samedi 21 février 2026
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Syndicalisme au Mali: Les autorités font respecter la loi en la matière

Par Le Nouveau Réveil 819 vues
Syndicalisme au Mali: Les autorités font respecter la loi en la matière

Au Mali, la célébration de la fête du travail, le 1er mai de chaque année, a été entachée par la dissolution d'une centrale syndicale, la toute dernière-née en début d'année, l'Union syndicale des travailleurs du Mali (USTM). Cette décision des autorités du pays est née dans le cadre de l'assainissement juridique du milieu syndical.

La décision de dissolution a été annoncée au Secrétaire général de l'Ustm, à travers la correspondance n°728/P-CVI-BKO en date du 29 avril 2025 du procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune VI du district de Bamako. Cheick Sala Sangaré énumère les motifs de la dissolution de la centrale syndicale.

Des anomalies graves constatées

Dans sa lettre, le magistrat poursuivant  souligne qu'il y a eu des constats d’anomalies graves affectant une entité affiliée à l’USTM, à savoir l’Union Syndicale des Travailleurs des Impôts du Mali (UST-IMPÔTS). Il dit se fonder sur la dénonciation d'irrégularités de son collègue du tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako, dans une correspondance adressée à l'USTM-IMPÔTS, le 25 avril 2025. Et de poursuivre qu'en tant que membre à part entière de la centrale syndicale USTM, les irrégularités de l'USTM-IMPÔTS entachent, par conséquent, la création et le droit d'exercer de la centrale USTM. Ainsi, pour le Procureur Sangaré, au regard  de  l’article 19 de la Constitution de 2023, ainsi que de plusieurs articles du Code du Travail de 1999, notamment les articles L-213, L-214, L-235, L-250 et L-257, l'USTM n'a plus le droit d'exercer des activités en tant qu'organisation syndicale sur le territoire de la République du Mali. Autrement dit, l'USTM n'existe plus légalement.

L'USTM, la 5è centrale syndicale "morte" prématurément

L'USTM est née à l'issue d'un conseil et d'un congrès constitutif tenus  les 13 et 14 janvier 2025  au Stade du 26 mars de Bamako. Ils étaient plus de 150 délégués venus de l'intérieur du pays,   de Kayes à Ménaka. Ils sont des travailleurs des secteurs clés de l'économie: impôts, santé, transport, énergie, éducation, industrie, développement rural, hôtellerie, communication.

Ces travailleurs, à en croire aux organisateurs du congrès constitutif, ont décidé de jouir pleinement de leur droit de constituer une organisation syndicale.  D'après eux, ce droit se repose sur trois principes : l'absence de toute distinction quant aux titulaires du droit syndical, l'absence d'autorisation préalable pour constituer une organisation syndicale et le libre choix de l'affiliation à l'organisation. Ils soulignent que l''USTM, dont la devise est Egalité - Equité - Justice, s'inscrit dans la dynamique du syndicalisme de développement basé sur l'instauration d'un climat de confiance, la priorisation de la communication féconde entre partenaires sociaux, le conseil et la formation des militants sur le principe de production, de protection des recettes et de réclamation en fonction de la soutenabilité financière du pays. A l'issue du congrès constitutif, les 80 membres, démocratiquement élus, sont repartis entre le comité exécutif national et les commissions. Le tout premier secrétaire général élu à l'issue de ces assises s'appelle Eric Diarra. Il est également le secrétaire général de l'Union syndicale des travailleurs de l'aviation civile (Usytac) et le représentant des travailleurs Asecna-Mali auprès de l'OCCN (Organe communautaire de concertation et de négociation couvrant les dix-huit pays membres de l'Asecna).

Il faut signaler que les quatre autres centrales syndicales sont l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTL), la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM),  la Confédération démocratique des travailleurs du Mali (CDTM) et la Confédération Malienne du Travail (CTM). En retirant à l'USTM l'agrément d'exercer des activités syndicales, les autorités veulent démontrer qu'elles sont décidées à faire respecter la loi dans le milieu syndical.

Youssouf Konaré

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Commentaires (1)

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Wassim Nasri il y a 9 mois

Déjà combien centrales syndicales ? Ou comment dirais-je combien branches politiques ? Le syndicalisme au Mali s'avère à une école primaire de la politique et multipartisme politique. Le syndicat et le bras caché des faiseurs de roi,ah oui ! L'homme blanc a bien fait mûrir cette idée dans la tête de l'homme politique alpha Oumar konaré et l'AEEM était une école pilote pour l'épanouissement du système démocratique et de la démocratie imposé par la France pour une recolonisation par l'esprit des nouvelles élites émergentes des 30 dernières années. C'est fini désormais avec aussi la métamorphose d'organisations syndicaux. Le Mali se libère et le Mali s'émancipe.