mardi 21 avril 2026
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Transition politique-classe politique : Ce qu’il faut craindre

Par Le Pays 1,298 vues
Transition politique-classe politique : Ce qu’il faut craindre

L’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) ; l’élaboration d’une nouvelle constitution ; une probable candidature d’un des colonels au pouvoir à la présidentielle à venir ; le bras de fer avec la communauté internationale, notamment la France…risquent, si des dispositions ne sont pas prises, de susciter des tensions entre la classe politique et les autorités de la transition.

 

Les partis et groupements politiques, même ceux qui passent le clair de leur temps à taper sur le Premier ministre, épargnent les militaires dans leur clash. Ils disent n’avoir aucun problème avec les militaires et leur ont toujours réitéré leur soutien. Démagogie ou réalité ? Le futur nous le dira. Mais déjà, certains sujets risquent de créer la tension, au-delà du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, entre la classe politique et les militaires au pouvoir.

Divergences au sujet de l’AIGE

La classe politique, bien qu’elle ait applaudi l’adoption controversée du projet de loi portant loi électorale, est mécontente de la modalité du choix des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Le choix du gouvernement porté sur le tirage au sort est jugé « unilatéral » et certaines formations politiques ont refusé de soumettre leur candidature. «Monsieur le ministre, Compte tenu de ce qui précède, je voudrais vous exprimer notre avis défavorable à votre proposition de désignation des représentants des partis politiques au collège de l’AIGE par tirage au sort. Cette position ne reflète ni les propositions majoritaires des partis politiques, ni la synthèse de la réunion du 21 juillet 2022. Aussi, viole-t-elle les dispositions de l’article 7 de la loi n°2022-019 du 24 juin 2022, portant loi électorale. En conséquence, l’alliance « EPM » voudrait vous inviter de bien vouloir privilégier des modalités politiques plus démocratiques et conformes aux dispositions de la loi électorale pour le choix des représentants des partis politiques au collège de l’AIGE », a déclaré Dr Bokary Tréta dans une lettre de protestation adressée au ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

Malgré ces refus, le tirage a été fait. Il ressort de ce tirage au sort que 4 hommes et 4 femmes parmi lesquels le gouvernement triera les 4 représentants de la classe politique qui siègeront au sein de l’AIGE. Il s’agit de Salomon Ongoïba de l’Alliance pour la promotion et le développement du Mali  (Apdm) ;    Abdrahamane Bakhaga de la  Force citoyenne et démocratique   (FCD) ;  Harouna Cissoko du Front uni pour la démocratie et le changement  (Fudec)   et Youssouf Coulibaly de l’Initiative pour la République du Mali  (Irma) ; Mme Dao Hawa Kanté de l’Alliance malienne pour le travail (AMAT) ; Leila Wallet Ibrahim de la Convergence pour l’émergence du Mali- Faso Jo Ton  (CEM-FT) ; Oumou Dicko du Rassemblement malien pour le travail.

A l’analyse de ce tirage au sort, on comprend aisément que tous les grands partis sont tombés dans l’eau. Aucun d’eux n’a été présélectionné comme membre de l’AIGE. La question qu’il faut se poser, c’est de savoir si les partis qui ont boudé le tirage au sort reconnaitront  la llégitimité de l’AIGE. Il faut donc craindre une crise à ce niveau.

Rejet de l’élaboration de la nouvelle constitution

Le cadre d’échange des partis et groupements politiques pour une transition réussie a rejeté, en bloc, l’élaboration d’une nouvelle constitution. Il trouve que ce n’est pas le moment. Il estime qu’il revient aux autorités légitimes de faire ce travail. Pourtant, les autorités de la transition avancent bien dans le projet de l’élaboration de cette nouvelle constitution. Faut-il donc à s’attendre à un autre AN TE A BANA ? Le risque est là et gros.

Au-delà de cet aspect, la possible candidature des militaires au pouvoir inquiètent une bonne partie de la classe politique. Dans la charte révisée, il est indiqué les militaires désirant être candidat à la présidentielle à venir qui sera organisée à la fin de la transition, doivent seulement démissionner 4 mois avant les élections. La même charte a précisé que le président de la transition « n’est pas éligible ». Pour beaucoup de Maliens, le colonel Assimi peut bien être candidat s’il démissionne de son poste de président et de l’armée. Sachant la popularité du colonel président et sachant que tout l’appareil de l’État est dans les mains des colonels, la classe politique va-t-elle accepter une candidature de l’un de ces 5 colonels ? Pas évident. Il faut donc craindre à des contestations au cas où le colonel Assimi serait candidat comme le réclament des millions de Maliens.

