jeudi 16 avril 2026
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Utilisation du franc CFA : quel est l’intérêt pour la France ?

Par Afrique média 3,660 vues
Utilisation du franc CFA : quel est l’intérêt pour la France ?

Dans un récent discours, le leader du Niger, le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, le général Abdourahamane Tchiani, a évoqué la volonté des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) d’abandonner le franc CFA. Les populations de la région sont habituées à son utilisation et la prennent pour acquis, mais il faut se rendre compte que cette monnaie cache de grandes opportunités qui profitent à la France et non aux populations africaines.

L’histoire des jeux complexes et des manipulations auxquels la France a eu recours pour tirer profit du franc CFA en Afrique est très ancienne. Dans les lointaines années 1960, lorsque la perspective des indépendances africaines est devenue une réalité que la France ne pouvait plus combattre, Paris n’a pas voulu perdre son influence sur le continent et a pris un certain nombre de mesures. En contrepartie de leur indépendance, les pays africains ont signé un pacte de coopération prioritaire avec la France.

Parmi les principes énoncés dans ce pacte, le franc CFA, monnaie rattachée au franc français et, désormais, à l’euro, est imprimé à Paris. En outre, 85 % des réserves des banques centrales des anciennes colonies françaises sont conservées par la Banque centrale française à Paris. Selon les statistiques, 500 milliards d’euros provenant d’Afrique sont injectés dans l’économie française chaque année.

Bien que plus d’un demi-siècle se soit écoulé depuis l’indépendance des pays du continent, la France continue d’enrichir son économie au détriment de l’Afrique. Grâce à l’existence du franc CFA, Paris peut librement réguler les processus économiques internes des pays de la zone CFA. Avec les statistiques ci-dessus, il est possible de voir que sans le franc CFA, l’économie française subirait d’énormes pertes. Cela montre clairement qui est le pays “pauvre”.

Peu de responsables politiques français ont parlé ouvertement du fait que la France a largement profité de l’exploitation des ressources africaines au cours des siècles. L’un d’entre eux, Jacques Chirac, a demandé que l’on rende à l’Afrique ce qu’on lui avait pris : “On oublie seulement une chose. C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation, depuis des siècles, de l’Afrique. Pas uniquement. Mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors, il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité. De bon sens, de justice, pour rendre aux Africains, je dirais, ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire, si on veut éviter les pires convulsions ou difficultés, avec les conséquences politiques que ça comporte dans un proche avenir.”

Les avantages de l’utilisation d’une monnaie imposée par une ancienne colonie sont très vagues. Selon la France, l’arrimage à l’euro présente plusieurs avantages : il offre aux économies une meilleure résilience en cas de chocs macroéconomiques et permet de contrôler l’inflation en garantissant la stabilité de la monnaie, ce qui favorise le commerce et l’investissement. En réalité, la situation est tout autre : à travers le franc CFA, Paris exerce un contrôle sur l’Afrique francophone.

Actuellement, les pays de l’Alliance des États du Sahel envisagent de créer leur propre monnaie, selon le dirigeant du Niger. Le premier pas dans cette direction a déjà été fait : les pays ont quitté la CEDEAO, qui est l’instrument économique de Paris dans la région de l’Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’une étape importante dans l’acquisition d’une véritable souveraineté.  Les pays de l’AES disposent de toutes les ressources nécessaires à un développement économique réussi et n’ont pas besoin du contrôle de l’ancienne métropole.

.........Afrique Média

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Commentaires (7)

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D
Dogon64 il y a 2 ans

Siriki un grand merci pour ce rappel de la réalité des faits? Malheureusement je crois que l'on arrêtera pas tous ces bonimenteurs de mensonges sur le Fcfa. La France militaire ayant pratiquement désertée tout le Sahel, il n'y a plus ce bouc émissaire si pratique pour expliquer les échecs de ces gouvernements de militaires incompétents ! Par exemple, plus moyen de dire "les coupures d'électricité c'est la faute à la France", ou la colère de l'Algérie "c'est la faute à la France" ! Alors les "empoutinés" ressortent les fonds de tiroirs comme le Fcfa.

