lundi 20 avril 2026
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Dissidence des partis: Désaveu sur la démocratie

Par Mali Tribune 1,195 vues
Dissidence des partis: Désaveu sur la démocratie

La dissidence au sein et entre les partis politiques est une réelle menace et de désaveu pour la démocratie malienne. Parmi les 3 grands partis politiques au Mali à savoir, l’Adema, l’URD et le RPM, les deux derniers sont devant la Cour suprême et l’autre à côté du régime militaire à Koulouba. La démocratie, elle, sans parrain ni défense, prend ses valises petit à petit et cède la place à un futur régime totalitaire. Une véritable disgrâce.

En 1991, des hommes et des femmes se sont réunis en association et en mouvements politiques pour faire tomber le régime militaire du dictateur Moussa Traoré. En 30 ans, des institutions ont été mises en place. Les 3 pouvoirs sont séparés même si pas très indépendants dans l’exercice mais les infrastructures et l’esprit est là. Les libertés sont acquises. Droit à la parole, à la pensée et à l’expression. Les créations des partis politiques libérées. La concurrence à la conquête du pouvoir se fait sans crainte ni peur. L’opposition a eu une sa place. Oui certes, avec un manque de développement mais qui n’est aucunement imputable à la démocratie, mais à la mauvaise gouvernance. Et cela incombe aux hommes et aux femmes et serait propre aussi à la dictature qu’à la démocratie. Exemple : ça n’a pas changé.

Avec toutes ces grandes réalisations où  à part les affaires politiques, le Droit semble réellement être dit. Aucun haut gradé de l’armée ne peut emprisonner son voisin pour des disputes. Aucun proche du pouvoir ne peut faire disparaitre un rival du quartier. Tout simplement parce qu’il est proche du pouvoir. Jadis, c’était comme ça. Et d’un coup de revers, tout le bilan de la mauvaise gouvernance des hommes et des femmes peu respectueux des lois, est amputé à la Démocratie. Quel gâchis ? Et cela devant des démocrates qui peut-être ignoraient la République qui avait été bâtie. La République de la Constitution de 1992. La République de 8 institutions et 3 pouvoirs avec une Presse et un peuple. D’un Etat laïque et démocratique. Où tout se lisait ou devrait se lire à partir de cette Constitution. La 4ème République.

Hélas ! Tout ceci est en train de tomber dans l’eau non pas parce que un groupe de militaires soutenu par un peuple peu averti de ce qui les attend confisque le pouvoir, mais parce que les Démocrates se sont laissés faire, ont fait et ont accepté que ça soit fait. Est-ce par ignorance ? Est-ce par égoïsme ? Est-ce par manque de conviction ?  Personne ne saurait répondre mais la situation se dégrade de plus en plus car par finir avec cette dissidence des partis politiques, un grand alibi se crée pour laisser bon cours aux militaires de durer au pouvoir aussi longtemps qu’ils le veulent. Et pire, ce serait très difficile de reconstruire le chantier immatériel déjà bâti en l’exercice démocratie si l’on s’éloigne trop longtemps.

Il est grand temps pour les partis politiques et mouvements démocratiques de savoir qui est le véritable ennemi. Nul autre que la future dictature qui se prône à l’horizon. Hors transition qui se prépare. Le Mali et la République ont leur défense, l’armée. Mais la démocratie est en train de perdre la sienne, les partis politiques, trop occupés à des querelles internes et à des gains individuels. A chacun sa mission. Aux militaires, la sécurité et la défense et aux partis politiques, la gestion du pouvoir et de la cité. A chacun sa formation et à chacun sa capacité. Et cela, c’est aux partis politiques de préserver et de défendre au moins, en disant Non et ensemble.

 

Koureichy Cissé

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Commentaires (3)

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A
Anonyme il y a 3 ans

Cher monsieur,vous êtes sans doute sincère,mais vous défendez mal la démocratie. Celle ci a des milliers d'années d'existence. Et de tout temps la dissidence a toujours été au coeur de la démocratie. Cela n'est pas une faiblesse mais bien une force. Quand des esprits faibles comme Seydou viennent se permettre de faire la ni-que à la démocratie,c'est qu'elle a été honteusement vilipendée.Notre République sera toujours plus honorable qu'un quelconque pouvoir issu de la force publique usurpée !

