Tuberculose osseuse : Une maladie peu connue
La tuberculose osseuse est une maladie de santé publique peu connue par les Maliens. Elle est caractérisée par l’atteinte du squelette par le bacille de Koch ou le Mycobacterium tuberculosis, le même microbe responsable de la tuberculose pulmonaire. L’atteinte de la colonne vertébrale est appelée « mal de Pott » et celle de la hanche « coxalgie ». Ces deux régions sont les plus souvent affectées. Il n’existe pas de statistiques spécifiques pour cette maladie, mais elle fait partie des autres formes de tuberculose.
A la lumière de l’explication du Dr Bréhima Diarra, chirurgien orthopédiste et traumatologue à l’hôpital Gabriel Touré, sur cette pathologie, il ressort que la tuberculose osseuse provoque des douleurs progressives dans la région touchée, une perte de poids, une fatigue intense, parfois de la fièvre en fin de journée et un essoufflement lié à l’anémie. On peut également observer un écoulement de pus au niveau de la région atteinte, une boiterie si la hanche est malade, ou une déformation de la colonne vertébrale si celle-ci est touchée.
Dr Diarra précise que les principaux facteurs de risque sont le contact physique avec un sujet atteint de tuberculose, le diabète, le VIH/sida et le traitement par les corticoïdes ou certains anticancéreux. Pour diagnostiquer la maladie, il explique qu'un test IDR (Intra Dermo-Réaction) à la tuberculine, réalisé par une piqûre sous la peau, est nécessaire. « Trois jours après, le médecin examine la zone de la piqûre pour vérifier la présence d’une rougeur, signe d’un test positif. Une radiographie du squelette est ensuite demandée pour détecter toute irrégularité, et un prélèvement au niveau du squelette est envoyé au laboratoire pour rechercher la bactérie de la tuberculose », a-t-il fait savoir. Avant d’ajouter qu’il existe de nombreuses autres méthodes, mais seule l’analyse du prélèvement osseux au laboratoire, appelée biopsie, permet de poser un diagnostic définitif.
En ce qui concerne le traitement de cette pathologie, le spécialiste évoque une combinaison de plusieurs antibiotiques antituberculeux pendant une durée de 6 mois à 1 an, parfois complétée par une intervention chirurgicale pour évacuer les tissus morts ou remplacer une articulation par une prothèse. « En cas de traitement tardif ou inadéquat, les complications possibles incluent une déformation de la colonne vertébrale, voire une paralysie des membres, ou une arthrose précoce pouvant mener à une destruction totale de l’articulation » a conseillé Dr Bréhima Diarra.
Pour ce qui est du suivi des patients, il indique que cela inclut la surveillance des signes cliniques, des analyses sanguines et des radiographies de contrôle. Cela, pour la simple raison qu’il n’existe pas de mesures préventives spécifiques pour la tuberculose osseuse, à part la vaccination contre la tuberculose générale par le bacille de Calmette et Guérin (BCG).
A signaler qu’il existe des centres dédiés à la prise en charge médicamenteuse de la tuberculose. Dès qu’un diagnostic est posé, le patient est dirigé vers ces centres. A savoir les CSREF ou certains hôpitaux. Si une intervention chirurgicale est nécessaire, le patient est alors dirigé vers des chirurgiens orthopédistes ou aux neurochirurgiens.
Par Fatoumata Coulibaly