jeudi 16 avril 2026
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79è Assemblée Générale des nations unies: Le Mali défroque l'Algérie pour ingérence dans ses affaires internes

Par Le Nouveau Réveil 1,327 vues
79è Assemblée Générale des nations unies: Le Mali défroque l'Algérie pour ingérence dans ses affaires internes

Le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale du Mali, Colonel Abdoulaye Maïga, a profité de son intervention lors de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations Unies pour émettre une critique virulente à l’encontre de l’Algérie, dénonçant ce qu’il a qualifié d’ingérence inacceptable dans les affaires internes du Mali.

Cette intervention du Colonel Maïga s’inscrit dans un contexte de tensions délicates entre le Mali et l’Algérie, exacerbées depuis décembre 2023 par la convocation et le rappel des ambassadeurs de Bamako et d’Alger. Il a saisi cette plateforme internationale pour affirmer la souveraineté du Mali et réitérer sa volonté de protéger son intégrité face aux ingérences extérieures comme c'est le cas de la voisine, l'Algérie. Dans ses propos, Colonel Maïga a, tout d'abord, salué et reconnu la sagesse du président algérien Abdelmadjid Tebboune. D'après le représentant du président de la transition malienne à cette 79è assemblée générale des nations unies, le 29 août 2024, lors d’une tournée dans le sud algérien, le président Tebboune a déclaré que la Libye, le Niger et le Mali sont des nations fraternelles qu'il soutiendrait et non desservirait. Pour le porte-parole du gouvernement malien, le peuple malien n’a pas été surpris par les propos de Tebboune, qui indiquent, éloquemment son panafricanisme, à l’instar de ses célèbres prédécesseurs, dont feu le Président Abdel Aziz Bouteflika, affectueusement appelé «Abdelkader Mali » suite à son établissement à Gao et l’engagement des autorités maliennes, à travers les actions suivantes : offrir le territoire malien comme base arrière aux Moudjahidines, ouvrant ainsi un front sud ; participer aux affrontements armés contre le colonisateur français, en déployant des combattants maliens aux côtés des Moudjahidines sur le territoire algérien, pour défendre la liberté et la dignité des algériens ; défendre la cause algérienne dans toutes les instances diplomatiques, jusqu’au recouvrement de leur indépendance. Toutefois, le Colonel Maïga dit qu'il est du devoir du  Mali d’attirer l'attention du président algérien sur les propos incongrus de deux (02) de ses collaborateurs, allant à contresens de son souhait de promouvoir des relations harmonieuses avec ses voisins, dont le Mali. Il s'agit du ministre des affaires étrangères et de l'ambassadeur de l'Algérie aux nations unies.

Un chef de de la diplomatie, donneur de leçons pour le Mali

Selon le Colonel Maïga, le ministre algérien des affaires étrangères  a affirmé le 31 juillet 2024 que « la crise malienne ne pouvait être résolue que par des moyens politiques », soulignant l’importance de l’Accord d’Alger. Le Colonel Maïga a qualifié cette affirmation d’« ingérence sérieuse », rappelant que le Mali avait officiellement mis fin à cet Accord en janvier 2024, estimant qu’il ne servait plus les intérêts maliens. « Le Mali est maître de ses décisions, et personne ne peut revendiquer un amour pour notre pays supérieur à celui de nos propres citoyens », a-t-il déclaré, dénonçant les tentatives d’Algériens visant à maintenir un accord que les Maliens jugent désormais obsolète. A l'endroit de ce ministre, le représentant du chef de l'État à cette tribune des nations unies s'insurge à travers ce qui suit : « Nous constatons une grave ingérence dans les affaires intérieures du Mali. Depuis la fin de l’Accord d’Alger le 25 janvier 2024, le Mali n’exprime qu’un seul vœu le concernant, que son âme repose en paix. Monsieur le ministre des Affaires étrangères, l’accord est bel et bien mort. Vos incantations ne serviront pas à le ressusciter. Pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité, pour chaque mot employé de travers, nous réagirons par réciprocité. Quant aux représentants permanents algériens, en plus d’offrir le gîte et le couvert, certainement avec des succulents plats de tchaktchouka et de chorba à des terroristes et des renégats en débandades, son rôle d’estafette désorientée ne contribue guère à la promotion des relations de bon voisinage ».

Un ambassadeur, diffamateur de l'armée malienne

Le deuxième responsable mis en cause par Colonel Maïga est l’ambassadeur algérien aux Nations Unies, qui, en août 2024, avait insinué qu’une frappe de drone dans le nord du Mali avait causé des pertes civiles, suggérant un manque de contrôle sur ces opérations. Maïga a rejeté ces accusations, les qualifiant de « diffamatoires » et affirmant que les pilotes de drones maliens étaient « hautement qualifiés et respectaient les normes internationales ». Il a préciséque ces frappes ciblaient des groupes terroristes et non des civils, et que les Forces de défense et de sécurité maliennes étaient parfaitement capables de mener ces opérations sans intervention extérieure. A cet ambassadeur indélicat, le Colonel a déclaré : « Aujourd’hui, les groupes terroristes ont été sérieusement affaiblis, les forces de défense et de sécurité sont déployées sur l’ensemble du territoire national. En outre, les actions offensives de nos forces se poursuivent pour démanteler les réseaux terroristes résiduels ».

Cyrille Coulibaly

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