’était à Bruxelles, en marge du sommet UE-UA. « Nous avons annoncé la réarticulation du dispositif et il s’appliquera en bon ordre afin d’assurer la sécurité de la mission des Nations unies et de toutes les forces déployées au Mali. Je ne transigerai pas une seconde sur leur sécurité », a déclaré le chef de l’Etat français.

Général d’armée Thierry Burkhard, Chef d’état-major des armées de la France : « Le moment est pourtant venu de quitter le Mali »

Dans un document de deux (2) pages intitulé « Ordre du jour n°12 », le Chef d’état-major des armées de la France, le général d’armée Thierry Burkhard, parle du retrait du Mali de l’opération Barkhane et de Takuba.

Le président de la République a annoncé ce jour sa décision de retirer la force Barkhane du territoire malien.  Depuis 2013, à la demande des autorités maliennes, les armées françaises sont engagées au Mali pour lutter contre le terrorisme.

Durant ces neuf années, nous avons payé le prix du sang pour accomplir notre mission. 59 militaires français sont morts au Sahel, dont 52 au Mali. Je m’incline devant leur mémoire. Nous ne les oublierons pas. Je salue nos camarades qui ont été blessés dans leur chair, dans leur âme. Enfin, mes pensées vont aux familles endeuillées et meurtries par la mort ou la blessure d’un être cher.

À tous, je veux dire que le sacrifice de nos camarades, morts dans l’exécution de la mission, n’a pas été inutile, que nos efforts n’ont pas été vains. Durant ces neuf années, les armées françaises ont rempli les missions qui leur ont été confiées. Le Mali ne s’est pas effondré, il n’est pas devenu un sanctuaire du terrorisme international.

Pour cela, nous avons combattu en première ligne Al Qaïda, Daech et leurs affidés, ne laissant aucun répit aux groupes armés terroristes. Depuis les airs et au sol, nous avons frappé les zones de refuge, neutralisé de nombreux chefs et démantelé des réseaux, patrouillant sans relâche dans des conditions souvent extrêmes et parmi les populations les plus exposées à la menace. De manière directe ou indirecte, c’est l’ensemble des armées, directions et services qui ont contribué à cet effort hors norme qui nous a permis de remporter ces succès opérationnels.

Avec nos alliés, en particulier européens et américains, avec nos partenaires africains, en particulier sahéliens et avec l’appui de la communauté et des organisations internationales, nous avons œuvré dès 2013 pour reconstruire et consolider les forces armées maliennes, qui étaient en grande difficulté face aux groupes armés terroristes.

Progressivement, nous avons renforcé notre partenariat de combat au profit des FAMa. Avec ces militaires maliens qui, chaque jour sur le terrain, font la preuve de leur courage et de leur engagement, nous avons tissé des liens de confiance et de respect mutuels, de ces liens qui naissent des combats menés côte à côte et du sang versé ensemble.

Les FAMa et la force Barkhane et, en son sein la force Takuba, ont obtenu des succès militaires remarquables et reconnus. Depuis janvier 2020 et le sommet de Pau, les armées et leurs partenaires ont empêché l’État Islamique au Grand Sahara, affilié à Daech, de constituer un califat territorial qui aurait menacé tout le Sahel. Nous avons aussi permis de mettre fin aux attaques de grande ampleur, qui s’étaient soldées par la mort de très nombreux soldats maliens et nigériens, fin 2019 et début 2020.

Parce que la solution face au terrorisme n’est pas et ne sera jamais, seulement militaire, la force Barkhane a systématiquement encouragé et appuyé le retour de l’État malien dans le nord. L’administration est revenue à Tombouctou et à Gao. Plus important encore, en améliorant la sécurité dans nos zones de responsabilité, nous avons permis aux populations de bénéficier de l’aide au développement et de l’action des organisations humanitaires.

Le moment est pourtant venu de quitter le Mali. Au cours des derniers mois, sans paraître tenir compte des efforts consentis par la communauté internationale, la junte qui gouverne à Bamako a méthodiquement créé les conditions qui l’ont conduite dans une impasse. Arrivée au pouvoir par deux coups d’État successifs, elle a fait le choix d’une fuite en avant.

Les conditions nécessaires à la poursuite de l’engagement militaire français aux côtés des FAMa, face aux groupes armés terroristes, ne sont plus réunies. Le président de la République en a tiré les conséquences. Tout en réaffirmant la volonté de la France de participer à la lutte contre le terrorisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest, il a décidé de poursuivre la réarticulation de notre dispositif entamé en juillet 2021, en ordonnant le retrait de la force Barkhane du Mali.

Avec cette réarticulation, les critiques ne manqueront pas, les remises en cause non plus. Certains voudront certainement dresser un parallèle avec le retrait américain d’Afghanistan l’an dernier, parleront de défaite, de déroute même. Rien ne serait plus inexact. Nous ne quittons pas le Mali sous la pression des groupes armés terroristes et nos capacités militaires comme notre détermination à combattre le terrorisme dans la région sont intactes.

Le Sahel n’est pas condamné à vivre sous le joug du terrorisme et de la violence. Avec nos alliés européens et américains, nous allons poursuivre le combat aux côtés de nos partenaires africains, pour préserver la sécurité de la France et de l’Europe. Nous aiderons les pays qui le souhaitent, en appuyant leurs armées dans leur montée en puissance et dans la prise à leur compte de la lutte contre le terrorisme. Nous aurons également le souci permanent de préserver notre liberté d’action, gage de notre capacité à nous adapter rapidement aux évolutions de la situation.

