samedi 21 février 2026
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Bras de fer AES-UEMOA : l’avenir du FCFA en danger ?

Par Le Témoin 3,164 vues
Bras de fer AES-UEMOA : l’avenir du FCFA en danger ?

L’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) résistera-t-elle au même sort que la Cedeao ? La question vaut son pesant d’or après le fiasco de la 2e session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’Union, qui s’est tenue le 11 juillet à Lomé.

En effet, faute d’accord sur la désignation du Burkina Faso pour présider le Conseil des ministres de l’Union, les représentants des États de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont quitté la salle, en réaction au non-respect de l’article 11 des statuts de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), qui dispose que la présidence du Conseil doit être assurée à tour de rôle par les ministres chargés des Finances des États membres, pour un mandat de deux ans.

Au cœur du bras de fer, il se murmure que le Burkina Faso, refusant toute interaction avec l’ancienne puissance coloniale, toujours garante du franc CFA et interlocuteur privilégié des instances de la zone monétaire, conditionnait sa prise de fonction à une redéfinition des relations entre l’Union et Paris. Et depuis, tous les regards sont tournés vers la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de l’UEMOA, seule instance habilitée à arbitrer ce contentieux.

En attendant, les observateurs avisés retiennent leur souffle. Et pour cause, cette crise intervient dans un climat de forte tension entre les membres de l’AES et certains pays de l’Union. Et pire, elle éclate à un moment où le francs CFA, l’une des rares monnaies coloniale en circulation, est perçue dans l’AES comme une « monnaie de servitude ».

En effet, en février 2024, le chef de l’Etat du Niger, le général Abdourahamane Tiani, laissait déjà entendre que la création d'une monnaie confédérale est considérée comme une « étape de sortie de la colonisation ». Et si le chef de l’Etat nigérien n’a pas donné plus de précisions, la création de la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID-AE) dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA, afin de financer des infrastructures essentielles et soutenir l’industrialisation locale, préfigure une volonté de création de cette monnaie.

Mais pour autant, l’UEMOA à huit Etats pourrait résister au clash du 10 juillet. En cause, après leur sortie de la CEDEAO, les États de l’AES, qui ont la particularité commune d’être continentaux, seule l’appartenance à l’UEMOA protège à la fois leurs ressortissants et leur permet d’accéder aux différents ports régionaux. Et c’est peut-être ce qui explique le silence radio de l’instance dirigeante de la confédération, par-delà le statut incontournable de l’Uemoa en tant que garante de toutes les levées de fonds sur le marché sous-régional.

Amidou Keita

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Commentaires (8)

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L
lemanyan il y a 7 mois

C est bizarre -pour quoi ces pays de L 'AES ne grandissent pas .Toujours la France , La France , La France . On a pas d'electricite - c'est la France , c;est le Franc CFA . On a pas a manger ... C'est la France .Pas de services sociaux adeqats - toujours la France . Que des excuses . Pourquoi ne font ils pas moins de bruit et travailler . La grande gueule et l'accusation continue de la France ne va pas construire des routes et envoyer nos enfants travailler sur Mars . Il faut se traire et travailler . AES , AES AES... comme si rien n'existait que AES . Taisez vous et travaillez

Dogon64 il y a 7 mois

Surtout que cela est faux : "l’ancienne puissance coloniale, toujours garante du franc CFA" Non le Fcfa est adossé à l'euro qui est une monnaie européenne, la France comme tous les états européens n'a plus de monnaie particulière. Oui elle est toujours "l'interlocuteur privilégié des instances de la zone monétaire" mais pour transmettre les décisions des instances européennes en particulier la BCE. Et enfin oui l'adossement à l'euro protège le Fcfa d'une dévaluation qui serait catastrophique pour les économies des pays membres, donc que l'on change le nom de la monnaie Fcfa pour des raisons mémorielles pourquoi pas, mais surtout que l'on ne touche pas au fondamental de l'adossement !

A
Anonyme il y a 7 mois

Le bras de fer tournera en vinaigre pour l'AES ! Laissez les sortir,ils s'en souviendront pour longtemps !

Anonyme il y a 7 mois

Pardon,tournera au vinaigre !

K
Kone Allagnan il y a 7 mois

L'avenir du franc CFA ne saurait etre en danger a cause du retrait de certains pays de l'UEMOA. Ce serait un probleme si la Cote d'Ivoire quittait l'organisation mais pas les pays de l'AES. L'Afrique a besoin d'evoluer. Tant pis pour les brebis galeuses, dont les populations ont des difficultes a envisager un avenir serein sans coup d'etat et sont reduites a attendre le prochain renversement. L'UEMOA doit souhaiter bonne chance a l'AES et sa monnaie (adossee au rouble russe!). Bon vent a l'AES et bon debarras! Wait and see!

petit con il y a 7 mois

petit con