vendredi 17 avril 2026
Contact
Malijet

Amadou Koita à la conférence débat de l’ADEMA-Association: ''accuser les partis politiques de tous les péchés d’Israël ne nous fera pas avancer’’

Par Info Matin 3,087 vues
Amadou Koita à la conférence débat de l’ADEMA-Association: ''accuser les partis politiques de tous les péchés d’Israël ne nous fera pas avancer’’

En principe, c’est le 26 mars prochain qui marquera la fin officielle de la transition en cours dans notre pays, conformément au décret qui a été pris par le Président de la transition portant prolongation du délai de la transition. A moins de deux semaines de cette date fatidique, rien ne semble encore avoir été décidé par rapport à la suite de cette transition. Seule évidence, l’élection du Président de la République, initialement prévue en février dernier, a connu un léger report. L’annonce a été faite par les autorités de transition le mois de septembre dernier, sans donner une nouvelle date.

Aujourd’hui, la question de la fin de la transition est devenue un secret de polichinelle. Une situation qui préoccupe certains acteurs de la classe politique à l’image de l’ancien ministre Amadou KOÏTA, président du parti PS Yelen Kura, qui a dénoncé, le samedi dernier, le fait que personne ne parle de la fin de la transition militaire au Mali qui, selon lui, doit en principe prendre fin le 26 mars 2024. Cela, conformément au décret qui a été pris par le Président de la transition portant prolongation du délai de la transition.

L’ancien ministre a évoqué le sujet à la faveur de la conférence débat de l’Adema Association sur le thème : «les défis de la mise en œuvre de la constitution du 22 juillet 2023 », le samedi 16 mars 2024 à la Pyramide du souvenir.

L’ancien ministre Amadou KOITA qui n’a pas sa langue dans la poche n’a pas passé par 4 chemins pour dire qu’il y a une menace sur la démocratie au Mali.

Il va plus loin en appuyant sur la sonnette d’alarme en ces termes : ’’il y a péril en la demeure’’.

Il s’est interrogé sur l’avenir du Mali et des maliens après le 26 mars 2024, avant de lancer un message à la classe politique, aux démocrates et aux hommes politiques.

Dans ce message, Amadou KOÏTA éveille la conscience collective et invite les forces vives à se lever pour sauver le Mali, la démocratie, la République et l’Etat de droit.

Selon lui, il ne faut pas qu’on continue de maintenir la confusion. «Nous les intellectuels, nous devons éclairer l’opinion. On ne doit pas continuer à se demander si la nouvelle Constitution permettait aux autorités de la transition de se porter candidat. Après mars 91, et l’adoption d’une nouvelle Constitution, celle-ci n’est rentrée en vigueur qu’après l’élection d’un Président légitime », a-t-il expliqué.

Alors que la nouvelle Constitution, selon ses initiateurs, vise à renforcer l’état de droit et la démocratie, l’ancien ministre KOÏTA dit avoir l’impression que certains ont des problèmes avec les partis politiques.

«Vous l’avez dit dans votre intervention et vous ne cessez de dire sur les plateaux en traitant les partis et les hommes politiques comme des hommes alimentaires ; en pensant que le Mali n’est pas aussi mûr pour la démocratie. En résumant la démocratie au discours de la Baule. En la matière, il n’y a pas de confusion, il n’y a pas de démocratie sans les partis politiques. Je ne sais pas si c’est votre sentiment réel ou si vous êtes en mission commandée pour affaiblir la classe politique.», s’est-il attaqué à Me Cheick Oumar KONARE, l’un des conférenciers.

Il ressort de son propos que depuis 1968, et même bien avant, les Maliens se sont battus pour la démocratie, dans la clandestinité.

«Le discours de la Baule est venu de manière contextuelle, mais le combat était déjà là. Penser que le Mali n’est pas fait pour la démocratie, insulter les partis politiques, traiter les partis politiques de tous les noms d’Israël, je ne pense pas que ça soit ça qui nous fera avancer», s’est-t-il insurgé.

Il a rappelé que la Constitution de février 92 stipule que le coup d’Etat est imprescriptible.

Et regrette de constater que la Cour constitutionnelle a blanchi le coup d’Etat en organisant, une première fois une cérémonie de prestation de serment pour Bah N’DAW et Assimi GOÏTA, et 9 mois après, une autre cérémonie d’investiture pour le Colonel Assimi.

