samedi 21 février 2026
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La digitalisation reléguée aux oubliettes par l’irrésistible affairisme

Par Le Témoin 3,753 vues
La digitalisation reléguée aux oubliettes par l’irrésistible affairisme

C’est une promesse parmi tant d’autres sur lesquelles les autorités de la Transition peuvent être interpelées, à défaut d’être prises en défaut. Il s’agit de la digitalisation tous azimuts qu’elle annoncée en grande pompe en son temps comme paravent contre la corruption et les évasions de ressources.

À l’instar d’autres mesures miroitées à l’opinion comme indicatives de refondation, la digitalisation des opérations de paiement est manifestement morte avant même de naître. Après une brève euphorie, en effet, la mesure n’est aujourd’hui effective pour aucune des prestations de service initialement ciblées comme pourvoyeuses de ressources. Qu’il s’agisse des services municipaux, judiciaires ou de police, les canaux traditionnels d’accès aux documents administratifs ainsi que les opérations de légalisation de pièces résistent vaillamment à la digitalisation. Il va sans dire aussi de la prospérité des pratiques que celle-ci était censée combattre, et pour cause. Les numéros de téléphone, attribués aux différents services publics pour la cueillette des recettes afférentes aux différentes prestations, sont un peu partout rangés aux oubliettes au profit de l’indomptable affairisme.

La taxation douanière des panneaux solaires en baisse drastique

Les importateurs et commerçants de panneaux solaires devraient déjà s’en frotter les mains, et pour cause. Selon des sources bien introduites, ils viennent d’être gratifiés d’un renoncement assez conséquent aux droits de douane sur cette marchandise fortement sollicitée par ces temps de déficit électrique annoncé par l’assèchement progressif des cours d’eau. Il ne s’agit pas d’une exonération totale de taxes mais d’une baisse assez alléchante pour favoriser un accès massif des Maliens à l’énergie solaire. Nos sources parlent, en clair, d’une diminution qui frôle les 30% car le conteneur de 40 pieds est désormais taxé à moins d’1 500 000 francs CFA au lieu de 2 millions initialement. La marge bénéficiaire sur la chute des droits de douane implique par conséquent des prix assez incitatifs pour accroître une migration massive vers le solaire et soulager le réseau EDM d’une certaine proportion d’usagers. Sauf qu’au Mali les faveurs fiscales accordées sous forme d’exonération se sont rarement traduites par une chute correspondante des prix à la consommation.

La Rédaction

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Commentaires (10)

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K
Kone Allagnan il y a 2 semaines

Parlez-moi d'une gangrène!

V
Vincent Traoré il y a 2 semaines

Nous avons des fonctionnaires qui ne maîtrisent pas les outils informatiques soit par analphabétisme, soit par manques de moyen , et l'électricité dans tout ça ? Les corrompus n'acceptent pas la transparence ni la traçabilité. Les plaques d'immatriculation ? Les véhicules sans plaques? Le civisme simplement est un luxe pour le malien lambda ! Les vitrrs teintés ?

Fatim il y a 2 semaines

Monsieur Vincent, on ne peut pas finir de lister les nombreuses défaillances de la machine étatique : – lenteur, sinon lourdeur administrative ; – corruption à ciel ouvert ; – retard des agents de l’État ou absence totale pendant des journées entières ; – népotisme à ciel ouvert ; – détournement des biens et services de l’État. Je crois tout simplement qu’à ce stade, on ne doit plus parler de MaliKura mais, à cet élan, on dira sans risque de se tromper qu'on est dans le MaliKoro.