mardi 21 avril 2026
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Mali-CEDEAO : Toujours pas de compromis sur la durée de la transition malienne

Par Lerepublicainmali 1,125 vues
Mali-CEDEAO : Toujours pas de compromis sur la durée de la transition malienne

Le Médiateur de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Goodluck EBELE JONATHAN, ancien Président de la République Fédérale du Nigeria, a effectué une mission au Mali du 18 au 20 mars 2022. L’objectif de cette mission était de parvenir à un accord avec les autorités maliennes sur le délai de la transition au Mali. Mais le Médiateur de la CEDEAO a quitté la capitale malienne (Bamako) sans parvenir à un accord. Le Gouvernement du Mali a proposé un délai de 24 mois pour la durée de la transition tandis que la CEDEAO reste campée sur 12 à 16 mois. Toutefois, les deux parties (Mali-CEDEAO) ont réaffirmé, dans leurs communiqués respectifs en date du 20 mars 2022, leur volonté de poursuive avec les discussions afin de convenir d'un calendrier de transition acceptable.

 «En vue de trouver un compromis entre les aspirations du peuple malien et les exigences de la communauté internationale, conformément aux instructions Assimi GOÏTA, Président de la Transition, le Gouvernement de la République du Mali a eu des consultations, le vendredi 18 mars et le samedi 19 mars 2022, avec le Médiateur de la CEDEAO, accompagné du Président de la Commission de la CEDEAO et le Comité local de suivi de la Transition. Ces consultations se tiennent à la suite de la note verbale du 26 février de la représentation de la CEDEAO envoyée au Gouvernement du Mali et communiquant une proposition de chronogramme pour une Transition de 12 à 16 mois », précise le communiqué du gouvernement malien rendu public, le 20 mars 2022. Dans ce communiqué, le Gouvernement a déploré le fait que cette proposition de la CEDEAO est essentiellement électoraliste et ne prend pas en compte les aspirations légitimes de reformes politiques et institutionnelles exprimées par le peuple malien. «Le Gouvernement de la République du Mali a produit et soumis un chronogramme révisé comprenant des actions relatives aux réformes politiques et institutionnelles, ainsi que des actions détaillées relatives aux élections avec un délai de 36 mois pour la Transition. Malheureusement, cette proportion n’a pas été acceptée par le Médiateur. A la suite d’échanges fructueux aux termes desquels la pertinence des réformes a été reconnue par la CEDEAO, le Gouvernement a proposé un nouveau délai de 29 mois que le Colonel Assimi GOÏTA a, par la suite, dans un effort ultime visant à parvenir à un compromis réaliste et salutaire pour le Mali et la CEDEAO, ramené à 24 mois. Ce nouveau délai incompressible aux yeux des Autorités du Mali n'a pas reçu l’assentiment du Médiateur de la CEDEAO et de sa délégation qui sont restés sur leur position », a souligné le gouvernement malien. Le Gouvernement de la République du Mali regrette cette absence de compromis à ce stade pour une Transition dont l’objectif est de poser les jalons de la Refondation du Mali, puis de mettre en place un nouvel cadre constitutionnel, gage de paix, de stabilité et de bonne gouvernance. Selon le gouvernement malien, la CEDEAO n’a toujours pas suffisamment pris en compte la complexité des enjeux auxquels le Mali est confronté et les aspirations profondes de son peuple déterminé à prendre son destin en main. Cependant, le Gouvernement de la République du Mali réitère sa disponibilité à poursuivre le dialogue et à trouver une solution avec la CEDEAO et la communauté internationale dans l’intérêt supérieur des peuples d’Afrique de l'Ouest qui souffrent collectivement des conséquences des sanctions « illégales, illégitimes et inhumaines » prises à l’encontre du Mali. Le Gouvernement de la République du Mali tient à préciser que durant toutes les consultations, le 18 et le 19 mars 2022, le seul délai qui a été présenté par le Médiateur est une durée de douze (12) mois pour la Transition, tandis que la partie malienne, dans ses efforts en vue de parvenir à une solution consensuelle, a présenté successivement un délai de 36 mois, puis de 29 mois, qui a été ramené à 24 mois par le Colonel Assimi GOÏTA dans un effort ultime visant à parvenir à un compromis réaliste et salutaire pour le Mali et la CEDEAO.

Le Médiateur de la CEDEAO, Goodluck E Jonathan, a, dans un communiqué du 20 mars 2022, réitéré la solidarité constante de la CEDEAO avec le Mali et son peuple, ainsi que son engagement à faciliter un accord pour la restauration de l'ordre constitutionnel au Mali. Un tel accord, dit-il, permettra de lever progressivement les mesures prises par la CEDEAO, de même qu'il permettra au Mali de relever les nombreux défis auxquels le Mali est confronté, notamment en matière de sécurité, de gouvernance et de réformes socio-économiques, dans un environnement plus favorable, avec le soutien de la région, de l'UA (Union Africaine) et de la communauté internationale au sens large. Le Médiateur a réaffirmé sa volonté de continuer à discuter avec les autorités maliennes afin de convenir d'un calendrier de transition acceptable. En outre, Le Médiateur a demandé au Comité Local de Suivi et aux experts de poursuivre leur travail avec les autorités maliennes.

Aguibou Sogodogo

 

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Commentaires (2)

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P
Papa il y a 4 ans

Il est difficile d’avoir un compromis car c'est le chronogramme de transition lui même qui est devenu le programme de gouvernance du Mali koura. C'est le seul programme qui marche, tout le reste inchangé depuis IBK.

