Face au Covid19: Le Mali vulnérable mais résolu !
Malgré la situation sécuritaire particulièrement préoccupante et un climat social en ébullition, le président de la république Ibrahim Boubacar Keita a mis au cœur de ses préoccupations la protection des Maliens contre l’épidémie du coronavirus ou Covid 19.
S’exprimant sur une radio étrangère, le ministre de la santé et des affaires sociales dévoile les mesures prises par les autorités. A ce propos, Michel Sidibé dira : « Pour vaincre une pandémie , il faut trois choses à savoir le leadership politique, et nous avons la chance que le président de la république considère que cette pandémie est une priorité même si nous sommes dans une situation de guerre avec des difficultés bien sûr au plan humanitaire, le président a décidé de présider une réunion extraordinaire du conseil supérieur de la défense au cours de laquelle d’importantes décisions ont été prises. La suspension jusqu’à nouvelle ordre des vols commerciaux en provenance des pays touchés à l’exception des vols cargos, la fermeture des écoles publiques, privées et confessionnelles, bien sûr la suspension jusqu’à nouvelle ordre de tous les regroupements publics y compris les ateliers, les colloques, les séminaires, les meetings populaires et l’interdiction jusqu’à nouvel ordre des regroupements à caractère social, sportif, culturel et politique. Afin de ménager la susceptibilité des religieux pour lesquels les rassemblements sont très importants et s’assurer leur pleine et entière adhésion aux mesures de prévention préconisées par les plus hautes autorités, le ministre de la santé affirme que : « Le gouvernement a déjà engagé des consultations avec les responsables religieux et nous sommes en train de mettre en place avec ces religieux un plan d’action lequel sera annoncé sous peu. Michel Sidibé confirme qu’au cas à ce jour n’avait été détecté au Mali après les 62 tests effectués qui se sont révélés négatifs. Il recommande malgré, toute prudence et vigilance. « Il ne faut surtout pas de l’arrogance, il faut de l’humilité, on a aucune visibilité sur la fin de cette pandémie, c’est une question de temps. Dans différents pays, la tempête se produira à différent moment, donc nous avons mis en place un système très fort comme je disais au niveau de la surveillance. Nous avons réactivé le cordon sanitaire existant durant la lutte contre Ebola que ce soit au niveau aérien ou terrestre, mais nous avons surtout mis en place un mécanisme de coordination très fort qui nous permet d’avoir en temps réel l’information stratégique et qui nous aide à aller vers des actions ciblées pour nous permettre d’éviter le chao .Pour l’instant, on développe un plan robuste en trois phases qui ressemble à celui de la France, ce n’est pas la peine de réinventer le fil à couper le beurre. La première phase consiste à empêcher l’entrée du virus, là nous avons anticipé c’est pourquoi nous avons pris des mesures fortes pour aller déjà en considérant comme si on avait le virus, donc nous essayons de limiter la propagation ».
Répondant à une question relative à la capacité de test du pays, le ministre de la santé avance que : « il faut être réaliste, comme la plupart des pays, nous avons un énorme problème au niveau des équipements qu’il s’agisse des respirateurs, des extracteurs d’oxygène, les masques et les gels etc. Aujourd’hui, les tests posent un problème très sérieux. Nous avons à l’heure actuelle au maximum 2000 tests, vous vous imaginez ce qui s’est passé en Italie, ce qui se passe aujourd’hui en France, si nous avons une explosion sur le continent de façon exponentielle, nous aurons des problèmes majeurs.
Dans lutte contre le Coronavirus, le Mali ne se contente pas des mesures internes, il dispose d’une vision sous-régionale, voire régionale car pour le ministre malien de la santé et des affaires sociales, les stratégies de repli sur soi des Etats n’est pas de nature à favoriser une lutte efficace. Pour la mise en place d’un réseau de lutte interafricain, le ministre Sidibé a dévoilé les démarches et les actions entreprises. A ce propos, il dira : « Il y a un mois avec l’organisation Ouest Africaine de la santé, nous avons décidé d’avoir une rencontre avec tous les ministres de la santé à Bamako de la CEDEAO par ce que je pensais qu’il était indispensable que nous puissions nous consulter pour faire l’état des lieux, savoir exactement au niveau de la science quel type d’information nous avons , les stocks, qu’est qu’il faut faire, qu’elles sont les mesures de coordination à mettre en place. Aujourd’hui avec l’OAS, nous avons une communication journalière, mais je crois que ce n’est pas suffisant. Ce qui est important aujourd’hui, il ne faut pas de langue de bois. On a besoin au niveau le plus élevé, c’est-à-dire au niveau des leaders politiques Africains d’avoir une vision continentale qui va nous permettre de nous positionner avec des approches qui vont contrôler cette épidémie sur le continent. Même si elle existe, j’ai l’impression qu’on a un grand problème avec la couverture médiatique sur le Coronavirus, c’est devenu anxiogène et elle participe à l’affolement de chacun. Et c’est ce qu’il faut éviter. Je crois qu’il ne faut pas qu’on s’enferme. Chaque pays sur son petit réseau internet, il faut aller au-delà de ça pour avoir des approches transfrontalières et avoir des mesures qui vont nous permettre, au cas où on serait en face du pire de réagir différemment. Au regard des mesures préventives préconisées par les autorités, on peut sans risque de se tromper que le Mali est certes vulnérable face au Coronavirus, mais résolu à se battre pour mettre à l’abri de cette pandémie, l’ensemble de la population vivant sur son territoire. Que Dieu assiste le Mali !
Bouba Sankaré