samedi 21 février 2026
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Après le CMLN, le CTSP et le CNRDRE, voici le CNSP aux commandes : A quand la fin de l’interminable cycle de coups d’Etat au Mali ?

Par Inf@sept 338 vues

Pour la quatrième fois de son histoire, le Mali vient de connaitre ce mardi 18 Août 2020 un autre coup de force, mettant fin à sept ans de règne du régime Ibrahim Boubacar Keita. Ce coup d’Etat, différent des trois précédents, a été salué par une écrasante majorité des maliens qui en avaient assez de la gestion chaotique des affaires par IBK et ses proches. Les nouveaux hommes forts du Mali ont promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections transparentes et crédibles. Quant à la gestion de la transition, ils se disent prêts à définir ses contours avec toutes les forces vives de la Nation. Faudrait-il avoir confiance en ces militaires qui ont pris le pouvoir, quant à leur volonté de rendre le pouvoir au terme de la transition ? La classe politique devrait-elle diaboliser les putschistes ou collaborer avec eux ? Quel doit être le sort à réserver aux désormais anciens dignitaires du régime IBK ?

 

Les maliens se sont réveillés ce mercredi 19 Août avec cinq nouveaux visages, méconnus de la majorité des maliens, qui sont désormais les maitres de leur destin. Cinq officiers autour d’une table filmés par l’ORTM au milieu desquels un certain  colonel Ismaël Wagué lisant l’adresse à la nation, tel a été le plat servi par les nouveaux hommes forts du Mali.

Leur déclaration avait été précédée par celle du Président de la République sortant IBK, qui a accepté de rendre sa démission, de dissoudre l’Assemblée Nationale et le Gouvernement. Qui pouvait imaginer un tel scénario après le stupide coup d’Etat perpétré par une autre junte dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo un 22 mars 2012 ? Et pourtant, depuis trois mois, le spectre d’un coup d’Etat planait sur le Mali.

Un Mouvement créé le 5 juin et regroupant des forces politiques et d’associations de la société civile, avait entamé un combat sans répit avec un seul mot d’ordre la démission d’IBK et de son régime pour incompétence et incapacité à résoudre les problèmes majeurs de notre pays. Les revendications de  ce mouvement étaient celles d’une frange importante de notre pays, c’est pourquoi le coup de force  a été suivi par un nombre important et imposant des citoyens.

Face à l’inaction, à l’indifférence du régime et à l’exacerbation des crises à la fois sécuritaire, avec son lot des morts, de déplacés  et une grave crise sociopolitique, caractériséepar un manque criard des services sociaux de base et des élections législatives dont les résultats ont été tripatouillés par la Cour Constitutionnelle aux ordres du pouvoir, les maliens avaient les  regards tournés vers l’armée pour débarrasser le pays du régime corrompu d’IBK.  Elle a fini par descendre dans l’arène politique, en mettant fin au calvaire du peuple.

Pour rappel, ce coup de force est différent de celui du 22 mars 2012, car le pays est aujourd’hui  au bord  du chaos, sa gouvernance est la moins vertueuse et les maliens souffrent le martyr depuis sept ans. Pourquoi ne pas applaudir un coup d’Etat dans un pays où les 75 % du territoire échappent au contrôle de l’Etat central ? Comment l’armée peut-elle s’accommoder des conditions exécrables, victime de  corruption et payant un lourd tribut, sans réagir ? En effet,les officiers mutins se sont rendus compte que la colossale somme qui a été déboursée dans le cadre de la loi de programmation militaire a atterrie  dans les poches de certains hauts gradés proches de la famille présidentielle.

Conséquences de ces détournements ce sont les hélicoptères qui sont  cloués au sol ou des blindés en cartons exposant les militaires au danger de mort face à des terroristes bien armés. Donc la coupe était entièrement pleine pour agir et mettre hors d’état de nuire celui qui cristallise toutes les frustrations, à savoir IBK. A la question de savoir s’il faut faire confiance aux mutins ou pas, la réponse est bien entendu oui, car sachant bien que la communauté internationale n’acceptera pas que les militaires gardent longtemps le pouvoir, ils respecteront les délais consensuels  fixés de concert avec les forces vives de la nation.

En plus du regard de la Communauté internationale, les officiers mutins sont des intellectuels. C’est pourquoi ils ont mené avec  professionnalisme  le coup d’Etat sans effusion de sang.Ils sauront être à la hauteur. Donc, après des signes d’ouverture, les putschistes méritent d’être accompagnés pour mener le bateau de la transition à bon port au grand bonheur des maliens.

Youssouf Sissoko

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Commentaires (3)

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A
Anonyme il y a 5 ans

Il faut être juste avec toi même monsieur le journaliste. Ça ce n'est pas un coup d'État, mais une démission consentie, il n'y a pas eu de coup d'état. Personne ne veut un changement de capitaine en pleine mer , mais si on à un capitaine pas sérieux, traître, irresponsable, démagogue , délinquant , incapable dans une mer agité où le il y a des millions de passagers embarqués dans le bateau, on est obligé de demander au capitaine de laisser la place à quelqu'un de plus compétent , sérieux, voilà ce qui est arrivé au Mali. On.peut dire que c'est IBK qui à fait un coup d'état aux maliens lorsqu'on a voté pour lui a 70% , mais voilà ce qu'il nous a fait.

A
Anonyme il y a 5 ans

Tant qu'il y aura des mauvais politiciens qui prendront leur peuple en otage sous couvert de démocratie, il y aura des coups d'états. La démocratie a des exigences que nos politiques semblent incapables de satisfaire. D'abord, ils semble croire qu'il leur suffit d'être élus. Une fois élus, ils usent de tous les subterfuges pour se maintenir au pouvoir. Dans ces conditions, le coup d'état est la seule porte de sortie.

P
Papa il y a 5 ans

C'est le dernier coup d’état au Mali et en afrique de l'ouest, parque notre chère CEDEAO va sévir pour l'exemple. Dans deux semaines ils vont déchanter. La CEDEAO a l'habitude de rétablir des chefs d’états dans leurs fonctions, les exemples de la Gambie et de la sierra leonne font foi. Merde aux coups d’états, le serment et la place d'un officier c'est au front et NON la gestion d'un pouvoir politique.