Mali Kura Taasira : Des résultats positifs annoncés, mais les attentes des Maliens restent fortes
L’édition 2025 de Mali Kura Taasira, émission créée par le premier Gouvernement du Président de la Transition, Assimi Goïta, a commencé il y a quelques semaines. L’objectif est, pour les membres du gouvernement, d’informer et expliquer aux Maliens et aux partenaires du Mali, les mesures, décisions et actions du gouvernement. Cette émission a permis aux Maliens d’entendre des actes posés par des ministres des départements. Malgré les résultats positifs annoncés par certains ministères, il est à constater que les attentes des Maliens restent nombreuses pour amélioration de leurs conditions de vie, notamment aux niveaux du taux de chômage ; de la sécurité pour assurer l’agriculture et l’autosuffisance alimentaire ; de la libre circulation des personnes et des biens; de l’état des routes ; de la vie chère ; de l’exploitation semi-industrielle des sites miniers du pays par les étrangers avec la complicité de certains Maliens. Les Maliens restent aussi à l’attente quant l’assurance d’une justice équitable à tous les citoyens sans distinction de grade, d’ethnie, de sexe, de religion, etc.
La plupart des membres de gouvernement se sont déjà prêtés à cet exercice de redevabilité des gouvernants aux gouvernés. Au regard des annonces faites de part et d’autre, l’on se réjouit des prouesses réalisées dans plusieurs secteurs d’activités. Malgré tout, les attentes des Maliens sont fortes. D’où l’impérieuse nécessité de redoubler d’efforts pour mettre le pays sur les rails du développement.
Dans le domaine de la Défense et des Anciens combattants, on se réjouit du renforcement des effectifs ; des achats d’équipements terrestres et aériens ; de la formation ; de l’adaptation des FAMA (Forces armées maliennes) aux combats terroristes ; de la création des camps militaires, etc. Malgré ces acquis forts qui ont permis à notre pays d’être maître de ces espaces aérien et terrestre, le chemin à parcourir reste encore long pour nos FAMA pour couvrir tout le territoire national, boutant hors du Mali les hordes terroristes. Pour ce faire, il urge de recruter encore plus de jeunes dans les forces armées pour couvrir les 1 241 238 Km2 qui semblent trop grands pour l’effectif actuel de nos forces armées maliennes.
Dans le domaine de l’Economie et des Finances, le ministre de tutelle, Alousseni Sanou, a révélé que le taux de chômage, aujourd’hui, a baissé au Mali. Selon Sanou, il est passé de 6,5% en 2020 à 3,5% en 2025, alors qu’il est en moyenne à 6,7% dans la sous région. Et d’ajouter aussi que les indicateurs de croissance sont au vert à ce jour au Mali. Le taux de croissance, dit Sanou, qui est un indicateur important mesurant la création de richesse d’année en année, était en récession il y a peu. «Nous étions à moins de 1,2%. En 2024, il est à 5% et nous attendons 6% en 2025. La tendance est régulièrement à la hausse», a-t-il dit. Cette forte baisse du taux de chômage ne doit aucunement occulter les défis énormes à relever encore à ce niveau. Ils sont encore des milliers de jeunes à la recherche de l’emploi. Illustration : la Ministre de l’entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a révélé que 12 000 emplois ont été créés au premier trimestre 2025 par son département à travers les centres des formations. Pour autant, avec ce bilan élogieux, elle reconnaît que son département reçoit 300.000 demandes d’emploi par an, contre 50.000 créés par an. Toute chose qui interpelle encore, afin de réduire ce fossé qui est là.
Au niveau des Mines, le Ministre des Mines, Amadou Kéita, a martelé que le nouveau Code minier apporte un plus à l’Etat malien. «Il comporte, notamment la participation de l’Etat qui est revue à la hausse à hauteur de 30% et 5% pour les privés nationaux et la fin de l’exonération pour la phase d’exploitation», a-t-il indiqué. Nonobstant cet espoir créé, il se dégage qu’il faille régulariser les exploitations semi-industrielles de l’or aux bénéfices du peuple malien et non au profit de quelques individus.
Concernant le secteur de l’agriculture, le Ministre Daniel Siméon Kéléma a développé que son département prévoit, pour les 10 ans à venir, 333 milliards de Fcfa, pour la réalisation de la deuxième génération de plans nationaux d’irrigation de proximité. Mais pour que ce projet soit un franc succès, il faut, à tout prix, que prévale la sécurité dans les zones concernées pour que les agriculteurs cultivent dans la tranquillité, afin que l’autosuffisance alimentaire au Mali soit assurée. Cela permettra de réduire le prix des denrées de première nécessité, au grand bonheur des Maliens.
Le Ministre de l’Elevage et de la Pêche, Youba Ba, s’est réjouit de la bonne santé des animaux maliens avec un cheptel estimé à 14 millions de bovins, 24 millions d’ovins, 33 millions de caprins, 640000 équins, 1.263 000 asins, 1.370 000 camélins, 91 479 porcins et 63 millions de sujets de volailles. Malgré tout, le constat est triste. Le prix du Kg de la viande par exemple demeure cher. Des efforts restent à fournir pour la baisse du prix de la viande afin qu’il soit à la portée du citoyen lambda. Pour ce faire, il faudra que les prix des aliments bétails soient moins chers pour les éleveurs.
Même si le Ministre de la justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué a fait savoir qu’il n’y a plus d’intouchable au Mali, les attentes des citoyens restent encore nombreuses pour ce secteur vital pour le Mali Kura. Sans justice équitable entre pauvre et riche, on le sait, le Mali Kura ne sera pas une réalité.
En somme, le chemin reste encore long pour relever les nombreux défis auxquels le pays est confronté. Mais l’espoir est permis.
Hadama B. FOFANA