mardi 21 avril 2026
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Echec de la médiation internationale au Mali : La CEDEAO et la Transition sont-elles de mauvaise foi ?

Par Le Pélican 1,299 vues
Echec de la médiation internationale au Mali : La CEDEAO et la Transition sont-elles de mauvaise foi ?

 

Nous avons nourri l’espoir que la visite tant attendue de la CEDEAO aboutirait à un compromis salutaire et permettrait une levée de l’embargo dont les effets pèsent lourdement sur le commerce intra-communautaire. A notre grand regret, on a pu constater un échec des pourparlers en raison du cramponnement des uns et des autres à leurs positions respectives. Aussi se pose la question de la bonne foi des parties prenantes. A-t-on réellement voulu trouver un terrain d’entente pour sortir de cette situation ?

Du côté de la CEDEAO, l’émissaire envoyé devait se douter que les autorités maliennes avaient défini une posture inflexible. Ces dernières ambitionnent l’idée d’une application des conclusions des ANR et sont disposées à en tirer le maximum de profit.  C’est en effet,  une occasion de justifier le nouveau délai et de légitimer les institutions mises en place. Du côté des autorités maliennes de transition, il fallait s’attendre à ce que l’organisation sous régionale s’oppose à une prorogation abusive (plus 18 mois). En effet,  les pays membres ne peuvent accepter qu’un régime imposé par les armes et qui plus est, n’est qu’une Transition, vienne s’octroyer un quinquennat en contournant les urnes. On ne peut confisquer le pouvoir du peuple,  fut- il en partie d’accord avec le principe dune prorogation de la Transition. Par  nature et par définition, le Mali l’a déjà prouvé, une transition est un pouvoir intermédiaire qui ne saurait se pérenniser.

A l’évidence,  les deux parties ont des arguments à faire valoir au soutien de leurs prétentions. Mais, compte tenu de la situation socio-économique des pays impliqués dans cette crise, n’aurait-il pas fallu mettre un peu d’eau dans leur « gnamakoudji” et privilégier la voie de la raison ? On aurait pu,  en effet dans la perspective d’une résolution à court terme de cette crise, retenir une prorogation de 12 à 18 mois. Ce laps de temps aurait suffi  pour mettre en place les actions visant à sécuriser le pays et à organiser un retour de l’ordre constitutionnel.  Il fallait donc des concessions de part et d’autre en privilégiant l’Intérêt Supérieur d’une nation en proie à des crises multidimensionnelles.

Cet échec de la négociation entre la CEDEAO et les autorités de la Transition est fort regrettable et ne s’explique pas compte tenu des circonstances actuelles. Les parties n’ont fait que retarder l’inévitable. En effet,  à moins que le Mali ne se retire définitivement de l’organisation sous-régionale et ne frappe sa propre monnaie, il devra proposer un plan de retour à l’ordre constitutionnel acceptable. Et à moins que la CEDEAO ne soit décidée à maintenir indéfiniment son embargo, au risque d’étouffer certains pays membres, elle devra infléchir sa position en bénissant un délai supplémentaire mais raisonnable.

Dans les prochains mois,  l’armée malienne pourrait accentuer sa montée en puissance et sécuriser d’avantage de zones pour permettre l’organisation des élections. Douze à  dix-huit mois, pour coordonner les actions de nos autorités et celles des partenaires de la sous-région dans la lutte contre le terrorisme, c’est raisonnable. Douze à  dix-huit mois, pour permettre aux nouveaux alliés de circonstance de prouver leur efficacité,  c’est raisonnable.

Les choix raisonnables sont ceux que nous pouvons cautionner, à défaut de solutions parfaites. Et pour l’heure aucune des alternatives proposées n’est parfaite. Ce conflit au nord a duré plus de 30 ans. Les pouvoirs civils et militaires se sont succédés sans pouvoir y mettre fin. Bien au contraire, avec le temps qui passe,  il a pris une autre dimension.  Une Transition militaire de 5 ans, ne ferait que retarder le retour de l’ordre constitutionnel et provoquer d’autres émois. La porte de la diplomatie étant toujours ouverte, il y a fort à parier que les parties, soucieuses à leur façon du bien-être du peuple malien, concluront un accord raisonnable.

Dr DOUGOUNÉ Moussa

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Commentaires (3)

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A
Anonyme il y a 4 ans

les choses sont pourtant simple, soit le gouvernement retarde l'accord de 16 mois de transition pour donner l'impression d'être inflexible soit le gouvernement ne veut pas d'accord pour rester indéfiniment au pouvoir comme ses idoles Poutine et Moussa Traoré.

