Adoption d’une nouvelle version de la charte de la transition par le CNT : Vers une seconde rectification de la trajectoire de la transition
Le projet de Loi relative à la révision de la Charte de la Transition, initié par le Colonel Assimi GOÏTA, a été adopté ce lundi 21 Février 2022 à l’unanimité des membres du Conseil National de Transition (CNT) présents soit « 120 voix pour, 0 contre et 0 abstention ».
Le vendredi 4 Février 2022, le Conseil des Ministres s’était réuni en session extraordinaire, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Au terme de cette rencontre, il en résultait l'adoption d'un projet de loi portant révision de la Charte de la Transition du 12 septembre 2020. Le même jour, le Conseil national de transition (CNT) a été convoqué en session extraordinaire pour se pencher sur des projets de loi particulièrement celui-ci, qui figurait en tête de liste.
Ainsi, ce lundi 21 Février, la révision de la charte de transition adoptée le 12 septembre 2021 était le seul point inscrit à l’ordre du jour du Conseil national de Transition (CNT) en séance plénière. Le premier amendement s’articulait autour des missions assignées à la transition, le deuxième concernait l’élargissement de l’organe législatif de transition, le CNT. Ses membres vont passer désormais de 121 à 147. La clé de répartition sera définie par le Président de la transition, Colonel Assimi Goïta dans les jours à venir. Enfin, la prolongation de la transition était le 3ème amendement souligné par les membres du CNT. Ce projet de loi qui a été adopté, indique que la « durée de la Transition est fixée conformément aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation (6 mois à 5 ans). La transition prend fin avec l’élection présidentielle organisée par les autorités de la Transition, la prestation de serment et la passation des charges au nouveau Président élu ».
Même si, avant d’adopter la nouvelle charte de la transition, les membres du CNT ont recommandé au Gouvernement de « fixer un délai acceptable, mais suffisant pour la réussite de la Transition », la décision de la durée exacte de la transition est désormais entre les mains du Colonel Assimi GOITA.
Puisque le but de cette révision de la Charte de la Transition permet « non seulement de corriger le vide juridique qui s’installe après le 27 février, mais aussi d’éviter les vacances du pouvoir », le plus remarquable serait l’élargissement des membres du gouvernement et du CNT pour dit-on « plus d’inclusivité » dans le nouveau gouvernement.
A ce sujet, notons que l’opposition malienne lors d’une conférence de presse, le 09 février 2022, indiquait qu’elle « ne reconnaitra plus les autorités actuelles du pays à partir du 25 mars prochain, date limite de la fin de transition de 18 mois accordée à l’ex président de transition Ba N’DAW ». Il s’agit particulièrement du Cadre des partis et regroupements politiques pour une transition réussie qui a adopté, lui aussi, des résolutions. Il a proposé 9 mois pour la durée de la nouvelle transition et le rejet de la relecture de la charte. La plateforme dit procéder à « l’adoption d’un chronogramme électoral, l’adoption d’une nouvelle loi électorale consensuelle, la non reconnaissance des autorités actuelles à partir du 25 mars 2022, la mise en place d’une nouvelle transition avec un gouvernement de mission conduit par un premier ministre neutre et la mise en place d’un nouveau CNT ».
Face à cette situation « d’incompréhension » entre les autorités et ses opposants, il serait difficile de parler d’un « nouveau gouvernement inclusif ». Pour l’heure, l’opinion nationale et internationale attendent la résolution du gouvernement sur la durée exacte de la transition.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com