Réforme de la Protection Civile : Une nouvelle ordonnance pour une force désormais militarisée
Après la Police nationale, c’est au tour de la Protection Civile de voir son cadre institutionnel profondément rénové. Sur rapport du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Conseil des Ministres a adopté un projet d’ordonnance portant création de la Direction générale de la Protection civile (DGPC).
Cette décision marque l'aboutissement législatif de la réforme de 2022, transformant les sapeurs-pompiers en une composante majeure et polyvalente de la défense nationale.
Moderniser un cadre vieux de 25 ans
Jusqu'à présent, la Protection civile malienne était régie par une ordonnance datant d’août 1998. Si ce texte a permis de structurer les secours pendant plus de deux décennies, il était devenu obsolète face à deux évolutions majeures :
-La militarisation de 2022 : Le changement de statut des personnels exigeait une mise en conformité juridique de leurs missions.
-La complexité des crises : L'émergence de nouvelles menaces imposait une révision des capacités opérationnelles de l'institution.
Les innovations majeures du nouveau texte
Le projet d’ordonnance adopté ne se contente pas de réviser les missions de secours ; il intègre la Protection civile dans le dispositif global de sécurité de l'État à travers plusieurs innovations :
-Recherche et Innovation : L'introduction officielle de la promotion des activités de recherche au sein de la Protection civile.
-Chaîne de commandement clarifiée : Une précision accrue sur le commandement des opérations de secours et de sauvetage lors de crises ou de catastrophes majeures.
-Défense Opérationnelle du Territoire (DOT) : À l'instar de la Police, la Protection civile participe désormais directement à la défense militaire du pays.
-Mobilisation des réservistes : L'institution contribuera dorénavant à la gestion et à l’emploi des réservistes.
Renseignement et Sécurisation : Une nouveauté marquante est la participation de la Protection civile à la fourniture de renseignements généraux et aux missions globales de sécurisation du territoire.
Un pilier de la souveraineté nationale
Cette restructuration transforme les sapeurs-pompiers en de véritables soldats du secours et de la sécurité. En intégrant des missions de renseignement et de défense opérationnelle, la DGPC devient un acteur central de la résilience du pays face aux menaces hybrides (terrorisme, catastrophes naturelles, crises sanitaires).
Cette réforme s’inscrit dans la volonté des autorités de la Transition de mutualiser les moyens de tous les corps paramilitaires et militaires pour une protection optimale des citoyens maliens.
Zana/Malijet.com