samedi 18 avril 2026
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Éligibilité des militaires au terme de la transition: Le colonel Assimi a définitivement tombé le masque

Par Le Nouveau Réveil 1,391 vues
Éligibilité des militaires au terme de la transition: Le colonel Assimi a définitivement tombé le masque

Au moment où se dessine le chronogramme de retour à l’ordre constitutionnel normal au Mali, c’est un véritable pavé que la société civile a jeté dans la mare, alors que toute l’attention des acteurs était portée sur les divergences entre le gouvernement et le Conseil national de transition (CNT) concernant la nouvelle loi électorale adoptée le 17 juin 2022 par l’organe législatif de transition et qui a été promulguée dans le journal officiel par le chef de l’État, le 24 juin 2022.

Il s’agit de l’éligibilité des militaires au terme de la transition en cours à Bamako. Une nouvelle disposition chargée de poudre à canon, qui risque de mettre le feu aux poudres, si l’on n’y prend garde, étant entendu qu’au départ, il n’était pas question que les dirigeants de la transition puissent prétendre à un quelconque poste électif au terme de leur intérim. De fait, la Charte de la transition interdit clairement au président de se présenter aux prochaines élections censées signer la fin de sa mission.

Assimi est-il en train de creuser la tombe du Mali ?

Mais la subtilité est qu’aux termes de la nouvelle loi, la possibilité est offerte aux militaires membres des organes dirigeants de la transition, de se présenter à condition de rendre leur démission quatre mois avant la tenue des élections. Le fait est que cette nouvelle disposition serait sans doute passée inaperçue dans l’océan des amendements que la loi électorale a subis, n’eût été la vigilance de la  Mission d’observation des élections au Mali (Modèle Mali), composée d’experts de la société civile, qui a relevé la supercherie dans son dernier rapport. On voit donc venir Assimi Goïta. Et l’on peut même se demander si ce n’est pas à dessein que le débat était focalisé sur les autres points de divergences entre l’Exécutif et l’organe législatif, à l’effet de faire passer insidieusement la pilule. Toujours est-il que le scénario qui se dessine, et l’on en serait pas étonné, est de voir le locataire du palais de Koulouba larguer les amarres de la transition à quelques encablures de la prochaine présidentielle, pour se porter candidat. D’autant que dans la version révisée de la charte, le terrain a été balisé de sorte qu’en cas de vacance de la présidence de la transition « pour quelque cause que ce soit », le président du CNT, qui n’est personne d’autre que son frère d’armes, le colonel Malick Diaw, puisse le remplacer. Si ce n’est pas une façon d’assurer ses arrières pour mieux franchir le cap à la conquête du fauteuil présidentiel dans une volonté de légitimation de son pouvoir par les urnes, cela y ressemble fort.  Mais le pari paraît risqué.  Et pour Assimi Goïta, et pour le Mali.

En attendant, le moins que l’on puisse dire, c’est que le colonel Assimi Goïta a définitivement tombé le masque. Mais en donnant l’impression de jouer le jeu pour finalement montrer un tel visage de malignité, Assimi Goïta ne rend pas service au Mali. Car, au-delà de la mauvaise foi et de la volonté manifeste de conserver le pouvoir, c’est une loi très explosive qui expose le pays à d’énormes risques de déflagrations internes.

Assimi Goïta gagnerait à marcher sur les pas du  général Amadou Toumani Touré (ATT) ou encore du colonel Salou Djibo

Et la classe politique et la société civile ne devraient pas tarder à tirer les longs couteaux. D’autant qu’en dehors de cet amendement, des voix s’étaient élevées au sein de la classe politique, notamment le M5-RFP, pour « suggérer au président de la transition de ne pas promulguer la loi amendée par le CNT », arguant du fait que la presque centaine d’amendements apportés par le CNT « dénaturent profondément » le texte initial. C’est dire si la nouvelle loi est loin de faire l’unanimité, et comporte en elle-même les germes d’une crise pré et post-électorale d’envergure.  Mais, si à la crise sécuritaire déjà très préoccupante, devait s’ajouter une crise politique qui pourrait davantage exacerber les tensions sociopolitiques, on se demande si Assimi Goïta ne creuserait pas la tombe du Mali, de par la promulgation d’une telle loi.  Car, non seulement ça risque de cailler au propre comme au figuré à l’interne avec tous les risques de voir fuir les partenaires, mais cela pourrait ne pas arranger non plus les rapports du pays avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui est toujours en attente  de signaux positifs pour lever ses sanctions.  Le Mali n’a pas besoin de ça. Dans le contexte actuel qui est le sien, il a plutôt  besoin d’aller à des élections dans la sérénité, avec l’accompagnement de la communauté internationale pour l’aider à sortir de la mauvaise passe qu’il traverse. C’est le seul combat qui vaille pour les dirigeants de la transition. C’est pourquoi, s’il veut entrer dans l’histoire par la grande porte et c’est tout le mal qu’on lui souhaite, Assimi Goïta gagnerait à marcher sur les pas d’aînés comme le général malien Amadou Toumani Touré (ATT) ou encore le colonel nigérien Salou Djibo. Deux officiers supérieurs restés célèbres dans l’histoire pour avoir su rétablir la démocratie dans leurs pays respectifs au terme des transitions qu’ils ont menées à la suite de coups d’État.  Toute chose qui ne l’empêche en rien de revenir plus tard sur la scène politique. Mais s’il choisi le scénario à la Gueï,  ce général ivoirien « venu balayer » le palais présidentiel pour mieux s’y installer, l’histoire pourrait se charger de lui rappeler que les mêmes contorsions politiques conduisent toujours aux mêmes résultats désastreux. Ce serait bien dommage.

