samedi 21 février 2026
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Collectivités Territoriales: Les travailleurs impatients face aux promesses non tenues du gouvernement

Par Le Nouveau Réveil 771 vues
Collectivités Territoriales: Les travailleurs impatients face aux promesses non tenues du gouvernement

Depuis des mois, le silence s’épaissit autour des engagements pris envers les travailleurs des collectivités territoriales du Mali. Dans les Mairies, les Cercles et les Conseils régionaux, l’attente se transforme peu à peu en désillusion. Ces hommes et ces femmes, pourtant au cœur du fonctionnement de l’administration de proximité, se sentent aujourd’hui oubliés par les autorités de la transition.

Le 23 juin 2025, les syndicats regroupés au sein de la Plateforme d’actions communes, notamment le SYNTRACT-Mali (Syndicat national des travailleurs des collectivités territoriales du Mali) et le SNACT (Syndicat national des agents des collectivités territoriales) avaient accepté de suspendre leur mot d’ordre de grève, par esprit d’ouverture et de responsabilité. En retour, le gouvernement s’était engagé à répondre à plusieurs revendications jugées cruciales pour la stabilité sociale et la continuité du service public local.

Parmi ces engagements figuraient notamment le paiement régulier des salaires des fonctionnaires du cadre de l’administration générale, conformément au plan d’action du Pacte de stabilité sociale et de croissance économique ; la mise à disposition intégrale de la Dotation d’appui au fonctionnement des collectivités territoriales (DAFCT) 2025 dès le mois de juillet, afin d’assurer le paiement des salaires ; le règlement des arriérés de la DAFCT des années précédentes, estimés à 6 milliards de FCFA, à travers un calendrier de versements progressifs (1,2 milliard en juillet, 1,4 milliard en août et 1,4 milliard en novembre 2025) ; la prise en charge durable des salaires des fonctionnaires des collectivités territoriales ; un moratoire de six mois sur le rejet des avantages octroyés par délibération des conseils, dans l’attente d’un arrêté interministériel et enfin, la création d’un cadre de dialogue interne entre les syndicats et le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD).

Mais plusieurs mois plus tard, le constat est amer : sur tous ces engagements, un seul a connu un début d’exécution. Seul le moratoire de six mois, obtenu auprès du ministre de l’Économie et des Finances, a été appliqué. Il expire le 31 décembre 2025, sans qu’aucune garantie de renouvellement n’ait été donnée.

Face à ces lenteurs, les agents des collectivités territoriales continuent pourtant de servir avec dignité. Conscients du contexte sécuritaire et économique difficile, ils ont choisi la voie de la patience et de la responsabilité. Mais cette patience, disent-ils, a des limites. Souvent sans moyens matériels ni reconnaissance, ces fonctionnaires tiennent à bout de bras les services publics locaux : état civil, assainissement, développement local, appui aux populations rurales…

Autant de missions vitales qui s’exercent dans un silence pesant, loin des projecteurs et encore plus loin des priorités gouvernementales. « La confiance se mérite par les actes, pas par les discours », rappelle un responsable syndical, qui dénonce « des engagements pris à la hâte, mais jamais suivis d’effet ».

Pour les syndicats du SYNTRACT-Mali et du SNACT, il ne s’agit plus seulement de revendications salariales, mais du respect du principe d’équité et de justice sociale. Car au-delà des promesses, c’est le fonctionnement même des collectivités territoriales, piliers du développement local et de la gouvernance de proximité, qui est aujourd’hui menacé.

Un appel à la responsabilité de l’État

Désormais, les syndicats interpellent solennellement les autorités de la transition : le paiement des arriérés, la régularisation des salaires et la mise en place d’un véritable cadre de dialogue social ne peuvent plus attendre. Dans un contexte où l’État appelle à la mobilisation générale pour la reconstruction nationale, l’administration locale, premier maillon du service public, mérite mieux que des promesses différées. À moins d’un sursaut du gouvernement, les travailleurs des collectivités territoriales pourraient bien passer de la patience à la rupture ; fatigués d’attendre un respect qu’ils estiment légitimement dû.

Adama Coulibaly

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