mercredi 15 avril 2026
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Prélèvement sur les recharges et les transactions de mobile money: Le coup de massue de la Transition

Par Le Sursaut 1,365 vues
Prélèvement sur les recharges et les transactions de mobile money: Le coup de massue de la Transition

Coup de sabot, coup de massue ou le coup de trop, aucun qualificatif ne sera pas de trop pour exprimer le traumatisme suscité par l’entrée en vigueur le mercredi 5 mars dernier, des taxes instituées à partir du prélèvement sur les recharges et les transactions de mobile. A savoir, prélever 10% sur les recharges de crédits et  1% sur toutes les opérations de retrait d’argent mobile à la faveur d’un fonds dit soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social. A cause de la situation pénible dans laquelle la population malienne se retrouve, ce fonds a été décrié par tous. En somme cette contribution a été jugée de trop, suscitant une véritable crise de confiance et de méfiance entre les Maliens et leur pouvoir. C’est pourquoi, ils réclament une gestion transparente avec une communication hebdomadaire du montant perçu par les différents opérateurs.

Après 2 reports, le prélèvement sur les recharges et les transactions de mobile est effectif sans aucune forme de consultation préalable du peuple. Il est mis dans le cadre du Fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social proprement dit pour la solution de la crise énergétique que le pays traverse depuis des années. Tout cela adossé à un décret d’une durée de 5 ans, renouvelable en cas de besoin.

Depuis l’annonce de l’application du décret, les réactions de la population ne se sont pas fait attendre. D’ailleurs, certains l’ont jugé de trop. Ce, au regard des difficultés dans lesquelles les maliens vivent. D’où une expression généralisée d’indignation sur les réseaux sociaux, dans les familles et Grins. Surtout que ladite mesure est tombée au très mauvais moment, à savoir, la période de mois béni de Ramadan, connu pour être un mois de fortes dépenses.

C’est vrai, ces 10% et 1% ne paraissent rien pour une frange de la société mais force est de constater que tout le monde n’a pas le même niveau de vie au Mali. En outre de la crise multidimensionnelle, cette crise énergétique a encore plongé le peuple dans une précarité indescriptible conduisant ainsi à l’arrêt de certaines activités, la faillite des grandes ; petites et moyennes entreprises.

« Aider son pays en contribuant pour son évolution n’est point une mauvaise chose, mais pour ce cas, le moment reste inapproprié et c’est aux gouvernants de montrer cet exemple avec la réduction de leurs budgets de fonctionnement et salaires » clame un auditeur sur une chaîne de radio de la place, la voix nouée. A l’instar de celui-ci, le nouveau mot clé sur les plateformes des réseaux-sociaux est désormais ‘’An Ta Yafa’’ (nous ne pardonnons pas). Or un proverbe dit en langue Bamanan : ‘’N’Ta Yafa, N’Ta Yafa, tè koun fossi la dougou kolo kô kan’’ (Nous ne pardonnons pas en répétition peut vaincre tout sur la terre). Donc…

Mariam Sissoko

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Commentaires (2)

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M
Malien il y a 1 an

Le moment est mal choisi et la méthode est abusée. Les maliens se sont sacrifiés depuis et continuent de sacrifier. A un moment donné, la résilience sera à son pic. Monsieur le Président, tâchez de ne pas donner raison à vos détracteurs et aux détracteurs du Mali. Pourquoi ne pas chercher à récupérer un peu sur les bénéfices des opérations de ces services de télécommunications et de transfert momey. Ou encore, pourquoi ne pas diminuer les primes et avantages de ceux là qui travaillent dans les différentes institutions de l'État. En tout cas, il n'y a pas de consensus par rapport à ce nouveau décret. Je pense qu'un décret peut être toujours modifier afin d'adapter son contenu aux aspirations du peuple. Un texte n'a de la valeur que lorsqu'il répond aux préoccupations du peuple en général. Les maliens ne se parlent pas trop car ils pensent que la transition œuvre pour eux. Mais avec l'application de ce décret, la popularité de l'équipe de la transition va diminué. Je pense que son excellence, le chef de l'État écoutera son peuple. Monsieur le Président, vous devriez tout faire pour éviter les bombes sociales à retardement. Le Pacte de Stabilité Sociale signé avec l'UNTM peine à se concrétiser et en plus on nous enlève de force des sommes d'argent dont nous ignorons la destination.

U
useur il y a 1 an

bonjour je ne suis point contre une législation ni une cotisation pour son pays. Mais à mon avis tout ces taxes sur les crédits de recharge devrait être appliquées sur les fournisseurs des services et non pas sur les clients. imaginons que devant chaque boutique, si l'état envoie un douanier pour lui demander de payer 10% sur le montant total de ce qu'il achète pour sa cuisine ? quelle surprise ? En ce qui concerne les systèmes de transfert mobile mony, j'ai l'impression que c'est pour faire couler tout ces systèmes car les maliens sont très intelligents et ils vont détourner tout ces jeux et si vous voulez me démentir ou vérifier la véracité de cette thèse, demander le montant total des retrait- dépôt avant et après l'application de cette taxe imposé. Imaginez un(e) employé(e) XY qui a déjà contribué aux taxes avec l'impôt sur le traitement et salaire, avec le solde net qui passe obligatoirement par la banque (donc le frais de compte à déduire), le misérable montant retiré à distance via un parent ou ami doit passer forcément par Orange mony pour arriver chez sa famille dans une autre ville que son lieu d'affectation. Déjà cet employé est obligé de payer les frais de retrait orange Mony avec l'insécurité car la route est rempli des bandits et braqueurs armés, brusquement l'État qui doit garantir l'équité et l'égalité de tout les citoyens, dans ce moment précis de crise économique et de Ramadan applique sur les employés les plus faibles et les plus reculés cette taxe (car les zones comme Kidal c'est forcé car pas de banque). je pense que c'est vers les riches qu'il y a plus d'argent, donc faites un décret qui permet de récupérer 20% de leurs fonds pour aller vite vite et puis c'est fini et laisser les misérables pauvres de ce beau pays. Merci