«C’est là où nous devons faire attention. Si nous devons respecter la mémoire des martyrs, évitons de telles choses», a-t-il conseillé.

«Je lance un appel à tous les démocrates, il y a une menace sur la démocratie aujourd’hui», a-t-il mis en garde.

M. KOITA a rappelé que nous sommes dans une transition qui doit officiellement prendre fin le 26 mars prochain.

«Personne n’en parle, nous devions en parler aujourd’hui, le 26 mars, en principe, c’est la fin de la transition, conformément au décret qui a été pris par le Président de la Transition portant prolongation du délai de la transition. Après, on nous a parlé d’un léger report, mais personne n’en parle. On serait dans quoi après le 26 mars ? », s’est-il interrogé.

Pour lui, c’est la classe politique qui doit se lever pour sauver la démocratie, la République, l’état de droit et le Mali.

Pour rappel, la transition au Mali a été prorogée de 24 mois à compter du 26 mars 2022 selon un décret signé par le colonel Assimi GOÏTA.

L’annonce a été faite le 6 juin 2022 à la télévision nationale par le ministre porte-parole du gouvernement de transition.

Le ministre de l’administration territoriale, le Colonel Abdoulaye Maïga, a indiqué que ce décret vise à éviter un vide juridique. Il a ajouté que ce délai de 24 mois qui a commencé à la fin de la première partie de la transition est une réponse à ceux qui pensent que les autorités veulent s’éterniser au pouvoir. Pour le ministre Maïga, c’est aussi la preuve de la volonté du dialogue avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Le ministre a soutenu qu’avec ce décret, l’élaboration d’un chronogramme est fort aisée et imminente.

Le porte-parole du Gouvernement a aussi précisé que les chefs d’État de la CEDEAO sont informés de cette décision.

Par Abdoulaye OUATTARA

Partager:

Commentaires (5)

Laisser un commentaire

A
Anonyme il y a 2 ans

Voilà des accusations qui n'ont aucun sens.En démocratie,c'est très facile de se débarrasser d'un politique,en votant contre lui. Allez faire bouger un colonel,qui pense être l'élu de Dieu !!! Jusqu'au jour où le glaive de Dieu tombera.

A
Anonyme il y a 2 ans

Cissé tu es léger,et même trop léger. Non seulement l'histoire bégaie,mais aussi et surtout,nul n'est capable de la prédire. On patauge dans le contentement de soi ! Cela ne fera jamais un grand Mali !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Pardon,Inclinaison, bien sûr !

A
Anonyme il y a 2 ans

La débâcle de 2012 /13 ,est arrivée après une incursion écervelée de ce capitaine Sanogo. La démocratie avait donc été perturbée ! Soyez équitable dans vos affirmations. Mais les soumis,ne concervent que ce qui les conforte,dans leur inclination !!!

C
cissé il y a 2 ans

Les maliens ne sont pas contre les partis politiques. Les maliens sont contre ceux qui veulent se pérenniser au pouvoir après 30 ans de démocratie à travers des fonctions officielles. Il n'y a pas péril en la demeure. Ce sont certains partis politiques qui pensent à tort que l'usure du pouvoir, les autorise à avoir droit de regard certain, sur les grandes décisions de l'Etat. Il est plus facile de se résigner à l'alternance du pouvoir que de vouloir s'y accrocher, en perdant de vue le changement générationnelle. Entre 1992 et 2019, ce qui a été accompli n'est pas à hauteur de souhait, par rapport aux potentialités économiques existants du Mali. Il n'y a jamais eu durant cette période, une pause sur l'autocritique démocratique afin de répartir sur de bases saines. Chacun des gouvernants étaient plus préoccupés à conserver le pouvoir, au gré de multiples élections, au détriment de la majorité. Pire, le pays a frôlé sa partition avec l’annexion de Kidal en son temps, sous le règne pourtant démocratique de civils. L'histoire ne bégaie pas. Après le 26 Mars 2024, le Mali sous la transition actuelle, avancera lentement et surement avec ses voisins du sahel, au sein de l'AES, pour marquer une rupture définitive avec l'asservissement. MALIBA