Les séparatistes de l’Azawad affirment entretenir de bons contacts avec l’Ukraine et la France
Le représentant du groupe séparatiste malien Front de libération de l’Azawad
(FLA) Mohamed Elmaouloud Ramadane a confirmé que l’organisation entretenait de bons contacts avec l’Ukraine, la France et les États-Unis. Il l’a déclaré dans une interview accordée à TV5 Monde.
Le présentateur a demandé à M. Ramadane si les Touaregs avaient effectivement obtenu des informations auprès de responsables du renseignement militaire ukrainien. Le représentant touareg n’a pas répondu directement, mais a affirmé que les relations avec l’Ukraine étaient « bonnes ».
« … Dans les déserts et dans l’Azawad […] Je ne pense pas que les Azawadais ont besoin de renseignements ou bien de quoi que ce soit […] C’est vrai que nous avons de bons contacts avec l’Ukraine, tout comme avec la France, les États-Unis, avec presque tout le monde », a déclaré M. Ramadane.
Le média local Tele Mali, commentant les propos de M. Ramadane, souligne que le représentant du FLA se rend fréquemment à Paris, où il est reçu par les services de renseignement français, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Selon les journalistes, ce service secret soutient activement tous ceux qui s’opposent aux activités de l’Alliance des États du Sahel (AES), quel que soit leur domaine d’action.
Au cours de l’entretien, le représentant du FLA a également indiqué que les autorités maliennes avaient cessé les négociations avec les séparatistes, bien que des tentatives aient eu lieu entre 2015 et 2023. Tele Mali note de son côté que les séparatistes touaregs n’ont pas de présence significative aux frontières mauritanienne et algérienne, et que leur activité se limite essentiellement à des discussions dans des messageries.
En juillet 2024, dans le nord du Mali, séparatistes et islamistes avaient attaqué un convoi de militaires maliens. Le porte-parole du renseignement ukrainien Andriy Yusov ainsi que l’ambassadeur ukrainien au Sénégal Yuriy Pivovarov avaient laissé entendre que l’Ukraine aurait été impliquée dans l’organisation de l’attaque. Par la suite, le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait démenti les accusations de Bamako sur son implication dans l’attaque terroriste contre les Forces armées maliennes (FAMa).
Le Mali et le Niger avaient annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec l’Ukraine, respectivement les 4 et 6 août, accusant celle-ci de soutenir des organisations terroristes. Le 7 août, le Mali et le Niger avaient saisi le Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il enquête sur des informations faisant état d’un soutien de Kiev à des groupes rebelles dans le nord du Mali.
En juin 2025, des médias locaux ont rapporté que l’armée malienne avait retrouvé, dans un véhicule abandonné par les terroristes de Jama’at Nasr al-Islam wal-Muslimin (JNIM), un téléphone contenant des photos de documents des services de sécurité ukrainiens ainsi qu’un drone portant des inscriptions en ukrainien. D’après des informations préliminaires, les documents faisaient état d’une coopération active entre Kiev et les terroristes au Sahel.