samedi 21 février 2026
Contact
Malijet

Application de l’accord de paix d’Alger : Les Maliens vers un énième soulèvement

Par Inter De Bamako 208 vues
Application de l’accord de paix d’Alger : Les Maliens vers un énième soulèvement

La transition à peine commencée, un ballet diplomatique de la communauté internationale défile chez le président Bah N’Daw pour demander la mise en application de l’Accord de paix d’Alger transformé en Accord pour la paix. Les nouvelles autorités de Bamako doivent extrêmement faire attention à cet «accord de partition de notre pays».

L’Algérie n’est pas sincère avec notre pays, on comprend les va-et-vient des personnalités algériennes à Bamako. Le 23 septembre 2020, l’Algérie a dressé des bornes sur une partie du territoire malien au moment où ses diplomates entreprennent des démarches auprès des nouvelles autorités maliennes pour l’application de l’Accord d’Alger (communément appelé Accord pour la paix).

Depuis l’indépendance, le Mali a connu quatre (04) rébellions armées  dans le Nord du pays (1963-1964, 1990-1992, 2006, 2012-2013) qui ont donné lieu à une série d’accords de paix. Pour certains, la répétition de ces rébellions serait due à la mauvaise application des accords. Pour d’autres, il convient de chercher les causes ailleurs. Elles ont plusieurs origines: d’abord dans les avantages divers accordés aux groupes rebelles qui encouragent à reprendre les armes régulièrement.

Il semble qu’une motivation importante des trois (03) dernières rébellions touarègues maliennes soit une résistance des autorités traditionnelles, les Touaregs nobles (Ifoghas ), vis-à-vis des règles démocratiques de la majorité, imposées par Bamako, qui transféreraient localement le pouvoir à des Touaregs tributaires, de castes inférieures, les Imghads (les historiens indiquent d’ailleurs que la rébellion des Touaregs Oulliminden, en 1916 contre la France coloniale, avait la même cause: le bouleversement de la hiérarchie sociale). C’est pourquoi il était malvenu pour la communauté internationale de soutenir le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) formé par le groupe social minoritaire des nobles Ifoghas, oppresseur, se faisant passer pour opprimé.

Après les Accords de Tamanrasset et d’Alger des années 1990 et 2000, celui de 2015 semble être un accord de plus avec approximativement les mêmes conclusions, allant du renforcement de la décentralisation à la réforme de l’armée. Si pour le gouvernement malien l’accord signé marque sans doute la fin d’un long processus de concessions faites aux insurgés, pour la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui a signé un mois plus tard sous la pression de l’Algérie et de la communauté internationale, les groupes armés cherchent  le pouvoir.

Les groupes rebelles de la CMA ont préféré pendant un moment mettre en exergue des nuances, c’est- à- dire, le partage du pouvoir, selon l’argument développé par Mahamadou Djéri Maïga (paix à son âme), l’un des responsables des organisations touarègues armées. Autrement dit, la Coordination des mouvements de l’Azawad argumentait beaucoup sur le document dit d’arrangement sécuritaire qu’elle a signé, le 8 juin 2015 en Alger, exigeant l’arrêt des combats et le maintien de leurs forces à Kidal et dans les localités qu’elles occupent.

Sur le plan institutionnel et de la réorganisation territoriale, on note  au chapitre III (art. 8) revient comme dans les accords précédents sur la mise en place d’une assemblée régionale élue au suffrage universel direct. Cet élu sera le chef exécutif et administratif de la région. C’est-à-dire, qu’il aura la responsabilité de la future police territoriale, sans  oublier la mise en place, en 2018 d’un mécanisme de transfert de 30% des recettes budgétaires aux collectivités territoriales du Nord et 50% des effectifs des ressortissants du Nord pour la fonction publique. C’est la solution préconisée par les différents protagonistes et le médiateur algérien pour que les insurgés renoncent à leur projet autonomiste ou indépendantiste.

Cependant, si les principaux dirigeants de la rébellion touarègue ont su porter avec beaucoup de ténacité leurs revendications, c’est parce que sur le terrain, ils se sont imposés en boutant l’armée malienne de Kidal, qui devient du coup leur bastion.

En le faisant, ils pensent être représentatifs de l’ensemble des populations du Mali-Nord, alors qu’ils ne sont que très minoritaires. Leur revendication pour un Azawad autonome ne doit certes pas cacher les difficultés et les rivalités qui traversent la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), notamment entre les Touaregs eux-mêmes et entre les Touaregs et  Arabes.

