Santé publique : l'incidence financière du paludisme saisonnier au Mali estimée à plus de 150 milliards de FCFA
Le paludisme saisonnier représente un fardeau financier considérable pour le Mali. On estime que cette maladie endémique coûte à la population plus de 150 milliards de FCFA durant les pics de transmission.
Le pic de transmission, qui a lieu de juillet à octobre pendant la saison des pluies, est responsable de plus de 75 % des cas de paludisme. En raison de cette forte prévalence, le Mali se classe au 11e rang mondial des pays où le fardeau du paludisme est le plus lourd.
Cette maladie parasitaire, transmise par les moustiques, est une préoccupation de santé publique majeure. Selon le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), elle est responsable de plus de 30 % des décès dans les établissements de santé. Elle pèse également lourdement sur l'économie nationale et sur les ménages.
Gaoussou Koné, directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCOM) de Freintoumou, a souligné les conséquences pour la population : « Sur dix patients, nous enregistrons dix cas de paludisme en période de pic. Les familles subissent des coûts de traitement importants, ce qui affecte leur capacité à couvrir d'autres besoins. »
L'insalubrité, un facteur de risque
La prolifération des moustiques est souvent liée à la mauvaise hygiène et à l'insalubrité. Les conditions de vie insalubres augmentent l'exposition et la vulnérabilité aux maladies infectieuses. Pour lutter contre le paludisme, il est essentiel d'adopter des stratégies combinant des méthodes de base, comme l'utilisation de moustiquaires à imprégnation durable.
Une nouvelle stratégie prometteuse
En réponse à l'appel de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le développement de nouvelles stratégies de lutte anti-vectorielle, un projet a été lancé pour tester l'efficacité des appâts à base de sucre toxique (ATSB). Ce sont des appâts contenant du jus de fruits sucré mélangé à une toxine, qui attirent et tuent les moustiques.
L'efficacité de cette solution, qui doit être accrochée à l'extérieur des habitations, a fait l'objet d'une étude menée par le Centre universitaire de recherche clinique (UCRC). Le Dr Mahamadou Touré, chercheur principal du projet, a expliqué que « des insecticides avec de nouveaux modes d’action capables de tuer les moustiques sensibles et non-sensibles est une urgence » en raison de la résistance des moustiques aux pesticides.
La troisième phase du projet, qui verra un déploiement à grande échelle, pourrait contribuer à la prévention du paludisme et à la réduction de son incidence financière.
Adiaratou Ouattara/Malijet.com