vendredi 17 avril 2026
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Hausse des prix des denrées alimentaires : Les consommateurs se plaignent

Par Lerepublicainmali 1,155 vues
Hausse des prix des denrées alimentaires : Les consommateurs se plaignent

L’augmentation des prix de l’essence et du sucre est le sujet qui préoccupe la population malienne. Cette flambée mondiale rend la vie plus beaucoup plus chère. En effet, le prix du litre d’essence est passé, depuis le 08 juin dernier, de 762 à 811 FCFA, et celui du gasoil de 760 à 811 FCFA. Ces augmentations ont déjà des répercussions sur les prix des transports. Quant au prix du sucre, il est passé de 500 FCFA à 600 FCFA le kilogramme.

Malamine Koné, gérant à la Station  d’essence Ola, sur la route de N’golobougou, affirme que l’augmentation du prix d’essence est devenue une situation très compliquée. Selon lui, c’est la guerre entre l’Ukraine et la Russie qui est la cause de cette flambée du prix d’essence. « C’est une grande perte pour nous, car on ne trouve plus de bénéfice et les clients qui achetaient 10 000 FCFA d’essence sont descendus à 5000F ou 3000FCFA. C’était même plus facile durant l’embargo. Maintenant que l’embargo est fini, entre l’essence et le gasoil, il y’a seulement 2fcfa de différence. 1000FCFA  d’essence était à 1,85 auparavant,  mais actuellement c’est à 1,02. Plus le prix augmente, plus le volume diminue », explique-t-il.

Pour Abdoulaye Doucara, gérant à la station EDS sise à  N’golobougou, il est difficile d’avoir de l’essence. « Cela fait 2 semaines qu’on ne trouve pas d’essence. Tant que la guerre entre la Russie et l’Ukraine ne finit pas, on aura toujours de la difficulté à vendre l’essence et le gasoil. Nous avons perdu des clients et nous n’avons plus de bénéfice », déclare-t-il.

A propos du prix du sucre, Aly Barry, boutiquier à N’golobougou au niveau du complexe scolaire Franco-Arabe, affirme : « Je prends les sacs de sucre en dettes et après la vente, je rembourse et prends d’autres. Ce n’est plus facile de vendre les sucres à l’heure où nous sommes, tellement que c’est cher. On n’en trouve pas parfois alors que ce n’était pas aussi cher comme ça pendant l’embargo. Moi je vends le kilo de sucre à 600F et même avec ça, je ne  trouve plus de bénéficie. C’est la raison pour laquelle je le vends en détail.»

Lassina Traoré, boutiquier au bord du goudron dans le même quartier, dit avoir arrêté de vendre le sac du sucre en raison du prix élevé. Malgré cette cherté, dit-il, je vends du sucre et je n’en manque pas.

Selon Abdoul Karim, le prix du sucre a augmenté.  A ses dires, il prenait le sac de sucre à 30 000FCFA et actuellement il n’en trouve même plus. Par conséquent, il a arrêté de vendre le sucre en kilo, car c’est plus bénéfique pour lui de  vendre en détails.

Oumar Maïga,  boutiquier à Niamakoro, explique la difficulté de la vente du sucre.  « Je n’ai plus de sucre dans ma boutique actuellement. Depuis que le sucre est devenu cher, moi je le vends à 800FCFA. Même durant l’embargo ce n’était pas cher comme ça », déplore-t-il.

« Je trouvais le sucre à 42 000FCFA le sac,  mais actuellement, je le trouve à un prix bas : 30000FCFA. J’ai arrêté de vendre en kilo, car c’est plus bénéfique. Je préfère le vendre en détail. Bien que les autorités maliennes demandent de baisser le prix du sucre,  les commerçants qui nous vendent en gros refusent de baisser leur prix, ce qui nous rend la vente difficile », conclut Ali Tangara.

Kadidia Youssouf Diarra, stagiaire

 

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Commentaires (1)

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K
Kassin il y a 3 ans

Vie chère et transition militaire : Pourquoi les colonels climatisés ne comprennent pas l’économie? En économie de marché les prix découlent de l’offre et de la demande sur un marché donné (marché des biens et services (prix), mais aussi marché du travail (salaires); marchés des capitaux (taux d’intérêt); marché de change ou des devises (cours ou taux de change). Ces concepts ne sont pas anodins, ils témoignent des interactions entre des agents économiques sur un territoire donné: producteurs ou commerçants de biens et services et consommateurs intermédiaires ou finaux de ces biens et services par exemple. C’est la chaîne de valeur qui suit un produit ou une marchandise de sa conception à sa consommation en passant par sa fabrication, son stockage, son transport et son transit, sa commercialisation, etc. Cette chaîne de valeur dans une économie mondialisée peut être plus longue pour beaucoup de produits et de services (produits importés, conçus, fabriqués et commercialisés depuis l’extérieur exemple en Asie, en Europe, au Moyen orient, etc) mais importés et consommés sur le territoire national. Cette chaîne de valeur prend du temps à se former, parfois plusieurs mois voire des années. Donc les produits importés que nous consommons actuellement ont être conçus et fabriqués plusieurs mois avant et supporter une structure de coût (prix d’achat, frais de douane, coût de transport et du transit, coût de stockage et d’entreposage, coût de commercialisation, publicité et marketing) beaucoup plus élevée que leur structure de coût actuelle. Ainsi en janvier on peut acheter cher un produit en Asie pour l’importer au Mali en mars et le mettre à la commercialisation en mai sur le marché malien. Le prix de vente pratiqué donc en mai sur le marché malien de ce produit tient compte de son coût d’achat en janvier c’est à dire 5 mois plus tôt sinon le commerçant risque de faire une perte, or le but du commerce est de réaliser un profit dans une économie de marché. L’Etat colonelisé à outrance, ne peut pas intervenir et imposer un prix de vente inférieur au coût de d’achat et de commercialisation supportés par les commerçants sinon ils risquent de faire des pertes boites des faillites ou des banqueroutes car ils ont acheté à un moment où le prix des produits était cher chez le producteur. Avec l’embargo Cédeao, beaucoup de commerçants et opérateurs économiques maliens ont du changer de ports d’approvisionnement et cela a induit des coûts supplémentaires pour leurs business. L’intégration de ces coûts supplémentaires dans leur business plan, fait renchérir les prix même après la levée de l’embargo dont les effets sur la baisse des prix ne sont pas automatique car il faut compter un décalage de temps d’au moins 5 a 6 mois pour les produits importés. Pour les produits locaux, le commerçant pratique un prix lui permettant de faire un bénéfice le permettant de subvenir au besoin de sa famille. S’il achète cher le carburant, le riz, le transport, le lait, le sucre, etc pour s’en sortir et s’il est vendeur de tomate, de citron et de piment de Banguineda, il est obligé de vendre chers sa tomate, son piment ou son citron pour pouvoir acheter du riz plus cher ou prendre le sotrama plus cher. C’est cet effet d’entraînement généralisé et auto cumulatif des prix vers le haut qui s’appelle inflation s’il est durable que les colonels climatisés, leur transition militaire et leurs videomen écervelés n’arrivent pas à comprendre. Au lieu d’aider à mieux approvisionner les marchés maliens pour faire baisser les prix par le jeu de l’offre et de la demande, ils s’adonnent à des menaces sur les commerçants et des mesures de polices sur les prix comme si l’économie était devenue un état major de l’armée ou de la gendarmerie nationale. Mais ils oublient qu’on est en économie de marché et que l’initiative privée et la liberté d’entreprendre sont des droits inaliénables du peuple malien. Wa Salam