jeudi 16 avril 2026
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Les opérations économiques dans les scandales financiers de l’Etat : Boubacar Bocoum explique les raisons et propose…

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Les opérations économiques dans les scandales financiers de l’Etat : Boubacar Bocoum explique les raisons et propose…
Boubacar Bocoum, président du Parti Africain  pour l’Intégration et la Souveraineté (PAIS), président de l’ONS Mali, Membre de Djoko Ni Maya et Analyste au niveau du Centre d’Etudes Stratégiques Séné.

Pourquoi les opérateurs économiques ou commerçants du Mali se trouvent toujours impliqués dans les scandales de détournement des fonds publics ? Est-ce que l’Etat, à travers les administrateurs, n’est pas responsable ou ne favorise pas leur implication dans ces détournements du dernier public ? Qu’est-ce qu’il faut faire pour que  cela s’arrête ? Ce sont entre autres questions que nous avons posées à Boubacar Bocoum, président du Parti Africain  pour l’Intégration et la Souveraineté (PAIS), président de l’ONS Mali, Membre de Djoko Ni Maya et Analyste au niveau du Centre d’Etudes Stratégiques Séné.

Lisez son avis. 

On parle de grands opérateurs  au Mali qui sont dans une dynamique économique réelle. Parce que nous avons une économie artificielle qui tourne autour des finances. Cela veut dire que nous ne sommes pas dans une création réelle de richesse, mais plutôt dans la consommation. Nous sommes donc à 80% dans la consommation dans le système entretenu par le FMI et la Banque Mondiale qui sont  victimes de l’ajustement structurel. Ce qui fait que les Banques ne sont pas des Banques d’investissement. Il n’y a pas de ressources réelles pour booster l’économie. Ce qui fait que les Banques sont plutôt des Banques d’accompagnement  ou commerciales. C’est  pourquoi elles ne peuvent pas devenir de très grandes entreprises commerciales comme on le pense. Voilà le premier élément qui handicape les entreprises.

Le deuxième élément est que généralement, les entreprises sont des prestataires de services, pour la plupart, et l’Etat  est le gros pourvoyeur. Donc, si l’Etat qui fonctionne sur la base des marchés, octroie les marchés, forcément, il y a une machine de corruption  à grande échelle des fonctionnaires de l’Etat  et de certains commerçants qui se prêtent à ce jeu qui fait qu’ils ont une ascendance sur les autres, parce qu’ils ont plus de marché, plus de manne financière. Le chiffre d’affaires est énorme. Mais dans la réalité, les marchés sont mangés ou bien bouffés par non seulement les acteurs de ce secteur financier, mais aussi les acteurs corrompus de l’Etat. Ce qui fait qu’on n’a pas de grandes entreprises réelles, on n’a des entreprises qui vivent avec le système de l’Etat. Tout tourne autour du budget de l’Etat. Les commerçants s’inscrivent dans cette dynamique de fournir les services liés à l’Etat. Toute la corruption dans la chaîne de l’Etat est entretenue  par ces commerçants, parce que le citoyen ordinaire n’a pas un niveau de vie moyen  et un pouvoir d’achat raisonnable  qui lui permettent d’avoir  accès à ces différents services. Ce qui explique que ces commerçants ne sont pas réellement pourvoyeurs de richesse, créateurs de l’emploi réel et ne sont pas inscrits dans le développement durable.

Pour trouver des solutions à ces problèmes, il faut aller dans l’économie sociale, solidaire et dans l’économie réelle. Il s’agit de quitter le système de consommation classique, puisqu’aujourd’hui, tous les services que nous faisons sont importés. Le carburant vient d’ailleurs, nos machines viennent d’ailleurs, bref, tout est acheté. Nous sommes juste dans l’achat-vente. Nous ne sommes pas dans la logique réelle de créer de la richesse. Il faut de la production. Le premier réflexe de nos Etats africains, c’est dire qu’on développe l’Industrie. Malheureusement, l’industrie n’ira pas loin lorsque les techniques ne sont pas maîtrisées comme il se doit. Le transfert de technologie n’est pas effectif. Ce que nous appelons de façon classique l’industrialisation n’est pas un bon mécanisme d’aller vers la croissance économique réelle et une économie durable. Il va falloir mobiliser les ressources pour développer les secteurs que nous avons toujours négligés. Il s’agit de l’agriculture, l’élevage et la pêche. Une fois qu’on aura boosté ces trois secteurs, et qu’on n’aura créé le premier niveau de sécurité alimentaire, et le deuxième niveau de surproduction, nous passerons à la troisième phase de la transformation. Il faut donc respecter ces trois étapes. Sur le plan de l’échange international, le cours de l’argent, à travers le Fcfa, nous pose aussi des problèmes, parce que arrimé à l’Euro à travers le système de la BCEAO. Il va falloir, à un moment donné, aller au développement à travers l’agriculture, l’élevage et la pêche, mais aussi avoir un levier interne qui est la monnaie. La monnaie permet d’entrer dans une dynamique d’échange entre les communautés locales pour rendre l’économie locale dynamique. En ce moment, on vient à la deuxième équation qui est la convertibilité et l’ancrage de notre économie sur l’environnement mondial et global. Ainsi, le problème des devises et les ressources extérieures se posent.  Nous avons la possibilité, sur la base de la réquisition et de la mobilisation générale, des ressources naturelles disponibles. Mais il faut respecter les étapes essentielles du développement économique pour enclencher et intéresser le maximum de la population dans l’activité économique de façon dynamique.

80% de notre préoccupation, c’est d’avoir de l’argent pour se nourrir. Alors, si nous développons l’agriculture, l’élevage et la pêche, le problème de la nourriture deviendra secondaire ou tertiaire. Nous aurons donc résolu la première équation qui est la chose pour laquelle on se bat  fondamentalement. Le mécanisme est très clair. La surproduction, une fois qu’on l’atteint, on rentre dans l’agrobusiness et dans l’agroalimentaire et on va vers les transformations, le développement de l’ensemble de l’enseignement technologique. En ce moment, nous créerons des secteurs de richesse et de développement, des écoles spécialisées ; des possibilités pour  des ingénieurs de créer des machines de bout en bout et de pouvoir maîtriser certaines technologies et d’avoir les certifications.

Réalisée par Hadama B. FOFANA

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