  1. Diallo
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Commentaires (14)

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A
Anonyme il y a 2 ans

Loin de la françafrique ce qui n'a pas empêché le Mali de sombrer. Devinez pourquoi ,? L'incompétence et la corruption !!!

D
Dogon64 il y a 2 ans

Mais avec ce gouvernement d'incompétents le Mali ne va pas non plus en avant !! Qu'ont fait ces colonels depuis 2020 à part acheter du vieux matériel militaire russe à coups de ressources minières du Mali ???? Tout va mal l'économie, l'éducation, des grèves sans arrêt, les terroristes qui attaquent partout même le 1er ministre ne peut plus aller dans son village, les prix n'arrêtent pas de grimper, et vous appelez çà être sur les bons rails ????? Ce n'est pas possible vous êtes payé pour écrire ces bêtises ?

A
Anonyme il y a 2 ans

Oui n'a jamais fait partie de la françafrique ...

A
Anonyme il y a 2 ans

Le Mali n'a jamais partie de ce qui est appelé françafrique, c'est plutôt un vieil allié des soviétiques !!!

J
JMR il y a 2 ans

Assimi doit reste, nous les africains nous ne sommes pas assez évolués pour prendre notre destin en main. A défaut des colons prenons les colonels.

C
Coulibaly il y a 2 ans

Je pense que nos politiques doivent avoir honte pour leur gestion calamiteuse de ce pays durant toutes ces années. Donc on a qu'à laisser ces militaires de pouvoir mettre sur le bon rail

H
Hum il y a 2 ans

Que les militaires restent au pouvoir, les hommes ploitiques ont deçu.

H
Hum il y a 2 ans

Que les militaires restent au pouvoir, les hommes ploitiques ont deçu.

H
Hum il y a 2 ans

Que les militaires restent au pouvoir, les hommes ploitiques ont deçu.

A
Anonyme il y a 2 ans

Pauvre Diallo! Alors faire tout ça pour laisser venir toute une génération, la même, suppôt de la Françafrique, donc de la France à fric? Pauvre type, on ne reviendra plus en arrière !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Je suis novice en politique mais en toute sincérité je n'ai plus confiance en nos politiciens maliens.

A
Anonyme il y a 2 ans

Assimi y est, Assimi y restera, que ça plaise ou non. Ceux qui ne sont pas contents peuvent migrer en Papouasie .. où ailleurs.

A
Anonyme il y a 2 ans

Depuis le début,ces colonels mènent,le pays et la communauté internationale en bateau ! Ils détestent aller au combat,mais sont friands de salons climatisés. Le confort quand il vous tient,c'est pour la vie. On ne les a pas choisis,mais ils deviennent encombrants !!!

I
Il faut le dire! il y a 2 ans

Bien sûr que "Assimi Goïta gagnerait à marcher sur les pas du général Amadou Toumani Touré (ATT) ou encore du colonel Salou Djibo,; Toute chose qui ne l’empêche en rien de revenir plus tard sur la scène politique. Mais s’il choisit le scénario à la Gueï, ce général ivoirien « venu balayer » le palais présidentiel pour mieux s’y installer, l’histoire pourrait se charger de lui rappeler que les mêmes contorsions politiques conduisent toujours aux mêmes résultats désastreux. Ce serait bien dommage.", c'est un avertissement/recommandation de prudence en politique qui ne rime/se conjugue pas avec les "visées monarchiques et dictatoriales" rêvées et cauchemardeuses" qui ne riment pas avec les velléités d"Assimi GOÏTA, le putschiste bidasse de Kati Camp " qui, se prenant pour un "Jupiter/Napoléon malien", venu au pouvoir pour sauver le rafiot malien en déperdition, aurait accompli sa mission de Sapeur-pompier, pour éteindre le feu qui dévorait le Maliba, en 2020, estime qu'il doit bénéficier des avantages en se faisant élire, à la "Sékou TOURE de Guinée, de se perpétuer au pouvoir politique au Mali, autant qu'il voudrait!