CINQUIEME NUMERO DU CEO TALKS DU REAO-MALI : Les conseils de Seydou Mamadou Coulibaly aux jeunes qui ont des ambitions entrepreneuriales
Seydou Mamadou Coulibaly, président de Groupe CIRA Holding SAS, était l’invité de marque de la 5ème édition du CEO Talks du Réseau des Entreprises de l’Afrique de l’Ouest du Mali (REAO-Mali), le samedi 10 décembre 2022, à Azalaï Hôtel Salam de Bamako. Il s’agissait pour lui de partager ses expériences avec les jeunes sur les opportunités d’entrepreneuriales au Mali, les enjeux et les perspectives pour les jeunes. Outre la jeunesse, notamment les étudiants qui ont des ambitions entrepreneuriales, étaient aussi présentes, des personnalités des Banques, du secteur privé et public et de la société civile.
Selon les statistiques, dit le conférencier d’entrée, la jeunesse occupe près de 80% de la population. « Cela veut dire que la frange la plus importante du Mali est la jeunesse. Ça veut dire que la réalité d’aujourd’hui du Mali, c’est la jeunesse. Se réunir donc avec cette jeunesse pour parler du pays, pour parler de leurs cursus universitaires, de ceux qui vont entreprendre à la fin de leurs études, je pense que c’est une occasion inouïe. Je me réjouis donc d’être là devant vous pour échanger sur cette thématique», a déclaré le président de CIRA. Ensuite, il a affirmé que la jeunesse est la première richesse du Mali. Mais cette jeunesse, regrette le conférencier, quand on regarde aujourd’hui sa situation dans notre pays, est difficilement compréhensible. « Puisqu’elle est dans la précarité, elle est frappée massivement par le chômage, par une formation professionnelle et une formation académique quelques fois très peu faibles. Et cette jeunesse aussi est dans l’oisiveté, elle manque de perspectives, elle manque d’espoir. C’est cela la réalité de notre jeunesse. Pour faute d’opportunités, cette jeunesse est abandonnée à elle-même », a fait savoir Seydou M. Coulibaly. Avant d’évoquer la question de l’entrepreneuriat. L’entrepreneuriat, dit-il, est un moyen pour lutter efficacement contre les maux dont souffre note jeunesse. Pour lui, pour lutter efficacement contre le chômage, l’entrepreneuriat est une solution adaptée. Il dira aussi que pour lutter contre le manque de perspectives, de revenus, l’entrepreneuriat constitue également un moyen privilégié. Et si on veut sortir notre jeunesse de l’oisiveté, si on veut la sortir de la précarité, soutient-il, l’entrepreneuriat reste un moyen pratique. Pour lui, l’entrepreneuriat est la solution pour le pays de décoller, de lutter contre le chômage des jeunes. « L’entrepreneuriat peut être la solution adaptée pour valoriser notre jeunesse, pour lui donner de l’espoir, puisqu’il peut être le moteur pour assurer une formation adéquate de notre jeunesse. En voyant le chômage, la précarité, l’absence de revenus, qui peut lutter contre ça ? Ce n’est pas la fonction publique. Mais malheureusement, c’est ce que nous pensons tous. Les fonctionnaires du Mali ne sont que 114 000 personnes (Etat et des collectivités territoriales). Et il y a combien de personnes qui travaillent dans les entreprises ? Ce sont des millions de personnes. C’est dire que la solution à tous ces maux évoqués ici, est l’entreprise», a indiqué le président Seydou Mamadou Coulibaly. Seydou a partagé avec les jeunes son expérience sur les qualités d’un entrepreneur s’il veut réussir. Il a estimé qu’un entrepreneur doit avoir la volonté et l’envie d’entreprendre, la détermination et la persévérance pour faire face aux hauts et aux bas. Pour lui, une entreprise prend en compte aussi l’organisation (les ressources humaines, financières, matérielles, informationnelles). « Ce sont ces quatre ressources dont une entreprise a besoin pour se mouvoir, pour se lancer dans un chemin à succès. L’entrepreneur ou le chef d’entreprise doit avoir aussi la curiosité de ce qui se passe dans son entreprise. Il lui faut de la curiosité, de la créativité, la mise en place d’un réseau social, car l’entreprise n’est rien d’autre que du relationnel entre l’entreprise et le monde qui gravite autour de l’entreprise. L’entrepreneur doit avoir aussi le goût du risque, la remise en question. Un entrepreneur qui pense qu’il sait tout, franchement, je pense que le chemin va être périlleux pour lui. En outre, l’entrepreneur doit avoir le leadership qui est une qualité indispensable pour la réussite de l’entreprise. Enfin, je pense qu’un entrepreneur doit faire preuve de patience», a conseillé le président Seydou M. Coulibaly. Par ailleurs, il a cité cinq facteurs fondamentaux qui doivent inspirer un entrepreneur en lien avec le leadership. «Ces cinq facteurs principaux sont : un entrepreneur doit comprendre que c’est le personnel de son entreprise qui détermine la potentialité ou le potentiel de son entreprise. Le deuxième facteur est les relations interpersonnelles entre les collaborateurs au sein d’une entreprise qui déterminent le moral du groupe dans l’entreprise. Le troisième facteur est qu’un entrepreneur doit savoir qu’un organigramme pour une entreprise est important, car détermine la taille de l’entreprise. Si l’organigramme n’a pas vocation à définir la taille de l’entreprise, c’est très difficile que l’entreprise puisse trouver la voie qui l’amène au succès. Le quatrième facteur pour moi est la vision d’une entreprise qui détermine la stratégie de l’entreprise. Et le dernier facteur, c’est le leadership qui détermine le succès d’une entreprise. Sans leadership dans une entreprise, il sera très difficile pour l’entreprise de prospérer », a explicité le conférencier.
Hadama B. FOFANA