Le lancement du « projet de Contribution au Développement de la Chaîne de valeur viande au Mali en appui à la stratégie pour l’exportation de la viande. »
Le Ministre de l’élevage et de la Pêche, M. Youba BAH, a présidé la cérémonie de lancement du « projet de Contribution au Développement de la Chaîne de valeur viande au Mali en appui à la stratégie pour l’exportation de la viande » ce jeudi 27 juillet 2023 dans la salle de réunion de la Direction des Finances et du Matériel du ministère de l'Agriculture. C’était en présence du Représentant de la FAO au Mali, M. Mohamadou Mansour N’DIAYE ainsi que les acteurs clé du domaine.
En effet, l'élevage est le troisième contributeur aux recettes d'exportation du Mali après le coton et l'or avec un important effectif de cheptel toute espèce confondue. Le Rapport annuel 2021 de la Direction Nationale des Productions et des Industries Animales (DNPIA) donne un effectif de 63 199 583 têtes de bovins, ovins, caprins contre 41 018 781 têtes en 2012, soit un taux d’accroissement de plus de 30% sur les dix dernières années. L’effectif de la volaille est estimé à près de 55 millions de sujets en 2021. Les exportations d'animaux sont estimées à 137 milliards de Francs CFA par an. (Source BECEAO)
Ainsi, l'élevage contribue à hauteur de 15 % au PIB national et 26 % du PIB du secteur primaire (INSAT, 2014), à 80 % des revenus des populations des zones pastorales et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de l'ensemble de la population malienne.
Toutefois, selon une analyse des forces, faiblesses et opportunités de la filière viande, malgré les atouts dont dispose le Mali, la filière viande est confrontée à plusieurs contraintes entravant la capacité du MALI à transformer et commercialiser la viande conformément aux normes de qualité requises pour couvrir les besoins de consommation de la population malienne.
Ce présent projet qui a un budget de 200 000 USD, soit environ 118. 320. 000 FCFA pour une durée de 2 ans (mars 2023 à février 2025) a pour objectif de renforcer le partenariat entre la FAO et le Ministère de l’Élevage et de la Pêche pour un sous-secteur de l’élevage compétitif et fournisseur de viande de qualité.
En choisissant de contribuer à la valorisation de la filière bétail/viande, la FAO, compte appuyer le Ministère à pouvoir assurer une transformation et commercialisation de la viande répondant aux normes requises de qualité, pour en faire une filière de réduction de la pauvreté en milieu rural, d'amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de renforcement de la contribution du sous-secteur de l'élevage à l'économie nationale et à l'entrepreneuriat jeune.
«Nous saluons les différentes initiatives du gouvernement qui vont justement dans le sens de la création de richesses à partir des innombrables opportunités dont le pays dispose, notamment dans le secteur de l’élevage. Je suis convaincu que les efforts du gouvernement soutenus par les partenaires techniques et financiers intéressés permettront d’augmenter la contribution du secteur de l’Élevage au PIB national qui est d’environ 15 % actuellement » a affirmé le Représentant de la FAO au Mali, M. Mohamadou Mansour N’DIAYE.
Quant au Ministre de l’élevage et de la Pêche, M. Youba BAH, il s’est accentué sur les difficultés auxquelles est confronté le secteur de l’élevage car ce projet vise justement à s’attaquer aux contraintes qui entravent la capacité du Mali, à transformer et commercialiser la viande répondant aux normes de qualités pour couvrir en premier lieu, les besoins de consommation de la population malienne et ensuite, ceux de la sous-région, voire l’internationale. On peut donc retenir comme principales contraintes connues entre autres « la vétusté et inadaptable des infrastructures d’abattage ne pouvant pas garantir l’hygiène et la qualité de la viande selon les standards internationaux ; l’absence d’infrastructures de conservation de la viande à l’intérieur du pays (chaîne de froid), l’absence de moyens roulants appropriés pour le transport de la viande, l’insuffisance d’inspecteurs sanitaires au regard du stock animal disponible, l’insuffisance de formation sur les technologies de transformation de la viande, pour ne citer que celles-ci.», a-t-il souligné.
Il faut dire que la FAO est disposée à accompagner le gouvernement dans la recherche des solutions idoines d’amélioration et de création de valeurs ajoutées au niveau des secteurs de développement qui relèvent de ses compétences, notamment l’élevage, l’agriculture, la pêche/aquaculture, la foresterie et dans une acception plus large la gestion des ressources naturelles (eau et terre).
Pour rappel, ce projet de « contribution au Développement de la chaîne de valeur viande au Mali en appui à la stratégie pour l’exportation de la viande – TCP/MLI/3904 » fait partie des catégories de projets mises en œuvre dans le cadre du Programme de Coopération Technique de la FAO et du gouvernement du Mali. Sa mise en œuvre se fera avec l’appui-accompagnement de tous les acteurs impliqués, notamment les services techniques, le secteur privé, les associations et fédérations des organisations professionnelles de l’élevage, les abattoirs et laboratoires.
En outre, la FAO mène d’autres actions, notamment l’Initiative « Main dans la Main » qui comporte une forte composante ‘’ÉLEVAGE’’ à travers l’embouche et la culture fourragère dans les régions de Kayes et Nioro du Sahel. Il s’y ajoute le projet d’appui à la lutte contre le vol de bétail par le développement d’un système numérique de traçabilité du cheptel qui sera bientôt lancer, en commençant dans un premier temps par la réalisation d’une étude portant sur l’état des lieux de la technologie existante de traçabilité du bétail volé.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com