L’autre point important concerne la question du Premier ministre Choguel.  Quoi qu’on puisse lui reprocher, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a bénéficié et bénéficie  d’un  soutien au sein de la population. Depuis son arrivée à la primature, il pose les actes que souhaitent la majorité des Maliens, du citoyen lamda bien sûr.  Ses camarades du M5 le soutiennent aussi. Et si après son rétablissement, il n’est pas maintenu comme Premier ministre, que sera la relation entre le M5 et les militaires ? Il faut aussi craindre une crise, sinon une rupture à ce niveau.

Le bras de fer avec la communauté internationale

Depuis la rectification de la trajectoire de la transition, le Mali traverse une crise profonde avec la communauté internationale, la France en particulier. Pourtant la majorité de nos hommes politiques ne sont pas pour cette rupture, surtout avec la France. C’est ce qui, d’ailleurs, prouve leur silence concernant certains sujets importants. La sortie de Macron en Guinée Bissa est un exemple. L’affaire des 49 militaires ivoiriens en est un autre. Donc, même si ces politiques et les militaires se retrouvent sur bon nombre de points, ils peuvent difficilement s’entendre sur celui-ci.

Ce qui est important, c’est de chercher toujours à apaiser et à travailler à la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles conduisant à de meilleures élections.

Boureima Guindo

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Commentaires (5)

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K
Kassin il y a 3 ans

Voici le numéro de téléphone direct de la classe politique au Mali +223 26 03 19 91 Wa Salam

F
Fanga 10020 il y a 3 ans

"La classe politique malienne", quel numéro de téléphone ? Pour emprunter la fameuse boutade d'Henry Kissinger, ancien chef de la diplomatie des États-Unis, au sujet de l'Europe-Désunie.

D
Diawara il y a 3 ans

REGARDEZ MOI CES INDIGNITES, C'EST NOUS PEUPLE MALIEN QUI L'AVONS DEMANDE LORS DES ASSISES NATIONNALES ALORS POURQUOI VENIR MAINTENANT NOUS SORTIR CES ANERIES . NOUS VOULONS NOTRE NOUVELLE CONSTITUTION ET SOMMES PRESSES DE L'AVOIR. VIVE LA TRANSITION QUE DIEU BENISSE NOS DIRIGEANTS ACTUELS QUE DIEU MAUDIISSELES ENNEMIS DU MALI QUI OEUVRENT POUR LA FRANCAFRIQUE AU MOMENT OU TOUTE L'AFRIQUE ENTIERE SOUTINENT LE MALI DES COLONELS.