Soyons fiers de tout ce que nous avons accompli, dans des conditions toujours difficiles et exigeantes. Nous n’avons jamais failli et nous n’avons jamais renoncé face aux groupes armés terroristes.

Je sais pouvoir compter sur votre professionnalisme et votre engagement pour continuer à remplir les missions qui nous sont confiées, aux côtés de nos alliés et de nos partenaires.

Le combat continue, en avant !

Paris, le 17 février 2022

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Commentaires (2)

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A
Amagaara il y a 4 ans

Bonjour ; L'analyse est biaisée. Depuis 2013, combien de maliens sont morts par le fait du terrorisme ? La guerre contre le terrorisme est une guerre commune selon vous français et vous avez associé vos partenaires européens dans cette guerre. C'est clair que c'est le choix de votre Sarkozy en Lybie qui est à l'origine du désordre au Mali. Comment voulez-vous nous parler que du sacrifice des soldats français. Les autres qui soient morts le sont inutilement alors ? Si la France n'était pas intervenue, je ne sais pas ce que serait le Mali aujourd'hui et en réalité, je ne sais pas ce que serait le Niger, le Sénégal, la RCI et autres pays dans lesquels les intérêts et citoyens français allaient être menacés. Vous êtes intervenus au Mali aussi dans votre intérêt, pour des calculs mal faits par vos dirigeants en Lybie. Parlant de la junte, vous ne donnez pas non plus le droit aux autres de penser autrement. Quelle différence y a t il entre un coup d'état militaire et un Allassane qui a tripatouillé la constitution pour se maintenir en CI? Et le clan Déby au Tchad et beaucoup d’autres ? Oui, aucune excuse à accorder aux autorités de la transition pour les engagements non tenus mais après neuf ans, vous avez perdu 53 ou 52 soldats, le Mali a perdu des milliers. Vous dites toujours que vous avez bien travaillé et que c'est de la faute du Mali si la sécurité n'est toujours pas là. Pourtant, c'est vous qui faites vos choix, vos plans sans associer le Mali par le fait vous soyez à Kidal sans les militaires maliens mais vous avez fait le chemin avec ces mêmes militaires pour aller partout. Pourquoi pas à Kidal? Savez-vous faire la différence entre les indépendantistes du MNLA et les combattants d'Ançardine? Nous on sait que la frontière entre les deux est plus que poreuse. Qu'on aille en enfer s'il le faut mais vous avez échoué par le fait de vos politiques en envahissant la Lybie, en dictant vos choix au Mali sans associer les maliens et en parlant avec mépris aux maliens. Arrêtez aussi ce populisme avec votre sentiment anti français. Les maliens ne sont pas anti-français et si les maliens le sont, les français sont alors anti-maliens. Car vous faites aussi toujours une analyse à charge. RFI, AFP, ... font intervenir des soi-disant spécialistes sur le Mali en ne racontant que des mensonges. Depuis IBK, Le Drian a toujours critiqué les choix des maliens et sur sa pression, le Mali n'a pas d'ambassadeur depuis des années en France. C’est normal qu’on ne soit pas d’accord avec vous. Macron et Le Drian sont trop arrogants à tel point que même ceux qui soient opposés à la transition se soudent derrière elle. Si vous continuez ce mépris, vous verrez ce qui se passerait aussi au Niger. Votre politique ne serait pas appréciée même au Niger si Macron décide et se fait suivre par Bazoum comme l'annonce du redéploiement. Quel choix les Nigériens ont alors, en débattant ou pas de la question au parlement ? Macron l'a déjà annoncé et peut-être sans en discuter même avec le président Bazoum. C'est pour dire aux Nigériens, que vous le vouliez ou pas, les soldats Français seraient redéployés au Niger. Est-ce que le président Bazoum a le choix même ? En réalité, s’opposer à la présence militaire étrangère dans son pays n’a rien à voir avec la manipulation russe ou de l’opposition politique du Niger. Les gens ne sont pas des moutons, ils veulent avoir au moins le choix. C'est mieux pour nous tous de nous attendre. Avec des si on n'était pas intervenus, nous au Mali, serions aussi en paix si Sarkozy n'était pas allé assassiner Kaddafi et d'ailleurs pour quel résultat ? La démocratie vendue avec hypocrisie aux Libyens a donné quoi ? Un champ de bataille où chacun vient expérimenter ses armes. Quel est l'intérêt du peuple Libyen dans cette affaire ? Je me pose cette question pour mon pays. Quel serait l'intérêt d'organiser des élections aujourd'hui pour le Mali. Certainement pour avoir un mal élu auquel Macron va dicter sa conduite. Prenons au moins 18 mois pour mieux faire les choses que de penser que l'organisation d'élections est un paradis à côtoyer à tout prix. Ce n’était pas par manque d’élections que le Mali a été envahi en 2012 et le Mali n’a pas de frontières avec la Libye et comment les armes sont arrivées au Mali ?

S
Seydou il y a 4 ans

J'ai bien peur que Macron ne s'accroche au Mali comme un morpion aux poils du cu-ul. A cause de nos ressources dont l'uranium. simple extrapolation Selon le N.Y times, la France rêve de bâtir un 'uranium belt' entre le Niger et le Mali. objectif c'est de barrer la route aux chinois, Turcs, Iraniens.