Taxation sur les télécommunications : Le Forum des organisations de la société civile s’oppose
Après l’annonce par le gouvernement des nouvelles taxations sur l’accès au réseau de télécommunications qui suscite une vive indignation au sein de la société civile, le président du Forum des organisations de la société civile du Mali (Fosc), Badra Alou Sacko a, dans une vidéo, dénoncé cette décision, estimant que celle-ci pèsera davantage sur une population déjà fragilisée par la crise énergétique et économique.
Pour M. Sacko, les Maliens souffrent déjà à cause des coupures d’électricité paralysant l’activité économique. Donc, il estime qu’il est incompréhensible que l’Etat choisisse d’alourdir encore la charge financière des citoyens. “Si l’Etat dit qu’il n’a pas d’argent, que doit dire la population ?”, s’interroge-t-il. Il s’est également indigné de l’évolution du budget de la présidence qui en constante augmentation ces dernières années. “Le président démocratiquement élu disposait de 12 milliards de F CFA. En 2022, ce budget est passé à 16 milliards, à 15 milliards en 2023, et à 17,5 milliards en 2024. Cette année, il atteint 17,7 milliards”, proteste-t-il. Une progression qu’il juge excessive au regard des difficultés économiques traversées par le pays. Au-delà du budget présidentiel, le président du Fosc dénonce d’autres dépenses qu’il considère injustifiées, notamment celles du Conseil national de transition, doté de 16 milliards de F CFA. Avant de proposer à l’Etat de trouver d’autres sources de revenus pour financer ses ambitions notamment les ressources naturelles, censées constituer une manne pour l’État, mais qui restent malheureusement une source de frustration. Car, dit-il, un véritable doute règne sur la gestion des revenus miniers.
“Nous ne sommes pas d’accord pour l’application de cette mesure. Nous nous sommes sérieusement affectés par la conjoncture aggravée par le chômage technique à cause des coupures d’électricité. Et malgré cela, on veut encore nous prendre le peu que nous gagnons. C’est inacceptable”, dit-il.
Boubacar Païtao