jeudi 16 avril 2026
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Franc CFA : "Ce n'est pas à la France d'avoir un avis là-dessus" (ministre français des Affaires étrangères)

Par AFP 4,468 vues
Franc CFA : "Ce n'est pas à la France d'avoir un avis là-dessus" (ministre français des Affaires étrangères)

La France n'a pas à se prononcer sur l'avenir du franc CFA en Afrique de l'Ouest, que l'élection du candidat antisystème Bassirou Diomaye Faye à la tête du Sénégal plonge dans un peu plus d'incertitude, a estimé lundi le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné.

"Si les pays africains se mettent d'accord pour changer le nom, organiser différemment leur organisation monétaire, c'est de la souveraineté des Etats. Nous voulons bien accompagner ce mouvement. S'il s'agit uniquement du symbole du nom, il peut être changé. S'il s'agit d'une organisation différente de l'organisation monétaire, elle peut également être changée", a-t-il observé.

"Ce n'est pas à la France d'avoir un avis là-dessus. Nous avons fait notre part du chemin en sortant de la gouvernance du CFA. Maintenant, aux Etats africains de décider", a poursuivi le chef de la diplomatie française, interrogé sur RFI et France 24.

Tenant d'une ligne souverainiste, le nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a prôné pendant sa campagne une rupture avec la devise actuelle, utilisée dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA: Sénégal, Mali, Burkina, Niger, Côte d'Ivoire, Togo, Bénin et Guinée-Bissau).

Le franc CFA est également utilisé dans six pays d'Afrique centrale, dans une union monétaire distincte, où le débat sur une éventuelle sortie est pour l'heure moins intense.

Les critiques envers le franc CFA, dont les billets sont toujours imprimés à Chamalières, en France, ne sont pas récentes.

Sa parité, arrimée à un euro fort qui pénalise les exportations, est fréquemment visée par ses détracteurs.

La montée du sentiment hostile à la politique française en Afrique dans plusieurs pays de la région, notamment au sein des populations les plus jeunes, a accentué l'impopularité de la devise.

Il y a quelques mois, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, gouvernés par des régimes militaires qui ont tourné le dos à Paris et quitté la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour s'allier avec la Russie, avaient eux aussi évoqué une sortie du CFA.

Stéphane Séjourné a achevé lundi en Côte d'Ivoire sa première tournée africaine qui l'a mené au Kenya et au Rwanda, l'occasion de saluer "un partenariat équilibré" avec Abidjan qui reste l'un des principaux alliés de Paris sur le continent.

"C'est le sens de l'histoire de nos nouvelles relations entre les deux pays: avoir des partenariats qui sont équilibrés, avoir une diaspora qui fait ce lien entre nos cultures et nos économies", a déclaré M. Séjourné lors d'un point presse avec le président ivoirien Alassane Ouattara.

Evoquant les "bons résultats de l'économie ivoirienne depuis une décennie", il a également mentionné le rôle de la Côte d'Ivoire dans "la stabilité au niveau régional". "Nous continuerons à œuvrer avec vous pour cette stabilité", a-t-il poursuivi.

Le président Ouattara a de son côté salué "les liens historiques, d'amitié, de coopération particulièrement étroits qui continuent de se renforcer" entre les deux pays, remerciant la France pour son "soutien dans quasiment tous les domaines".

Avant son passage à Abidjan, le ministre français s'était d'abord rendu samedi à Nairobi où il avait là aussi évoqué son souhait de "construire des partenariats équilibrés", qui doivent "être bénéfiques" aux pays africains.

Dimanche, il a participé aux cérémonies du 30e anniversaire du génocide des Tutsi au Rwanda.

Stéphane Séjourné doit quitter Abidjan lundi soir pour regagner Paris.

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Commentaires (2)

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S
Siriki il y a 2 ans

Le Ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères a déclaré récemment à Abidjan, devant le PR Ouattara : "Si les pays africains se mettent d'accord pour changer le nom, organiser différemment leur organisation monétaire, c'est de la souveraineté des Etats. Nous voulons bien accompagner ce mouvement". Dont acte !! Revenons donc, sur la dernière phrase, qui a une importance particulière et qui est sûrement passée inaperçue auprès de nombreux ouest-africains !! "Nous voulons bien accompagner ce mouvement" (de réforme du Franc CFA XOF) !! Que le Ministre Stéphane Séjourné soit donc notre avocat auprès de l'Union européenne pour : 1) le changement du nom Franc CFA XOF, en Afro !! Comment ? Que l'Union européenne aide financièrement la BCEAO pour la fabrication des nouveaux billets de banque Afro et des nouvelles pièces de monnaie fiables (la gendarmerie ivoirienne a arrêté des faussaires chinois qui fabriquaient à Abidjan, de fausses pièces de 100 F CFA). 2) l'élargissement de notre union monétaire au Libéria, à la Sierra Leone, à la Guinée Conakry et à la Gambie !! Comment ? Que l'Union européenne finance les coûts d'impression des nouveaux billets de banque Afro et des nouvelles pièces de monnaie Afro pour ces 4 nouveaux pays membres de l'UMOA ; mais, aussi, en payant leurs tickets d'entrée à l'UMOA !! La France l'a fait pour la Guinée Bissau ; ce n'est donc pas la riche Europe, qui dépense des milliards d'euros pour aider l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie, qui ne pourra pas venir en aide à ces 4 pays africains membres de la ZMAO, actuellement en difficultés financières, qui cependant se battent depuis plusieurs années pour avoir une monnaie commune en Afrique de l'ouest !! Merci.

S
Siriki il y a 2 ans

Il n'y a pas plus sourds que ces populistes ouest-africains, qui refusent d'entendre !! Le Ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères a déclaré à Abidjan : "Si les pays africains se mettent d'accord pour changer le nom, organiser différemment leur organisation monétaire, c'est de la souveraineté des Etats. Nous voulons bien accompagner ce mouvement. S'il s'agit uniquement du symbole du nom, il peut être changé. S'il s'agit d'une organisation différente de l'organisation monétaire, elle peut également être changée" et Mr Séjourné d'ajouter : "Ce n'est pas à la France d'avoir un avis là-dessus (sur la réforme du Franc CFA XOF). Nous avons fait notre part du chemin en sortant de la gouvernance du CFA (BCEAO et Commission bancaire de l'UMOA). Maintenant, aux Etats africains (de l'UEMOA) de décider" !! Le Ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères dit qu'il faut donc arrêter de toujours prendre la France pour votre bouc-émissaire et prenez vos responsabilités !! Le gouverneur de la BCEAO doit accorder une interview, comme celle que l'ancien gouverneur Tiémoko Meyliet Koné avait accordé au journaliste de RFI, Alain Foka, pour nous expliquer pourquoi depuis décembre 2019, date de la conclusion de l'accord entre le Président ivoirien Alassane Ouattara et le Président français Emmanuel Macron, la dernière étape de la réforme du Franc CFA XOF qui est le changer de nom CFA en Afro, est bloquée !? Est-ce parce que la BCEAO n'a pas d'argent pour imprimer les nouveaux billets Afro !? Est-ce parce que le nom ECO de la CEDEAO continu de poser problème !? Est-ce un problème dû à la parité fixe : certains populistes trouvent que le CFA XOF est surévalué et que de 656 F CFA XOF pour 1 Euro, on devrait passer à 1 000 F CFA XOF pour 1 Euro. Vivement les réponses à ces questions monétaires, de la part de Mr Jean-Claude Kassi Brou, actuel gouverneur de la BCEAO !! Merci.