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 4 ans

La mise en oeuvre des mesures lie'es au programme gouvernemental d'union Des forces vives pour une transition paisible, se fera a Travers la Mutualisation a tous Les niveaux (local, sous- re'gional, re'gional et international) ET entre Les diffe'rents niveaux, des ressources et des services entre Les re'gions et communes du Mali. L'apport des partenaires sera le bienvenu. Au Mali, Assurons notre autosuffisance alimentaire et avanÇons vers notre autosuffisance dans tous les domaines à travers la régionalisation et la mise en œuvre de l'accord de paix. L' accord de paix n'avait pas été validé par l'assemblée nationale car les députés ont fait partie des rencontres des forces vives qui avaient émis des recommandations dont certaines ont été prises en compte dans l'accord définitif. Pour améliorer cette inclusivité, la conférence d'entente nationale inclusive avait été organisée (prévue dans l'accord de paix). Elle avait utilisé une méthodologie inclusive. De plus, un référendum est prévu pour valider la constitution qui sera modifiée (la réforme constitutionnelle et la révision de la constitution sont attendues pour ce faire) pour prendre en compte certaines clauses de l accord de paix. Tous ces aspects montrent que l'accord de paix, à travers sa mise en oeuvre intégrant la mise en place des autorités intérimaires, répondra aux besoins des Maliens et permettra l'inclusivité. L'ACCORD POUR LA PAIX ET LA RÉCONCILIATION AU MALI MET EN AVANT LA RÉGIONALISATION. La régionalisation permet la création d'une architecture institutionnelle basée sur des collectivités territoriales dotées d'organes élus au suffrage universel et de pouvoirs étendus, gestion par les populations de leurs affaires sur la base de la libre administration des régions, plus grande représentation des populations du nord au sein des institutions nationales, renforcement de l'État de droit en rapprocha the la justice des justiciables, . Certains se posent des questions sur la régionalisation et sur la faÇon dont la libre administration des régions pourrait être assurée dans les régions, en particulier par les autorités intérimaires. Dans le cadre de la régionalisation, la libre administration des régions permettra de responsabiliser la jeunesse et toutes les ressources humaines des régions pour assurer leur développement endogène. Vous savez, le monde entier est en train de converger vers l'économie des services. L'économie de la production utilise ou utilisera cette dernière. Ces services peuvent etre conÇus et mis en œuvre au niveau du public tout comme au niveau du privé. Ce sont ces services qui "nourriront" tout le monde, en particulier tous les Maliens et toutes les Maliennes. CES SERVICES, QU'ON PEUT MUTUALISER DANS CERTAINS CAS, POURRONT PERMETTRE DE RAPPROCHER DES RÉGIONS ENTRE ELLES OU DE LES FAIRE COOPÉRER AVEC D'AUTRES RÉGIONS AUX NIVEAUX LOCAL, SOUS-REGIONAL, REGIONAL ET/OU INTERNATIONAL. C'est ainsi qu'à travers la solidarité entre zones (solidarité géographique), induite par la mutualisation des ressources et des services, il pourra y avoir une entraide entre régions ou communes. Les régions les plus riches pourront aider celles qui le sont moins. La solidarité intergénérationnelle (solidarité temporelle) permettra la mutualisation de ressources entre générations (génération actuelle et générations futures) : ainsi on pourra penser à nos enfants et petits-enfants. Créons ce monde des services dans les régions du Mali, nourrissons-nous et développons-nous par ces services. Les autorités intérimaires doivent engager les régions dans la conception et le développement de services innovants adaptés aux contextes des régions et du Mali, en commenÇant par les services de base et les projets innovants qui s'alimenteront des services qui seront créés. Ces projets étant eux-mêmes des services, ils alimenteront d'autres projets et services. Finalement, tout fonctionnera à base de services, qu'on créera et/ou qu'on utilisera dans tous les domaines (agriculture, élevage, éducation, eau, santé, environnement, industrie, .), dans toutes les institutions (forces de défense et sécurité, . ...) et dans toutes les entreprises. Dans le cadre du DDR (Démobilisation, Désarmement et Réinsertion), certains ex combattants seront intégrés dans les forces de défense et sécurité et d'autres seront insérés/réinsérés dans ces projets ou dans ces services au niveau national ou au niveau régional ou au niveau local. AvanÇons vers ces régions des services afin de "faire manger" et d'assurer le développement personnel et collectif de tous les Maliens où qu ils se trouvent et quelle que soit la région. Ainsi, les Maliens attendront tout d'eux-mêmes et non de l'administration Malienne et de l'étranger. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA Expert TIC, Gouvernance et Sécurité E-mail : [email protected] r TEL 0 0 2 2 3 95955792

