Décentralisation au Mali : Les Collectivités territoriales désormais maîtres de leur environnement
Dans une dynamique de refondation de l’État et de renforcement de la gouvernance locale, le Conseil des Ministres a franchi une étape décisive. Sur rapport du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, le gouvernement a adopté un projet de décret important fixant les compétences transférées de l’État aux Collectivités territoriales en matière de gestion des ressources forestières et fauniques.
Cette réforme majeure s’inscrit dans le sillage de la Loi n°2023-002 du 13 mars 2023. Cette dernière a profondément remanié l’organisation du territoire malien en consacrant la suppression de la Collectivité territoriale "Cercle".
Ce nouveau paysage administratif rendait obsolète les décrets de 2014 et 2018. La relecture adoptée réorganise désormais l'exercice des pouvoirs entre trois échelons clés : la Commune, la Région et le District de Bamako.
L’objectif de ce transfert de compétences est de permettre une gestion plus directe et efficace des ressources naturelles. Concrètement, les collectivités auront désormais la charge :
-de la lutte contre les pollutions et les nuisances ;
-de la préservation des forêts et de la faune sauvage ;
-de la mise en œuvre des plans d'assainissement locaux.
Si les collectivités gagnent en autonomie, l'État ne se désengage pas pour autant. Le décret précise les modalités de l’appui-conseil. Les services centraux et déconcentrés du Ministère de l’Environnement accompagneront techniquement les élus locaux dans leurs nouvelles missions.
Cette réforme vise à transformer la protection de l'environnement en un véritable levier de développement local, garantissant une gestion durable des ressources au plus près des populations et de leurs réalités géographiques.
Kandana/Malijet.com