K
Kassin il y a 3 ans

Aboubacar Sidiki Fomba le griot de la transition militaire se glorifie des 10% du Mali dans le lithium de Bougouni https://youtu.be/XhSxAwKOOo8 Je n’aime pas du tout mettre l’accent sur les propagandistes alimentaires et carnivores de la transition militaire, mais Aboubacar Sidiki Fomba, le troubadour Esbroufe du CNT, passé Maître dans des Conneries à répétition, a dépassé le stade de la bêtise humaine, il est arrivé au stade des calamités naturelles. C’est pour cela qu’il faut lui consacrer un article entier pour adoucir ses mortifères velléités calamiteuses à l’endroit de notre pays et de sa gouvernance. Il prétend que le ministre des mines va créer une société [NATIONALE et publique] d’exploration et d’exploitation minière et il pense qu’on n’en parle pas assez alors que les médias sont déjà inondés de cette nouvelle qui n’est pas une information capitale loin s’en vaut, mais je vais y revenir pour dire pourquoi. Il prétend qu’on a beaucoup critiqué le fait que le Mali ne gagne presque rien du lithium de bougouni (il faut savoir que contrairement aux dispositions du code minier et du code des investissements, le Mali n’aura que 10% du capital donc du partage des bénéfices dans l’exploitation du lithium de bougouni, les 90% restants revenant aux chinois alors que le code minier du Mali prévoit 20% MINIMUM de participation de l’état malien dans le capital des sociétés minières au Mali). Aboubacar Sidiki Fomba justifie ainsi le bradage par le gouvernement de transition militaire du Mali avec à sa tête le ministre Lamine Seydou Traoré du gisement conséquent du lithium de Bougouni aux chinois à vil prix. C’est du jamais vu au Mali depuis l’avènement des mines d’or de kalana en 1988 avec les russes de l’union Soviétique. Pour revenir à la création d’une société publique d’exploration et d’exploitation minières par le gouvernement transitoire, il faut savoir qu’il ne suffit pas de créer une société pour qu’elle soit rentable. Si une société publique est créée pour explorer et exploiter les mines du pays il faudrait avoir une exigence de RENTABILITÉ, DE SOLVABILITÉ ET DE LIQUIDITÉ pour que la société puisse aider le Mali à aller de l’avant et à promouvoir son développement tout en garantissant l’emploi de la jeunesse malienne. 1. Rentabilité Pour être rentable une société doit dégager des bénéfices cela veut dire qu’elle doit rapporter plus qu’elle ne coûte. “Elle ne coûte” C’est là où se trouve le piège des sociétés et entreprises d’état au Mali depuis 1968. Il y a beaucoup de cadres maliens qui versent dans le népotisme et le clientélisme dans nos sociétés et entreprises d’état à telle enseigne que les charges de l’entreprise deviennent des montagnes alors que les produits se réduisent comme peau de chagrin. Le népotisme et la corruption rognent nos sociétés et entreprises d’état de l’intérieur et les pots de vins payés aux dirigeants du pays et leurs partis politiques par les dirigeants des entreprises publiques (le cas de la Sotelma avec l’Adema dans les années 90 est là pour nous rappeler) donnent le coup de grâce à nos sociétés et entreprises d’état qui sont obligées d’être lourdement endettées avec des garanties financières explicites accordées par l’état malien ou par leur renflouement financier par l’état malien qui s’endettent auprès des bailleurs de fonds (Banque mondiale et FMI en tête): cas spécifique de l’énergie du Mali EDM et de la Régie des chemins de fer du Mali dans les années 90. 2. La solvabilité Comme vu plus haut la rentabilité de nos sociétés et entreprises d’état est obérée par la corruption et la mauvaise gestion chronique qui font accumuler des dettes financières à telle enseigne que c’est l’Etat malien qui est obligé de s’endetter à son tour pour: - A) soit payer les dettes de la société ou l’entreprise publique; - B) soit subventionner les produits vendus par l’entreprise à travers des contrats plans qui coûtent des dizaines voire des centaines de milliards au trésor public (cas de l’EDM où l’Etat subventionne le prix de l’électricité vendue aux maliens, cas de la CMDT où l’état intervient constamment pour s’endetter et permettre à la CMDT de continuer d’acheter et d’égrainer le coton et d’honorer ses engagements envers les paysans ou les organisations paysannes des zones de culture du coton (Fana, Koutiala, San, Bougouni, Koumantou, Sikasso, Ouelessebogou). 3. Liquidité En accumulant des pertes et des dettes nos sociétés et entreprises d’état ont de plus en plus du mal à honorer leurs engagements financiers envers les fournisseurs (transporteurs, fournisseurs de matières premières et fournitures consommables, fournisseurs de services, etc), l’État malien (dettes d’impôts et taxes diverses), des clients (retards de livraison, mauvaises prestations de service, etc). Ces engagements sont le plus souvent sous forme de cash non payés car les caisses et les comptes bancaires de nos sociétés et entreprises d’état sont généralement taris comme un marigot en pleine saison sèche au Sahel. La liquidité devient une ressource rare et la gestion de la trésorerie un casse tête permanent dans nos sociétés et entreprises d’état. Voilà pourquoi Mr Fomba, on ne s’enflamme pas quand on entend qu’une nouvelle société ou entreprise publique va être créée au Mali. On attend de voir qu’est-ce que cela va donner concrètement en termes de résultat positif de gestion, de création réelle d’emplois rémunérateurs et d’effet d’entraînement positif sur nos finances publiques et sur notre économie en général. Pour explorer du pétrole il faut des investissements lourds dans des zones arides du bassin de Taoudenit ou de Nara. L’état a t-il l’expertise nécessaire pour réunir le financement des investissements lourds et rentabiliser au mieux ces lourds investissements et assurer en même temps une bonne gestion financière pendant plusieurs années pour que la société publique soit profitable, Solvable et liquide? Là est la question, tant qu’on n’a pas eu des garanties certaines que la réponse à cette question est positive on n’applaudît personne, on écoute et on laisse le Temps agir. Wa Salam

A
Anonyme il y a 3 ans

Pour une fois, je donne raison à ces partis politiques. Un passage en force ne construira jamais une démocratie forte comme souhaitable. Chacun doit rester dans les limites de ses prérogatives.