C
cissé il y a 3 ans

Monsieur Seydou a déjà anticipé sur certaines de mes réponses par rapport à cet article. Néanmoins, je tiens à ajouter ma réflexion. La dissidence des partis politiques, objet du titre de cet article, a commencé au plus fort du règne démocratique comme l'a rappelé Seydou. Les querelles internes politiques n'ont jamais cessés. En l'imputant sous la transition actuelle, vous ne faites pas preuve d'impartialité. A titre d'exemple, c'est durant le règne démocratique que le journaliste communément appelé "DRAGON" a été embastillé et jeté pour mort, sans réaction apparente de qui que ce soit. A propos de disparition, votre confrère TOURE, au plus fort du régime défunt, est porté disparu jusqu'à ce jour. Ces deux faits notables ne se sont pas passés durant cette transition que vous diabolisez facilement. Aucun démocrate ne s'est laissé faire face à la situation actuelle, au contraire, les leçons tirées durant 30 années d'exercice démocratiques, avec en ligne de mire, la mauvaise gestion de l'Etat, ont permis à certains, avec le recul du temps, de faire leur méa culpa, en sourdine. Durant 30 années, il y a eu certes des œuvres inestimables qui ont été réalisées, mais dans l'ensemble, ce qui aurait du être fait pour la grandeur du Mali, ne l'a pas été. Que dites de 50 milliards de francs CFA détournés chaque année, depuis des lustres, comme l'atteste les différents rapports du Vérificateur Général ? La Constitution de 1992, comme toute œuvre, est à parfaire. C'est pour cette raison que la justice à deux vitesses consacrées dans celle-ci, dont l'une pour la majorité des citoyens condamnés avec le Code de Procédure Pénal et l'autre d'exception pour les gouvernants hauts perchés, est attentatoire à cette même Constitution, qui proclame que tous les maliens naissent libres et égaux en droits et devoirs. Dans la conclusion de votre article, vous vous inquiétez de la future dictature militaire qui profile à l'horizon, en oubliant que tous les maliens naissent libres et égaux devant la Loi. J'ai de la considération et du respect pour certains partis politiques qui doivent saisir cette opportunité de la transition, afin de repartir sur de bases saines pour la reconquête du pouvoir. Celui qui sait être flexible et pragmatique dans les prises de décisions, a la chance de pouvoir traverser les turbulences, en toute sérénité. Ensemble, aidons la Transition à surmonter les difficultés du moment, dans le seul intérêt supérieur de la nation. MALIBA

S
Seydou il y a 3 ans

Comme dit le musicien Ivoirien Serge Kassi,' Waari bana il a changé de camp'. Au Mali on choisi un parti politique rarement par conviction ou par idéologie .on choisi le côté du pouvoir, le côté du fric.Quand il ya plus d'argent on s'en va. C'est pas Zoumana Mory Coulibaly qui fut le bras financier de presque tous les regimes depuis Adema en 1991...jusqu'à IBK.il a toujours été du côté du pouvoir, donc du fric. Comme Bakary Togola de APCAM. Tous ces grands partis son liés à une seule personne, généralement le chef, depuis 1991. US-RDA, quand Tiéoulé Mamadou Konaté est mort dans un accident près de Segou en 1995, le parti ne s'en est jamais remis.Avant cet accident la désignation du candidat entre Tieoule et Baba Hakim Haidara avaït déjà affaibli ce grand parti historique. Adema, quand AOK après 2 mandats est parti sans désigner un candidat, le parti est parti en hameaux.URD, RPM...en sont sortis et sont devenus plus importants que Adema. URD, avec la disparition brutale de Soumi, le parti n'arrive plus à mobiliser, querelles de succession . RPM, pas de pouvoir, pas d'argent.tout tournait autour de IBK.sa sa disparition sonne unelongue traversée du désert sinon la mort de ce parti qui n'a d'ailleurs jamais été majoritaire .IBK s'appuyait sur les petits partis moyennant postes dans le gouvernement. CNID, Mountaga Tall, chef depuis 1991...sachant qu'il ne sera jamais président.Pourquoi? en 1991 durant la révolution, Tall a fui au Sénégal.C'est après le coup d'Etat qu'il est revenu.le Malien n'aime pas être abandonné en plein combat. Parena, dissident du CNID, le bélier en chef dirige ce parti comme une affaire familiale. Les politiciens honnêtes, Zoumana Sacko, Check Modibo Diarra ne se donnent pas à fond .en plus Zou prend de l'âge. Que reste tilt du mouvement démocratique de 1991? Les jeunes de l' après 1991 sont-il prêts à assurer la relève ? Les Thiam, Diallo.... Pas si sûr. et nos colonels patriotes de l' après élections? après lès désaccords et brouille avec la france, et si un candidat pro-français sera élu?Quel sort le sort de nos colonels et de Choguel? Nos colonels seront obligés d'assurer leur arrière.Il n'a pas de neutralité dans une élection.Nos colonels seront obligés de faire un choix parmi les candidats.un candidat qui pense comme eux, un candidat qui a leur vision du Mali Kura...Pas un candidat qui va faire la courbette devant macron et compromettre leur quiétude de l' après élections.Surtout qu'un président ramène toute la politque à avant 2020. Nos colonel ne sont pas suicidaires.Ils feront le ménage avant de partir.