jeudi 16 avril 2026
Contact
Malijet

Froid diplomatique aux portes du Sahel : La guerre des mots entre Alger et Bamako

Par Mali Tribune 2,973 vues
Froid diplomatique aux portes du Sahel : La guerre des mots entre Alger et Bamako

Les relations diplomatiques entre Alger et Bamako viennent de connaître une nouvelle étape cruciale. Les  frappes aériennes menées par Bamako autour de la commune frontalière de Tinzawaten ont vivement fait réagir Alger.  En clair, rien ne va plus entre le Mali et l’Algérie.

Dans le cadre de la reconquête et de sécurisation du territoire national, l’armée malienne continue de mener des frappes aériennes dans la zone de Tinzawaten. Ces frappes attisent la colère de l’Algérie qui affirme  qu’aucune coordination n’a été faite avec elle avant d’effectuer ces frappes de drones.

Ces dernières semaines, les autorités algériennes sont montées au créneau pour dénoncer  cette série de frappes de drones ciblant les environs de la ville de Tinzawaten, commune frontalière à cheval entre le Mali et l’Algérie. Alger demande à l’ONU de mettre un terme aux violations des armées privées utilisées par certains pays tout en demandant de sanctionner ceux qui ont appuyé sur la gâchette.

Cette déclaration des diplomates algériens a jeté de nouveau un nuage épais sur les relations entre les deux voisins, déjà mal en point depuis la mise à mort par Bamako de l’accord de paix d’Alger, signé en 2015 entre le Mali et les rebelles.

Selon des spécialistes sécuritaires au Sahel, l’instabilité sécuritaire qui prévaut dans la zone de Tinzawaten irrite Alger qui craint pour sa propre sécurité.

“L’instabilité récente au Mali, due au conflit à propos de l’autodétermination de l’Azawad, terme utilisé par les indépendantistes, a plongé l’Algérie dans une situation difficile. Aujourd’hui elle craint des répercussions pour sa propre sécurité. On a vu ces derniers jours Alger fortifier ses frontières et déployer davantage de troupes à la frontière avec le Mali, comme d’ailleurs avec la Libye et le Maroc. Donc les inquiétudes des autorités algériennes sont compréhensives vis-à-vis de ce qui prévaut à ses frontières”, analyse une spécialiste en sécurité.

“Or, au regard du contexte régional, il est dans l’intérêt des deux voisins de travailler à se donner la main au risque de jouer le jeu des terroristes, qui se moquent des frontières. Car, on ne le dira jamais assez, la lutte contre le terrorisme, pour être efficace, doit se mener dans la mutualisation des efforts, notamment à travers le partage de renseignements et des opérations conjointes. Inutile donc de dire que s’ils ne se blairent pas, Alger et Bamako ne pourront pas collaborer en vue de porter l’estocade aux groupes armés terroristes qui continuent de semer la mort et la désolation sur leur chemin”, ajoute-il.

Un autre spécialiste malien en sécurité et  lutte contre l’extrémisme violent au Sahel  explique à son tour que l’Algérie est complice de toute cette instabilité dans cette partie du Sahel.

“L’Algérie joue et continue de jouer un double jeu dans cette crise malienne. Au lieu de trouver une solution pérenne pour stabiliser la bande sahélo-saharienne,  elle s’est taillé la part du loup en se faisant passer comme le leader incontournable et incontesté dans les différentes rébellions que le Mali a connues. Les agissements du grand voisin laissent entendre que le Mali est sa chasse gardée, et qu’il doit à ce titre être régi par la pax algeriana à l’exclusion de toutes les autres. Alger a accepté d’offrir le gîte et le couvert aux rebelles Touaregs chassés de Kidal à la fin de 2023”, rappelle notre spécialiste.

“En termes de lutte contre le terrorisme, l’Alger ne fait rien pour aider le Mali. La preuve elle a même refusé d’intégrer le G5-Sahel pour lutter contre les djihadiste alors qu’elle se trouve à la porte du Sahel. On peut dire qu’elle est le parrain du terrorisme parce qu’elle héberge des chefs terroristes sur son sol. Aujourd’hui, si le Mali utilise des drones dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, normalement Alger doit s’en réjouir et fournir toutes assistances nécessaires dont le Mali a besoin. Mais on comprend aisément l’attitude des autorités algériennes qui ne veulent pas la stabilité du Mali”, conclut notre interlocuteur.

Ousmane Mahamane 

Partager:

Commentaires (2)