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 4 ans

SOYONS CLAIR ET PRECIS Proposition pour e'tablir un Consensus global sur le de'lai de la transition et pour la Cre'ation d'un Gouvernement de mission de large ouverture pour unir tous Les acteurs au sein d'une transition apaise'e et inclusive. Le comite' local de suivi de la transition, CLST, forme' Des repre'sentants de la CEDEAO, de l'ONU, de l'UA, de la communaute' international), des experts et des repre'sentants Des autorite's Maliennes auront probablement un consensus sur le de'lai de la transition en choisissant 12 mois ou 16 mois ou 24 mois ou moins de quatre ans comme dit ironiquement Choguel. Moins de quatre ans n'est pas une dure'e mais encore un intervalle comme de six mois a cinq ans stipule' par la NOUVELLE charte de la transition : C'est impre'cis. Le Mali veut-il vraiment un consensus sans ambiguite' ? Le Mali veut faire croire qu'il est sorti gagnant de ce bras de fer avec le CEDEAO. Soyons Clair et pre'cis au lieu de faire durer le suspens par un jusqu'au-boutisme dissimule'. Comme certains membres des forces vives Maliennes n'auront pas participe' a ce consensus et en plus, il faut unir tous Les acteurs au sein d'une transition apaise'e et inclusive d'ou cette proposition. la socie'te' civile doit jouer le role de leadership pour organiser un mini dialogue national inclusif (entre tous les acteurs y compris Les hommes politiques, la socie'te' civile, Les jeunes, Les femmes, Les. communaute's des re'gions, des cercles, des communes, ...) afin de'bloquer l'impasse ge'ne're'e par l'obtention d'un consensus global sur le de'lai pour une transition apaise'e et inclusive. Bonjour, Pour la pérennité des relations entre acteurs nationaux et la stabilité du Mali, faisons tout pour cre'er un mini dialogue national inclusif entre tous les acteurs (attention, ce ne sont pas Des minis ANRs (Assises Nationales de la Refondation). Ne pas le restreindre à un dialogue politique inclusif excluant une partie la société civile ou d’autres acteurs. Optons pour le suivi-évaluation et, même les sanctions justifiées, en cas de non-respect des engagements liés à nos contrats (comme définies dans le pacte pour la paix) incluant le contrat politique, associant sa feuille de route, entre le Premier Ministre et les acteurs nationaux (acteurs politiques, société civile, ...). II. Nouveau gouvernement de mission de large ouverture tenant compte de l’inclusivité et de la régionalisation II.1. Profil rassembleur du Premier Ministre Engageons-nous, indépendamment des bords politiques, et accompagnons le Premier Ministre pour relever les défis et faire face efficacement à la crise multiforme au Mali. II.2. Régionalisation L’accord de paix se repose sur la régionalisation dotant les régions et les communes de la libre administration. Les Présidents des régions sont présidents de leurs assemblées régionales et gèrent les ressources de leurs régions. La gouvernance du pays doit se faire en liaison avec eux et les représentants de l’Etat à travers des transferts de pouvoirs. N’est-il pas adéquat que le gouvernement central de mission et de large ouverture piloté par le Premier Ministre puisse, en liaison avec les représentants de l’Etat dans les régions, puisse tenir compte de cette régionalisation par les interfaces avec les régions d’un ou plusieurs Ministres à travers un partage consensuel de pouvoir et de responsabilités ? Engageons-nous, indépendamment des bords politiques, et accompagnons le Premier Ministre pour relever les défis et faire face efficacement à la crise multiforme au Mali. II.3. Inclusivité Aidé par la Minusma comme le stipule la résolution 2423 de l’ONU, nous devons mettre en œuvre de façon diligente l’accord de paix en favorisant l’inclusivité, par exemples, des régions, des communes, des mouvements non signataires de l’accord et de la société civile (TOUS les acteurs de la société civile en particulier les jeunes et les femmes). Il est à noter que la société civile est plurielle. Elle doit jouer le role de leadership pour le mini dialogue national inclusif et pour de'bloquer l'impasse ge'ne're'e par le choix du de'lai consensuel de la transition. La socie'te' civile n’est pas constituée que du conseil national de la société civile et de la coalition citoyenne de la société civile. D’autres organisations de la société civile, a prendre en compte, existent comme des ONG, cas de l’ONG TILWAT international dont je suis le Président, des associations diverses (de religieux, de notabilités, …), des citoyens et des communautés. III. Conclusion L’inclusivité est primordiale, le succès de l’accord de paix et du pacte pour la paix en dépend MAIS aussi de cet accord politique, multi-acteurs, avec sa feuille de route surtout s’il est défini sur une longue période. Impliquons-nous TOUS. IV. Contact Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité E-mail : Anasser.Ag-Rhissa@orange.******** <sup><font color=#0066FF;>[masqué car insultes interdites sur Malijet !]</font></sup> TEL ******** <sup><font color=#0066FF;>[masqué car insultes interdites sur Malijet !]</font></sup> 95955792