Fakola et Sadiola: le Mali gagnera plus
Avec une production maximum de 450 000 onces prévues en 2024, Fekola est la deuxième plus grande mine d’or du Mali. Son propriétaire, B2Gold a découvert il y a quelques années un nouveau gisement à 20 km de la mine et l’État malien a obtenu l’application du code minier de 2023 à ce nouveau projet.
Le canadien B2Gold a annoncé le 11 septembre la signature d’un accord avec l’État malien afin de poursuivre l’exploitation de l’or à son complexe de Fekola. Aux termes de cet accord, le gisement Fekola Regional devrait être régi par le code minier adopté en 2023, garantissant davantage de revenus pour le gouvernement du Mali.
Avec le nouvel accord signé ce mercredi 11 septembre avec le géant canadien B2Gold autour du complexe aurifère de Fekola, notre pays franchi une étape décisive dans la gestion de ses ressources minières. L’accord signé le mercredi 11 septembre 2024 entre B2Gold et le gouvernement malien représente un compromis ingénieux entre la continuité et l’innovation. D’un côté, la mine principale de Fekola continuera d’opérer sous le régime du code minier de 2012 jusqu’en 2040, garantissant ainsi une stabilité opérationnelle. De l’autre, le nouveau gisement Fekola Regional, situé à seulement 20 kilomètres de la mine principale, sera soumis aux dispositions du code minier de 2023.
La révision du code minier l’année dernière a marqué un tournant majeur dans la politique économique du pays. Cette refonte législative, fruit d’intenses négociations et débats, visait à rééquilibrer les relations entre l’État et les compagnies minières étrangères. L’objectif était clair : accroître les retombées économiques pour le peuple malien tout en préservant l’attractivité du secteur pour les investisseurs. Ce nouveau cadre juridique prévoit notamment une augmentation de la participation étatique dans les projets miniers, passant de 20% à 30%, ainsi qu’une part de 5% réservée aux investisseurs locaux. Une mesure audacieuse qui promet de générer des revenus supplémentaires considérables, estimés à 500 milliards de francs CFA par an.
Un accord novateur pour une mine d’exception
La mine de Fekola, véritable joyau de l’industrie minière malienne, s’apprête à briller d’un nouvel éclat. Avec une production annuelle oscillant entre 420 000 et 450 000 onces d’or prévue pour 2024, Fekola s’impose comme la deuxième plus grande mine d’or du pays. Telle une pépite géante enfouie dans les terres africaines, elle incarne les espoirs et les défis du secteur minier malien.
L’accord signé le 11 septembre dernier entre B2Gold et le gouvernement malien représente un compromis ingénieux entre continuité et innovation. D’un côté, la mine principale de Fekola continuera d’opérer sous le régime du code minier de 2012 jusqu’en 2040, garantissant ainsi une stabilité opérationnelle. De l’autre, le nouveau gisement Fekola regional, situé à seulement 20 kilomètres de la mine principale, sera soumis aux dispositions du code minier de 2023. Cette différenciation stratégique permet au Mali d’optimiser ses revenus tout en respectant les engagements antérieurs.
Un partage des richesses repensé
L’accord entre l’Etat et le géant canadien ne se limite pas à la seule exploitation du nouveau gisement. Dans un geste qui souligne l’importance accordée à l’équité, le gouvernement malien a obtenu la conversion de sa participation actuelle de 20% dans la mine Fekola en actions préférentielles. Cette modification subtile, mais significative confère à l’État des avantages non négligeables, notamment une priorité dans la distribution des dividendes. Ainsi, le Mali renforce sa position au sein du projet, s’assurant une part plus conséquente des fruits de l’exploitation aurifère.
L’accord entre B2Gold et le Mali témoigne d’une nouvelle ère dans les relations entre États africains et compagnies minières internationales. Il illustre la possibilité de concilier les intérêts des investisseurs étrangers avec les aspirations légitimes des pays hôtes à bénéficier équitablement de leurs ressources naturelles. Cette approche équilibrée pourrait bien servir de modèle pour d’autres nations africaines riches en minerais, désireuses de redéfinir les termes de leur développement économique. L’or du Mali brille désormais d’un éclat nouveau, symbole d’un avenir où richesses minières et prospérité nationale vont de pair.
Sadiola passe au nouveau Code minier
Rappelons que le canadien Allied Gold dit avoir obtenu un accord de principe avec le gouvernement pour le renouvellement pour dix ans du permis d’exploitation de sa mine d’or Sadiola. Le protocole d’accord qui devrait bientôt être signé ferait de Sadiola la première mine déjà en production à être soumise au nouveau code minier malien, promulgué en 2023. Selon la compagnie canadienne dans un communiqué publié le 3 septembre, « le compromis sur les termes du protocole d’accord représente une étape importante, offrant une certitude pour l’avenir de la mine d’or de Sadiola, tout en renforçant l’engagement à long terme d’Allied envers le Mali en tant que juridiction prolifique pour l’exploitation des métaux précieux ».
En service depuis 1997, Sadiola est l’une des plus anciennes mines d’or du Mali et peut être encore exploitée sur plusieurs années. En 2023, Allied Gold y a produit 171 007 onces et vise jusqu’à 205 000 onces en 2024. La compagnie prévoit d’augmenter davantage la production dans les années à venir, en intégrant notamment les ressources du gisement voisin Diba, avec une production moyenne de 400 000 onces par an à partir de 2029.
L’impact du nouveau code minier
Il faut souligner que l’accord négocié par le Mali et Allied Gold vient aussi mettre fin à plusieurs différends liés aux impayés que le propriétaire de la mine Sadiola devait au gouvernement. Avant l’adoption du nouveau code, les autorités maliennes ont, en effet, réalisé un audit qui aurait révélé un manque à gagner de 300 à 600 milliards FCFA (500 millions $ à 1 milliard $) pour l’État. Les mines d’or à l’origine de ce manque à gagner n’ont néanmoins pas été précisées.
Ce nouveau code prévoit notamment une participation maximale de 35 % pour le Mali, y compris 5 % d’intérêts réservés aux investisseurs locaux.
Il s’agit d’une augmentation par rapport à la part maximale de 20 % que l’État malien pouvait auparavant détenir dans les mines. Allied Gold a indiqué que certaines dérogations ont néanmoins été négociées pour les redevances payables en vertu du nouveau code, sans donner d’autres précisions.
La nouvelle législation minière permettra à l’État de générer des revenus annuels supplémentaires de 500 milliards FCFA (842 millions $) au moins.
À terme, la contribution des Mines au PIB atteindrait 20 %, contre environ 10 % actuellement.
PAR MODIBO KONE