samedi 21 février 2026
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L'incroyable destin de Serey DIE

Par Malijet 12 vues
L'incroyable destin de Serey DIE

« Moi qui suis de l’ouest de la Côte d’Ivoire, j’ai profité d’une détection de jeunes pour intégrer un centre de formation à Abidjan (à environ 500 kilomètres de chez lui) en 1998 (il avait quatorze ans). Nous étions 105 et je vivais avec un ami dans une chambre d’un quartier populaire. J’étais tellement heureux de concrétiser mon rêve, mais un problème budgétaire a obligé les dirigeants à fermer le centre. Chacun a dû se débrouiller. Je suis resté à Abidjan, j’allais jouer sur des terrains de quartier et j’ai intégré un petit centre : le Volcan FC (2001-2002). Puis d’autres clubs plus connus de D1.

« Je faisais cabine téléphonique»

Mais je ne gagnais pas d’argent, je vendais des trucs pour survivre, du pain, des cigarettes au feu rouge, je faisais « cabine téléphonique » (prêter des téléphones aux gens pour appeler). J’avais moins d’un euro par jour… Parfois, je passais deux jours sans manger. Le père ne vivait plus (il est mort en 2004 ), la mère n’avait qu’une petite pension donc je ne pouvais rien lui demander. Je devais me débrouiller seul. J’habitais même une chambre avec un toit inachevé… Quand il pleuvait, il fallait que je rentre mes affaires. Quand je m’entraînais, je pensais à mon matelas et à mes deux ou trois vêtements que je possédais qui allaient être mouillés en rentrant… Mais j’en voulais tellement… »

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«Je suis rentré au pays et j’ai expliqué ma situation, mais mes frères ne m’ont pas cru. Ils pensaient que j’avais fait la fête et tout dépensé ! Du coup, ils se sont fâchés, mais ma mère, qui pleurait souvent mon absence, a accepté de me voir encore. Heureusement…

Pendant un mois en Côte d’Ivoire, j’étais la risée de tout le monde. Mes frères ne voulaient plus me voir, ma copine m’a quitté car elle m’a clairement dit que je lui faisais honte. Je ne pouvais donc pas rester…>>

« Kram a finalement voulu me faire revenir en D 2, mais je devais signer un papier pour expliquer que le club ne me devait plus rien. “Tu n’auras pas de salaire, mais tu auras un logement et de la nourriture.’’ Je me suis dit : “Vu ta situation, rejeté comme ça, vas-y et tu montreras ce que tu vaux.’’ Je n’avais pas le choix, mais ça s’est mal passé et j’ai résilié très vite. J’ai vécu alors dans une maison « bizarre » où il y avait des Ivoiriens. Quand j’étais arrivé, la première fois en Tunisie, j’avais rencontré ces compatriotes démunis et, avec mon salaire, je leur avais donné du savon, des sacs de riz, etc. Je suis allé les revoir. C’était devenu mon abri. Un entraîneur m’a alors parlé d’un contrat en Libye. Je n’avais pas le visa, mais le gars m’a dit qu’il n’y aurait pas de souci. Arrivé à Tripoli, j’ai été rapatrié illico à la douane et je me suis retrouvé le seul passager dans l’avion du retour !
«Je m'entraînais le matin et je faisais parfois la plonge le soir dans des restos»
Je suis resté en Tunisie dans la misère totale, je ne mangeais parfois pas de la journée, je pleurais tout seul, je pensais à ma mère, à mon père... Je m’entraînais le matin et je faisais parfois la plonge le soir dans des restos pour avoir un peu de “pièces”. »

« J’avais conservé un contact avec un monsieur qui m’a assuré avoir un essai pour moi à Sétif (D 1), en Algérie. J’y suis allé en taxi, il faisait froid, c’était en décembre (2007)… Ce jour-là, le directeur sportif m’a parlé : “C’est toi qui viens pour le test ? On n’a pas besoin de toi ! On va te mettre avec les gamins au centre. Puis je vais te payer ton taxi pour repartir.’’ Le lendemain, je m’entraîne quand même avec les remplaçants et les jeunes. Et j’ai tout cassé !
J’ai vu le directeur sportif qui appelait le président au téléphone sur le bord de la touche pour lui dire de venir me voir… Ils ont voulu discuter. Un dirigeant est venu : “Vous, les Blacks, vous vous montrez au début et après on ne vous voit plus ! Alors je te donne six mois de contrat et on verra.’’ J’ai été replacé milieu défensif et je change tout dans l’équipe. Les supporters inventent même une chanson en mon nom ! »