À coté du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), existe  la Coalition pour le peuple de l’Azawad (CPA), le Haut Conseil pour l’unicité de l’Azawad (HCUA), proche d’An Sar Dine et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA). En se regroupant au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), les différents leaders de la rébellion ne font que renforcer leur opportunisme, car nous avons à faire à des individus qui sont, tantôt anciens politiques, tantôt anciens militaires et exilés libyens ou encore anciens alliés aux terroristes. Ils sont le plus souvent tentés par les intérêts particuliers et tribaux.

Si leur entrée en rébellion a été fortement médiatisée, leurs actions ne sont pas soutenues par l’ensemble des populations du Nord. C’est dans ce contexte que la création de mouvements dits d’autodéfense des forces patriotiques de résistances et du Groupe touareg Imghad et alliés (GATIA) a été perçue par les rebelles comme des milices pro-gouvernementales. Leurs véritables affrontements remontent à la fin du premier trimestre 2015 pour le contrôle de la localité de Ménaka. Après plusieurs jours de combats, les milices pro-gouvernementales se sont emparées, le 27 avril 2015 de cette ville considérée comme un des principaux bastions du MNLA.

En réalité, si le Mouvement national de libération de l’Azawad voulait à tout prix conserver cette localité, c’est parce qu’à Kidal, ses combattants ne sont jamais parvenus à y exercer totalement leur influence face à leur rival du HCUA, proche  d’Ansar Dine et de la chefferie traditionnelle. Par ailleurs, celui qui contrôle Ménaka, a le monopole des routes de trafics, allant de la vallée de Tilemsi jusqu’à la frontière nigérienne.

Safounè KOUMBA

Partager:

Commentaires (6)

Laisser un commentaire

C
cissé il y a 5 ans

Conformément au chronogramme de la transition malienne, la relecture de l'accord d’Alger figure en bonne place. Mieux, le Conseil National de la Transition ( CNT ) , se saisira de ce fameux accord, en présence de tous les représentants de na nation, pour sa relecture. D'ailleurs, il ne peut en être autrement. Ceux qui veulent IMPOSER au peuple malien, l'accord dans son intégralité qui cache en réalité, un agenda inavoué, perdent leur temps et leurs ressources financières. Les patriotes maliens n'accepteront jamais l'imposition venant de l'extérieur. C'est peine perdue. MALIBA

A
Anonyme il y a 5 ans

LE MALI EST EN VOIE DE DISLOCATION ACCÉLÉRÉE Les missions de la Transition consacrées par l’article 2 de la Charte (version publiée au journal officiel le 01 octobre 2020) sont notamment : -le rétablissement et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national ; -le redressement de l’État et la création des conditions de base pour sa refondation ; -la promotion de la bonne gouvernance ; -la refonte du système éducatif ; -l’adoption d’un pacte de stabilité sociale ; -le lancement du chantier des réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives ; -l’organisation des élections générales ; -LA MISE EN ŒUVRE DE L’ACCORD pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus D’ALGER. LE MALI, doté d’une superficie de 1 241 238 km2, A PERDU LE CONTRÔLE SUR 75% DE SON TERRITOIRE ET N’EXISTE PLUS EN RÉALITÉ DEPUIS 2012. Pendant que les personnalités administratives, civiles, religieuses et militaires s’écharpent sur des sujets futiles, les dirigeants français et occidentaux (USA, ONU, etc.) pressent les organes de transition à accélérer la mise en œuvre de l’accord d’Alger, qui légalisera la partition du Mali! CHERS MALIENS, MOBILISEZ-VOUS URGEMMENT POUR UNE REVUE COURAGEUSE POUR L’INTÉRÊT SUPÉRIEUR DU MALI DE L’ACCORD D’ALGER AVEC LA CMA; ET LES ACCORDS DE DÉFENSE AVEC LA FRANCE, LA MINUSMA, LE G5 SAHEL, etc.