S
Siriki il y a 2 ans

Le constat que l'on peut faire en lisant cet article d'Afrique média, est que les contempteurs du Franc CFA XOF ont de plus en plus de mal à fournir des arguments valables et sont donc obligés de sombrer dans le mensonge !! LOL !! 1) la BCEAO ne dépose plus rien au Trésor public français, comme garantie de la parité fixe du Franc CFA XOF avec l'Euro . Contrairement à la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC), l'obligation de déposer 50% ses avoirs en devises a été supprimé pour la BCEAO, suite à l'accord conclu en décembre 2019 à Abidjan, entre le Président ivoirien Alassane Ouattara et le Président français Emmanuel Macron. 2) cette réforme du Franc CFA XOF menée de main de maître par le Grand PRADO, ancien Directeur général adjoint du Fonds Monétaire international et ancien gouverneur de la BCEAO, avait inclu aussi le retrait des représentants de la France de toutes les instances dirigeantes de notre union monétaire ; le maintien de la parité fixe entre le Franc CFA XOF et l'euro ; et enfin le changement du nom Franc CFA XOF en Eco (nom de la monnaie de la CEDEAO). Les pays de l'AES s'étant définitivement retirés de la CEDEAO ; ils n'accepteront donc jamais que la future monnaie de l'UEMOA s'appelle ECO ; mais, plutôt Afro. 3) contrairement à ce que dit cet article de presse truffé de mensonges, le Franc CFA est imprimé à Chamalières et non à Paris et on peut compter sur le bout des doigts, les pays africains qui fabriquent eux-mêmes leurs monnaies dans leur propre pays. Nous les africains, sommes de vrais masochistes : on a que le mot panafricanisme à la bouche ; mais, nous sommes toujours prêts à détruire les rares entités multinationales qui marchent très bien (BCEAO, BRVM, UEMOA, ASECNA...) Afrique Media est une télévision camerounaise ; Souvenez-vous que ce sont ces pays d'Afrique Centrale qui ont détruit Air Afrique (Cameroun et Gabon), en se retirant pour créer leur propre compagnie aérienne nationale, qui aujourd'hui ont toutes fait faillite. Aujourd'hui, aucun ancien pays membre de cette défunte compagnie aérienne multinationale Air Afrique, n'est parvenu à créer une compagnie aérienne nationale viable sur le plan financier. Nous osons croire que l'objectif de l'AES n'est pas de vouloir détruire L'UMOA, en allant créer une monnaie de singe, appelée Sahel ; mais, de se battre pour que le nom colonial Franc CFA XOF disparaisse à jamais, pour prendre le nom Afro. Il serait souhaitable que la France mette aussi fin à toute coopération monétaire avec la BEAC, en fermant le compte d'opérations de la BEAC en France et en mettant ainsi fin à la parité fixe entre le Franc CFA XAF et l'Euro. On verra alors ce que deviendra le Franc CFA d'Afrique Centrale ; ce sera une mort programmée !! Notre premier Président, feu Félix Houphouet-Boigny, nous disait en Côte d’Ivoire que "le vrai bonheur, on ne l'apprécie que lorsqu'on l'a perdu" !! Faisons donc en sorte de ne pas détruire nos rares institutions sous-régionales qui marchent très bien ; notamment l'UEMOA !! A bon entendeur, salut !! Merci.

A
Anonyme il y a 2 ans

Africain, ça c'est du pseudo bon marché !

A
Anonyme il y a 2 ans

Toi tu n'as rien d'africain car,l'africain parle par son coeur ,et des arguments valables. Toi tu es un cancrelat,qui vient nous importuner ,!!!

A
Africain il y a 2 ans

Ne vous étonnez pas de voir des gens venir crier ici que cet article est mensonger : Le voleur ne reconnaîtra jamais qu'il a volé ! Un pays qui se nourrit des richesses de l'Afrique, pauvre france!

A
Anonyme il y a 2 ans

Quand on veut défendre l'Afrique,il faut non seulement maîtriser son sujet,mais aussi et surtout se munir de preuves crédibles ! Le rédacteur de l'article ignore que dans l'histoire du CFA,les réserves n'ont jamais été détenues à la banque centrale,mais au trésor français,dans le compte d'opération. Rien n'oblige un pays africain à demeurer dans la zone franc. D'ailleurs les procédures de dépôt sur le compte d'opération ,ne sont plus les mêmes,et ce sont les africains qui administrent tout cela. Vous ne voulez pas du CFA,alors barrez vous,et arrêtez votre propagande,avec son cortège de boucan !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Ça c'est du lourd! Jamais vu un article de propagande aussi mensonger! 500 milliards d'euros, pourquoi pas 500 000 000 milliards, tant qu'on y est!