Gestion des crises: Les médias au Sahel fortement interpellés
Le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation, le colonel-major Ismaël Wagué a présidé ce mardi 28 novembre 2023, la cérémonie d’ouverture du séminaire international sur le "rôle des médias dans la gestion des crises au Sahel". Ce séminaire qui s’est tenu du 28 au 30 novembre 2023, a été organisé par l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye EMP-ABB), dans sa salle de conférence.
L’EMP-ABB a organisé le séminaire international sur le "rôle des médias dans la gestion des crises au Sahel" à travers son Centre d’analyse et de recherche de l’espace sahélo-saharien Modibo Goïta (Caress) avec l’appui financier de la République algérienne démocratique et populaire.
Cette initiative a pour objectif principal d’inciter et d’aider les experts et acteurs de médias à réfléchir et proposer des voies et moyens pouvant aider les professionnels du secteur à mieux s’outiller pour contribuer à la construction de la paix dans un Sahel durement éprouvé par des crises multidimensionnelles.
Depuis plusieurs années, les pays du sahel, plus particulièrement le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad, fond face à une crise sécuritaire multidimensionnelle qui affecte leur développement et suscite beaucoup de questionnements sur la gouvernance.
Les médias et la société civile de ces Etats sahéliens ne peuvent rester indifférents à ces difficultés multiformes. Ils se voient donc interpellés quant au rôle qu’ils peuvent jouer dans la sortie de crise et quant à la place qu’ils doivent prendre dans la réduction de l’instabilité.
Selon le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation, le colonel-major Ismaël Wagué, les médias sont au cœur des enjeux.
En situation de crise, dit-il, les médias sont souvent la première source d’information des citoyens, bien avant que les autorités publiques puissent prendre en charge la communication.
Leur mission est dès lors essentielle, car ils doivent fournir une information claire, précise, rapide et responsable afin d’aider les citoyens à assurer leur sécurité, en lien ou en parallèle avec les services compétents de l’Etat.
"Par leur traitement rigoureux de l’information, leur gestion symbolique de la crise, le contrôle de leurs émotions, leur gravité et leur empathie, les médias peuvent rassurer l’opinion", ajoute-t-il.
Le directeur général de l’EMP-ABB, le colonel Souleymane Sangaré, partage la même idée en disant que les médias ont un rôle vital à jouer dans la résolution des conflits et la promotion de la paix. Leur capacité à éduquer, sensibiliser et créer un espace de dialogue est essentielle pour construire des sociétés pacifiques et résilientes.
L’ancien ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Gaoussou Drabo, qui a fait un exposé portant sur la leçon inaugurale, a fait ressortir les différentes perceptions de l’information. Au sujet de la guerre informationnelle, il a invité à faire le distinguo entre la mésinformation, la désinformation et la mal-information.
Des experts venant de l’espace sahélo-saharien ont animé des panels qui ont offert des occasions de débats très enrichissants, qui ont suggéré de déconstruire un certain nombre de pratiques imputables à la fois aux médias et aux autorités des pays du Sahel, celles-ci se focalisant notamment sur la clarification de certains concepts (sujets sensibles, secret, etc.)
Zeïnabou Fofana