Paris-Bamako : "Je t'aime, moi non plus..."
Le récit alarmiste d’une «chute imminente du Mali», relayé par des voix hostiles à la Transition, relève moins de l’analyse que de la propagande.
Il s'agit d'une guerre psychologique, où la désinformation se mêle à une rhétorique islamiste opportuniste, dans une tentative acharnée de saper la souveraineté malienne.
Mais derrière ce bruit de fond, une réalité plus brutale se dessine : celle d’un divorce franco-malien marqué par le ressentiment et les menaces voilées. L'expression «Je t’aime, moi non plus» n’a jamais été aussi juste pour décrire cette relation ambivalente, où l’ancienne puissance coloniale peine à accepter l’émancipation de son ex-partenaire stratégique.
Quand la France instrumentalise la souffrance
Alors que le Mali subit une offensive terroriste ciblée sur ses flux logistiques - une véritable guerre du carburant orchestrée par des groupes liés à Al-Qaida - la réaction de certaines capitales occidentales n’est pas la solidarité, mais le cynisme.
La déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, affirmant que «la présence de la Russie au Mali ne garantit pas la sécurité des Maliens», est révélatrice d'une posture inacceptable. Cette déclaration ne condamne pas les attaques terroristes. Elle ne soutient pas les victimes. Elle instrumentalise la souffrance et le blocus logistique que subit Bamako pour attaquer un choix souverain.
Cet aveu géopolitique n’est pas une inquiétude humanitaire, mais une rhétorique de chantage géopolitique. Le message implicite est limpide : «Si vous choisissez Moscou, ne comptez pas sur nous pour vous protéger du chaos». La France ne s’inquiète pas du sort des Maliens, mais de la perte irréversible d'influence dans une région qu'elle considérait comme son pré carré.
Refus de tourner la Page
La coïncidence entre les attaques terroristes et les déclarations françaises est troublante. Le Mali a tourné la page de la tutelle, mais Paris refuse de fermer le livre, se positionnant ainsi davantage comme un adversaire géopolitique que comme un allié.
D'où une nécessaire déconstruction des contre-vérités pour faire échec à une Stratégie imposée de l'extérieur.
Le récit de la «chute imminente» repose sur une lecture biaisée de la réalité, notamment l'échec sécuritaire.
L’Insécurité s’est aggravée sous présence française pendant près d’une décennie. La France a mené des opérations militaires au Sahel, pourtant, c’est durant cette période que les groupes terroristes ont prospéré, étendu leur emprise et infiltré les zones stratégiques. L'ancienne stratégie s'est manifestée par le retrait des troupes françaises. Ce qui ne signifie pas un abandon de l'État malien par Paris, mais l'échec documenté d’une stratégie imposée et non assumée par ses acteurs historiques.
Aujourd'hui la réalité de la riposte souveraine permet au Mali de mener une reconquête progressive et de prouver sa capacité à se défendre. Les FAMa, soutenues par le peuple, ont montré leur efficacité et leur détermination, notamment à Hérémakono, Ménaka, Sikasso, et sur d'autres fronts. La riposte est structurée et l’union sacrée a brisé le blocus moral ; l’opération FUGA KÉNÉ a enrayé le blocus logistique en sécurisant les axes vitaux et les convois de citernes.
Le Prix du divorce
En remettant en cause la sécurité du Mali à cause de son partenariat avec la Russie, Paris franchit une ligne rouge diplomatique : souveraineté contre chantage.
Ce n’est plus une critique : c’est une menace. Une posture qui ressemble davantage à une déclaration de guerre froide qu’à une coopération internationale.
Le Mali a choisi sa voie. Il ne se résignera ni à la terreur, ni au chantage.
La Rédaction