La fistule : Qu'est-ce que c'est ?
Chaque année dans le monde, plus de 50 000 à 100 000 femmes présentent une fistule obstétricale. En Afrique et en Asie, plus de 2 millions de jeunes femmes vivent avec des fistules obstétricales non traitées. En plus de provoquer de graves problèmes de santé, une fistule obstétricale conduit souvent à l’isolement social des femmes atteintes.
En 2003, le Fonds des Nations Unies pour la Population a lancé une campagne afin d’éliminer les fistules obstétricales. Plusieurs interventions ont été effectuées dans près de 40 pays d’Afrique subsaharienne, d’Asie et des régions arabes. Cette vaste initiative a pour but de faciliter l’accès des femmes aux traitements obstétricaux et d’apporter un support aux femmes atteintes de fistules obstétricales et de les aider à reprendre une vie normale une fois qu’elles ont reçu des traitements.
Mais c'est quoi une fistule ?
Une fistule est la formation anormale d’une connexion entre deux organes internes, entre l'organe génital féminin et l’intestin par exemple, entre un organe et la surface du corps, comme entre le rectum et la peau, ou entre deux vaisseaux sanguins, comme entre les artères ou les veines.
Il existe différents types de fistules selon l’endroit où elles se trouvent. Les plus communes sont la fistule anale, la fistule recto-vaginale, la fistule artério-veineuse, la fistule pulmonaire, la fistule obstétricale etc...
C'est sur cette dernière fistule appelée" fistule obstétricale" que nous allons nous appesantir.
En effet, la fistule obstétricale est la constitution d'une communication anormale entre le vagin et la vessie qu'on appelle fistule vésico-vaginale ou entre la vessie et le rectum également appelée fistule vésico-rectale ou entre le vagin et le rectum qui est la fistule recto-vaginale survenant à la suite d'une grossesse compliquée.
La fistule est un problème mondial, mais elle est surtout commune en Afrique. Elle survient d’ordinaire pendant un accouchement prolongé, quand une femme n’obtient pas la césarienne qui serait nécessaire.
Quant à la fistule obstétricale, elle résulte généralement d’un travail prolongé (souvent de plusieurs jours) et difficile, sans intervention obstétricale (césarienne) pratiquée en temps voulu. Le fœtus exerce alors une pression excessive sur les organes internes (vagin, vessie, rectum) et endommage les tissus de la femme. Dans la plupart des cas, le bébé meurt. La femme souffre d’incontinence sévère qui conduit à des ulcères, des infections et parfois même à la mort.
Selon les statistiques, l'incidence des accouchements difficiles a été estimée à près de 6 500 000 cas/an dans les pays défavorisés, entraînant une incidence annuelle théorique de près de 130 000 fistules obstétricales. Toutefois, les personnes les plus touchées sont les jeunes filles qui se marient à l'âge précoce.
En cas d'infection, si la fistule est située entre le vagin et la vessie (vésico-vaginale), l’urine s’écoule en permanence, et si elle est située entre le vagin et le rectum (recto-vaginale), la femme ne peut plus contrôler le mouvement de ses intestins. Dans la plupart des cas, une incontinence permanente en résulte tant que la fistule n’est pas opérée.
Cependant, si la patiente est vue précocement, la mise en place d'un cathéter dans la vessie permet de diminuer la pression sur les tissus et d'obtenir un certain nombre de fermetures spontanées des fistules. En cas d'échec de cette méthode ou si la patiente est vue tardivement, seule une réparation chirurgicale est possible.
Il est à rappeler que le traitement préventif le plus efficace reste cependant l'amélioration des conditions socio-économiques permettant une prise en charge médicale correcte des accouchements difficiles.
Aussi la fistule n'est qu'une partie des conséquences possibles d'un accouchement dystocique sans césarienne. Ce dernier peut se compliquer également d'un rétrécissement du vagin, d'une insuffisance rénale, d'une stérilité, de troubles de la marche secondaire à la lésion des nerfs moteurs comprimés.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com