« Sion est alors venu superviser un joueur de Sétif, mais opte pour moi ! Je signe en 2008, j’ai vingt-quatre ans ! Ensuite, j’ai franchi tous les échelons, Bâle, Stuttgart, CAN, Coupe du monde… C’est pour tout ça que j’ai pleuré pendant les hymnes lors de la Coupe du monde 2014, je me retrouvais à côté de Drogba, Yaya, Zokora... Ces gens que je voyais à la télévision… Tous mes sacrifices sont revenus en mémoire. C’est cette vie qui m’a donné mon énergie. Rien ne m’a été donné gratuitement, je ne suis pas milliardaire, mais je n’envie personne. Quand je suis sur le terrain, je pense à tout ce que j’ai enduré…

J’ai pardonné à mes frères et peut-être que s’ils n’avaient pas été aussi méchants avec moi, je ne me serais pas autant battu. Dieu m’a donné cette force d’avoir ce que j’ai. Et ma mère ne regrette pas de m’avoir accouché. Elle a mis un homme au monde. Je suis fier de ça, je lui ai construit sa maison, dans son village. J’ai même fait une fête qui réunissait les dix villages avoisinants : elle était fière. Moi aussi. J’ai rendu ma maman heureuse, je peux mourir aujourd’hui. Je suis un homme heureux. »

LES ETHNIES DE LA COTE D'IVOIRE ET D'AFRIQUE

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Commentaires (6)

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M
multco il y a 5 ans

1er mai 2020 Les personnes de couleur à travers le pays et dans le comté de Multnomah souffrent d'un fardeau disproportionné de maladies et de décès (lien externe) du COVID-19. Des chercheurs de l'Université Johns Hopkins rapportent (lien externe) Par exemple, ils ont constaté que dans les États déclarant des données sur la race et l'ethnicité pour les cas de COVID-19, les Noirs et les Afro-Américains ne représentaient que 13% de la population. Mais dans ces États, les résidents noirs représentent environ un tiers des décès dus au COVID-19. Ces inégalités s'étendent à l'Oregon, où les personnes de couleur sont surreprésentées dans les cas et sont plus susceptibles de souffrir de complications du virus. L’écart le plus évident est que les Latinos représentent 13% de la population de l’État et 27% des cas. Cet écart est causé par l'épidémie dans le comté de Washington, où près de la moitié des personnes ont été testées positives (le lien est externe) parce que le virus a été identifié comme latin - le taux d'infection des résidents hispaniques du comté de Washington est l'original Plus de deux fois.

K
Kten il y a 5 ans

Le virus le plus répandu correspond le mieux à la souche virale qui se propage en Europe plutôt qu'en Chine. Le président Donald Trump a accusé à plusieurs reprises le virus de ne pas empêcher sa propagation aux États-Unis.

F
Fr24news il y a 5 ans

Le DOHMH convient que des tests limités ont entraîné de nombreux cas de COVID-19 non détectés, mais cela est également dû à des normes de test strictes. Au début de la pandémie, seuls les New-Yorkais qui présentaient des symptômes du coronavirus à l'époque étaient autorisés à se faire tester et ils avaient besoin de l'autorisation d'un médecin. Désormais, tous les New-Yorkais peuvent être testés. Mais malgré l'annonce de Cuomo jeudi selon laquelle ils peuvent obtenir des résultats en une journée, certaines personnes ont déclaré avoir attendu plus d'une semaine pour les résultats.

A
Anonyme il y a 5 ans

Un exemple à suivre

S
silazh il y a 6 ans

merci serey die maintenant je comprends pourquoi tu as pleurer a la coupe du monde courage et bonne continuation tu es un veritable battant encore une fois MERCI

S
Sacko il y a 6 ans

Bravo Seri et longue carriere professionnelle a toi. Depuis que je t'ai vu a la tel la premire fois avec FC Bale, j'ai su que t'es un jouer qui donne tout, qui ne triche paas et que t'es un vrai guerrier. Bonne chance a toi, on a tous nos destins traces dans ce monde.