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 4 ans

EVITONS LE BAIN DE SANG AUQUEL ABOUTIRA CETTE impasse (blocage) si on n'y prend pas garde. Les diverses propositions des autorite's de transition au Mali prouvent leur mauvaise foi (a travers la surenchere) en faisant semblant de dimunier a chaque fois le de'lai de la transition tout en restant roujours e'le've'. Assimi ne fait plus semblant (pour ne pas perdre la face) de prendre l'initiative en invitant la CEDEAO MAIS Il le fait sciemment pour finaliser son jusqu'au-boutisme et l''entetement des autorite's de la transition a fixer la dure'e de transition la plus la grande possible : de 05 ans de dure'e de transition Il avait repropose' 04 ans puis 03 ans puis repasse a 29 mois et enfin bloque a 24 mois. Votre jeu a e'te' de'couvert. La dure'e de 24 mois de transition, c'est encore loin des 12 ou 16 mois propose's par l'UA (16 mois) et la CEDEAO (12 mois ou 16 mois). Vous etes donc oblige's d'alle'ger votre catalogue de re'formes. Vous pouvez faire encore mieux. En fait, Assimi est en train de concre'tiser son DERNIER coup de force en essayant d'avoir la confiance de la CEDEAO pour 24 mois de de'lai de transition. C'est Assimi GOITA qui empeche la leve'e des sanctions de la CEDEAO par son attitude CAR face aux problemes, memes ceux qu'il doit ge'rer, Il adopte une attitude d'indiffe'rence et de me'pris laissant Choguel seul s'embourber sans retenue. En plus, Assimi refuse de Fournir un chronogramme re'aliste et re'alisable de la transition. Deux ans de transition, trois ans, Quatre ans, cinq ans de dure'e de transition, c'est trop. Quelle surenchere. J'avais propose' 17 mois (dure'e de transition quasiment e'gale a 16 mois) bien avant Les sanctions de la CEDEAO. Mais rejet de ma proposition. J'accuse Assimi, les autorite's de transition du Mali et la CEDEAO. Quels gachis et quelles pertes. Ainsi, avec les 24 mois de de'lai de transition qu'Il propose, Assimi pourra changer de Premier Ministre en mettant en avant l'inclusivite'. L'inclusivite', ce n'est pas seulement renouer Les contacts et accorder des postes a Des acteurs tels que des membres du M5 RFP. Et Les autres forces vives (socie'te' civile, partis politiques, mouvements arme's Maliens, ...) ? La CEDEAO n'est pas l'arroseur arrose' contrairement a ce que disent certains CAR la CEDEAO n'a pas pu maitriser suffisamment son systeme d'arrosage (lenteur des prises de de'cisions inapproprie'es) donc, la CEDEAO n'a pu etre suffisamment arrose'e. Elle aurait du etre suffisamment arrose'e si des vraies sanctions Lui sont inflige'es a cause de ses mauvaises de'cisions. Bonjour, Fe'licitations a Sekou Tangara et Me Konare' pour l'excellente animation du de'bat du dimanche sur Africable. Merci cher ami Me Konare' et Cher frere Adam Thiam (qui nous avait quitte' il y a un an) avec lequels j'aimais de'battre sur Africable. Sans pour autant toujours partage' le meme point de vue, Ils de'clinaient avec assurance et professionnalisme leurs visions en e'tant constamment courtois et respectueux. Merci Me Konare' de la clarte' de ta position concernant Dr Choguel Maiga. Son seul tort, c'est sa politique de jusqu'au-boutisme sans limite et le fait de ne pas accepter la contradiction. C'est cela qui l'oppose souvent aux autres acteurs (politiciens, CEDEAO ...). Me Konare', quand on veut e'liminer ou e'carter quelqu'un on l'accuse de ce qu'on veut. Concernant la gestion de la transition au Mali, c'est Assimi GOITA le vrai probleme. C'est Assimi GOITA qui empeche la leve'e des sanctions de la CEDEAO par son attitude. Face aux problemes, memes ceux qu'il doit ge'rer, Il adopte une attitude d'indiffe'rence et de me'pris laissant Choguel seul s'embourber sans retenue. Aujourd'hui, la limite est atteinte parce que le 25 mars 2022 est presqu'arrive'. Meme si Assimi change de Premier Ministre, le probleme de fond restera car C'est Lui meme le vrai probleme. Il reste souvent immobile devant Les problemes et attend que d'autres Les endossent a sa place. La Seule solution viable est qu'il de'missionne ainsi que Choguel et le Pre'sident du CNT. En plus de l'avoir fait implicitement (par les multiples rejets, par la CEDEAO, des propositions de la transition), Assimi, va-t-il attendre que la CEDEAO Lui propose clairement de de'missionner ? Plusieurs acteurs pensent la meme chose que moi mais souhaitant etre inte'gre's dans cette nouvelle transition en construction, ils he'sitent a parler pour ne pas etre e'carte's. Pensons a l'inclusivite' a travers un mini dialogue national inclusif pour de'finir le de'lai de la transition, choisir le nouveau Pre'sident civil de la transition et le nouveau Premier Ministre civil consensuel. Au risque de tout bacle', re'unissons diligemment ce mini dialogue national inclusif. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Se'curite' TEL 0 0 2 2 3 95955792