A
Anonyme il y a 5 ans

Cet accord d’Alger ne sera jamais mis en œuvre au Mali! Ce MALI est un et indivisible! Le combat pour la patrie commence maintenant! Les maliens patriotes NE SONT PAS ANTI-FRANÇAIS (CITOYENS FRANÇAIS) COMME VEULENT FAIRE CROIRE LES DIRIGEANTS FRANÇAIS Ils sont plutôt CONTRE LES POLITIQUES IMPÉRIALISTES ET PRÉDATRICES des dirigeants français et occidentaux mises en œuvre par leurs valets locaux africains (dirigeants de la CEDEAO) -“QUAND UN PEUPLE NE DÉFEND PLUS SES LIBERTÉS ET SES DROITS, IL DEVIENT MÛR POUR L’ESCLAVAGE.” JEAN-JACQUES ROUSSEAU

A
Anonyme il y a 5 ans

====>POUR UN MALI LIBRE ET PROSPÈRE CHERS maliens, RÉVEILLEZ-VOUS ET mobilisez-vous MASSIVEMENT pour UNE REVUE COURAGEUSE POUR L’INTÉRÊT SUPÉRIEUR DU MALI -DE L’ACCORD D’ALGER AVEC LA CMA; -ET LES ACCORDS DE DÉFENSE AVEC LA FRANCE, LA MINUSMA, LE G5 SAHEL, etc. SINON, CET ACCORD D’ALGER et ces autres accords visent à dépecer en réalité le Mali comme le Soudan qui est devenu le Soudan, et le Soudan du Sud! Tant que les fossoyeurs pompiers pyromanes occidentaux (Barkhane, Minusma, etc.) sont présents sur le sol malien, il n’y aura aucune stabilité définitive -LE POISSON SE TROMPE S’IL CROIT QUE LE PÊCHEUR EST VENU LE SAUVER!

A
Anonyme il y a 5 ans

====>LE VRAI COMBAT COMMENCE MAINTENANT Chers maliens, battez-vous, SINON LE MALI SERA DIVISÉ COMME LE SOUDAN. TRÈS PEU DE GENS CONNAISSENT LA VERSION FINALE ET OFFICIELLE DES ACCORDS SIGNÉS PAR IBK. LE PEUPLE MALIEN PATRIOTE VEUT MAINTENANT CONNAÎTRE LE CONTENU DE TOUS CES ACCORDS SORDIDES! Chers maliens, RÉVEILLEZ-VOUS, mobilisez-vous MASSIVEMENT pour UNE REVUE COURAGEUSE POUR L’INTÉRÊT SUPÉRIEUR DU MALI DE L’ACCORD D’ALGER AVEC LA CMA; ET LES ACCORDS DE DÉFENSE AVEC LA FRANCE, LA MINUSMA, LE G5 SAHEL, etc. M. NDAW, M. GOITA, M. Ouane, le CNSP, le Mali ne sera jamais dépecé pour les intérêts des prédateurs français et occidentaux !

A
Anonyme il y a 5 ans

Tout ça c'est l'incompétence de ibk , les Abdoulaye Diop et Tiema Huber Coulibaly de merde. Quand on fait c'est genres de démarches on doit être très très patriotique, d'abord ibk est le premier artisan de cette situation, le fait d'arracher le dossier des pourparlers entre l'état Malienne et les mouvements pour aller en Algérie à été une fatalité pour le Mali. Si les maliens se sont levés pour chasser ibk cette histoire d'accord d'Alger doit interpeller tous les maliens patriotes pour revoir l'accord. Je ne peux pas comprendre que depuis la nomination du président et ministre de la transition ou même bien avant on constate des vas et viens derrière ces personnalités transitoire avec des slogans ( mise en oeuvre de l'accord d'Alger etc...) alors que cela n'est vraiment pas la priorité au Mali actuellement. Il faut savoir sue ce n'est pas clair surtout l'Algérie qui ne voit que cet accord. Il faut respecter le peuple malien chers dirigeants de la transition, si le peuple ne veut pas de cet accord il ne faut pas l'imposer si non ça ne serait pas une réussite les conséquences peuvent être très graves dans notre société. Cette deuxième faute vient du CNSP qui à parlé de la mise en oeuvre de l'accord d'Alger dès leur premier discours sans consulter les maliens, je ne sais pas pourquoi ils font celà! Il fait arrêter maintenant avec cette histoire de mise en oeuvre de l'accord d'Alger, si vois voulez éviter des problèmes il faut revoir cet accord, l'imposer ne servira à rien ça revient toujours aux mêmes problèmes, ça s'appelle ( déplacer le problème ).