vendredi 17 avril 2026
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Renforcement de la démocratie : Le NIMD ouvre le débat sur les perspectives de la nouvelle constitution

Par Lerepublicainmali 762 vues

La démocratie commence par le dialogue. Toute démocratie a besoin des démocrates. C’est fort de cette conviction que l’Institut Néerlandais pour la démocratie Multipartite (NIMD) a organisé un café politique sur le thème « La nouvelle constitution, quelles perspectives pour la démocratie au Mali ». Les panélistes étaient, Pr. Cheick Amala Touré, constitutionnaliste ; Dr. Konimba Sidibé, membre du M5-RFP Mali Kura et Souleymane Dembélé, membre du Conseil National de Transition (CNT). Cette activité qui renforce la démocratie malienne s’est tenue le 24 août 2023 au Mémorial Modibo Kéita.

L’organisation de ce café politique entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’Ecoles de formation démocratique et politique (PREFODEP) phase II. A travers ce cadre de dialogue, le NIMD, avec son statut d’organisation non gouvernementale, entend contribuer à promouvoir la politique paisible, juste, inclusive et représentative partout dans le monde. La représentante pays coordinatrice du NIMD, Dédé Facoma Manko d’Améida, a remercié les panélistes pour leur disponibilité et aussi l’Union Européenne qui soutient financièrement le NIMD. « De 2021 à 2022, nous avons déjà formé 210 jeunes à Bamako avec pour objectif le renouvellement de la classe politique. Ce café politique renforce l’esprit critique des apprenants, le dialogue multi acteurs et le réseautage social. La nouvelle constitution nous fait rentrer dans un nouvel air. La qualité des panélistes nous aidera à mieux cerner le sujet. », a expliqué la représentante pays coordinatrice du NIMD.

En soutien à cette initiative qui renforce la démocratie malienne, le chargé d’affaires de la délégation de l’Union Européenne au Mali, Monsieur Pascal, s’est dit confiant en la jeunesse malienne pour sa capacité d’écoute et d’analyse sur le texte fondamental du pays. Ces genres d’initiatives, dit-il, sont à saluer et à soutenir. « La constitution est la loi fondamentale à partir de laquelle tout va se construire, c’est très important de la connaître. Ce café politique est très important. L’Union Européenne soutient cette initiative qui éclaire les jeunes », a affirmé Monsieur Pascal.

Depuis le 22 juillet 2023, le Mali dispose d’une nouvelle constitution qui a ouvert la voie à la quatrième République. Le segment qui a permis l’adoption de cette constitution est la démocratie. Evoquant cette démocratie, Pr. Cheick Amala Touré, constitutionnaliste, a déploré que l’une de ses failles est le fait qu’il n’y a pas eu assez d’informations sur le mode de gouvernance. « La meilleure des constitutions, je n’en connais pas. Les institutions sont nées sur la base de la demande des citoyens. On a fait une constitution taillée sur la mesure de quelqu’un. Cette constitution pourrait être la bonne si les hommes politiques étaient de bonne foi. Quand il y a une crise politique, il faut une réponse politique. Le problème du Mali réside dans la justice. Une distribution saine de la justice va régler plusieurs problèmes. Il faut mettre en place des mécanismes appropriés pour la bonne organisation des élections qui doivent être accompagnées par la bonne foi des acteurs politiques », a déclaré Pr. Cheick Amala Touré.

Homme politique malien et ancien ministre, Konimba Sidibé a révélé que la démocratie a été rejetée au Mali. De son analyse sur le sujet, le président du parti MODEC a fait savoir qu’il existe au Mali une démocratie formelle qui est sur le papier et une démocratie réelle que l’on vit dans la réalité. « Par rapport à l’Etat de droit, il y a des améliorations, par exemple la redevabilité, la responsabilité pénale des ministres de la République devant la Cour Suprême. Quand on dit que l’immunité parlementaire des députés est désormais limitée dans le cadre de l’exercice de leur fonction, il y a des éléments intéressants dans cette constitution, mais je dis globalement que ce n’est pas une avancée démocratique. Des insuffisances l’emportent sur quelques progrès que nous avons constatés », a indiqué l’ancien ministre Konimba Sidibé.

Membre du directoire du M5-RFP Mali Kura, Konimba Sidibé a insisté sur le respect de l’équilibre des pouvoirs afin que le pouvoir puisse arrêter le pouvoir. Attaché au respect de l’Etat de droit, l’ancien député à l’Assemblée nationale du Mali dira que la redevabilité est un pilier de la démocratie. Poursuivant dans ses propos, l’ancien ministre a laissé entendre ce qui suit : « Le malheur du Mali est qu’on a eu des présidents de la République qui n’ont eu aucun respect pour leurs partis et pour le peuple. L’impunité règne à tous les niveaux et la corruption généralisée a pourri la démocratie. La pauvreté de masse joue sur la démocratie au Mali, car des gens prennent 1000FCFA pour voter un candidat. Les coups d’Etat sont des périodes de régression et la démocratie est une construction permanente avec des hauts et des bas ».

La nouvelle constitution en vigueur est une recommandation des Assises nationales de la refondation (ANR). Cela a été rappelé par Souleymane Dembélé, membre du Conseil National de la Transition (CNT). Cette dernière estime que ce nouvel texte fondamental du pays a pris en compte les besoins exprimés par les citoyens. « La nouvelle constitution renforce la démocratie. Le Président de la République peut être interpellé aux besoins pour le démettre de ses fonctions. C’est une innovation et le CNT a été à l’écoute de tous pour l’élaboration de cette constitution », a-t-il dit.

Pour conclure son intervention, Souleymane Dembélé a invité les jeunes à s’intéresser aux débats concernant la vie de la nation. Il a aussi prodigué des conseils à la couche juvénile pour qu’elle ne se laisse pas s’acheter par les politiques.

Sidiki Dembélé

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