Laisser un commentaire

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 1 an

Après cette grosse et regrettable hécatombe provoquée par cette guerre au Mali, qui pouvait être évitée à travers des médiations et conciliations telles que celles qu’avait menées Dr Anasser Ag Rhissa, tous les acteurs doivent maintenant se focaliser sur le Mali et opter pour la coexistence pacifique après un pardon et un  repentir collectifs sincères et une volonté inébranlable d’union dans un Mali unitaire sans fédération, ni confédération ni partition ni indépendance d’aucune partie du territoire. DEPUIS AOÛT 2023, APRÈS DE LONGS MOIS DE BLOCAGE DE L’ACCORD DE PAIX AU MALI, L’ALGÉRIE SE MÛRE DANS UN SILENCE D’OÙ ELLE N’EST SORTIE QU’À MI-DÉCEMBRE 2023. L’Algérie a tort après sa rencontre le 27 avril 2023 à Bamako avec SEM Assimi Goïta de n’appeler les acteurs à la paix, à la réconciliation et à la conciliation que si tardivement après ce long silence. Et pourtant après cette impasse, le 27 avril 2023, il semblait y avoir un consensus entre l’Algérie et le Mali. Selon un porte-parole de la Coordination des mouvements de l’Azawad, Alger et Bamako ont réaffirmé, jeudi 27 avril, leur volonté de mettre en œuvre l’accord signé entre les anciens rebelles touaregs et le gouvernement malien en 2015. Voir la contribution ci-dessous publiée sur jeune afrique, elle est intitulée : assimi-goita-recoit-le-diplomate-algerien-ahmed-attaf-pour-relancer-laccord-de-paix/ L’Algérie a été mal inspirée de faire intervenir Mahmoud Dicko sans informer les autorités de transition au Mali sachant qu’il y avait eu des positions tranchées, de ce dernier sur les autorités Maliennes,  ayant provoquées une mésentente entre eux : en 2023, il appelait pour une transition civile car incapacité  selon lui qu’elles gérent la transition au Mali et pour le vote du NON au référendum, arrogance de la junte et orgueil de la communauté internationale, disait-il en 2022. A son arrivée à Alger, Mahmoud Dicko a fustigé  que la réconciliation et la coexistence pacifique  sont indispensables entre les acteurs dans la zone sahel. À la suite des nombreuses médiations et conciliations de Dr Anasser Ag Rhissa entre les acteurs (nationaux et internationaux)  autour de l’accord de paix, pourquoi n’a-t-il pas, lui tout comme SEM Assimi Goïta. son gouvernement de transition et l’Algérie, posé  des actes déterminants pour dissiper les malentendus et les discordes entre les acteurs ? Dommage, la guerre au Mali a déjà fait des ravages et a induit une hécatombe et l’accord de paix au Mali a été supprimé, en décembre 2023, par Assimi  Goita. Dès lors l’Algérie virevolte de tous les côtés pour rattraper l’irrattrapable accord de paix au Mali. Voir sur internet mes quatres contributions suivantes  : 1/4 à 4/4 QU’EST-CE QUI A PROVOQUÉ  LA GUERRE AU MALI ? C’est la fausse instrumentalisation de l’accord de paix et du cessez-le-feu qui ont conduit à la reprise des hostilités et à la guerre au Mali à travers la reprise, par des terroristes ou des mouvements armés ou d’autodéfense Maliens  intégrant ou pas des terroristes, de certaines emprises laissées par la Minusma. (concours de circonstances provoqué  par une fausse instrumentalisation de l’accord de paix et du cessez-le-feu). SEM le Chef d’État Major Général des armées Françaises, quand vous vous faites sécuriser par vos protagonistes, ils deviennent vos amis via la sécurité partagée et la redevabilité. C’est ainsi que la France était devenue amie du Mali et en a profité pour violer sa souveraineté, pour la main mise sur ses ressources et pour le déstabiliser par des terroristes et par  certains citoyens des mouvements armés ou d’autodéfense Maliens qu’elle instrumentalisait. C’était le cas suite à la reprise, par des terroristes ou des mouvements armés ou d’autodéfense Maliens  intégrant ou pas des terroristes, de certaines emprises laissées par la Minusma. D’où le déclenchement de la guerre au Mali. La France en est responsable, elle, la Minusma, ces mouvements armés et d’autodéfense Maliens de même que ces terroristes et l’Algérie par sa passivité et son inaction, en direction de tous les acteurs, pendant son long silence, son aide aux terroristes pendant l’affrontement de Tinzawaten ET sa prise de parole à l’ONU via son porte parole qui colporte les dires propagandistes des terroristes en disant que les forces Maliennes ont lancé des drones sur des civils à Tinzawaten. Voulant promouvoir la paix en liaison avec le Niger dans la sous-région, l’Algérie ne va-t-elle pas tout brouiller et tout torpiller avec ses liens avérés avec les terroristes et le mouvement CSP au Mali ? J’avais dit après l’affrontement à Tinzawaten que le Niger avait en face un dilemme. Actuellement compte-tenu de la confédération AES auquel il appartient, Le  Niger doit se méfier de l’Algérie. Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et  Sécurité Email : [email protected] TEL 0 0 2 2 7 76665673

facoly il y a 1 an

Votre conclusion est bozarre: le niger doit se mefier de l'algerie. Dr; vous ne connaissez meme la loi des relations entre Etats, ceux ci n'ot pas d'amis mais des interets.Le niger a plus d'interet stratégique avec alger et abuja qu avec vous su Sahel. Revenant au sujet d echages de mots peu courtois entre alger et bamako, c 'est nous autres qui avons commencé par dechrire l'accord d 'alger et puis on a ainsi opter pour la solution militaire, en reprenant Kidal et chassant la majorité de sa populations retrouvées exiles a alger et mauritanie et certains ayant rejoint les rebelles du CSp ET PUIs on a eu une racléee et puis on se fache et on voit notre IB cacao avec ses drones massacrer des civils sous pretexte de lutte contre la CSP, alors meme que plus de 400 de ses civils sont massacre à Barsalogo sans qu 'aaucun drone ne vienne au secour son propre peuple. Apres l'accord d'alger on se lance dans des attaques diplomatique au nom de notre orgueil bambara qui va nous tuer et avec des autes d humeurs. Pire on accuse alger de soutenir les terroriste, comme on l'a fait contre la france l o'ccient et le monde entier presque. En somme on a trois fronts djihadistes au centre , indeprndantiste et djihadistes au nord, djihadistes au niveau du liptak gourma et mieux un front élargie vient de voir le jour entre rebelle nigeriens et maliens. Donc dans tout cela ou est l'intelligence strategique? Avons nous aggraver la situation ou réduit les front? dR Répoinds si tu es vraiment un homme de niveau aussi haut comme tu prétends